
Kenya : 2ème partie
Nous avons quitté Nairobi pour rejoindre l’océan indien et nous reposer quelques temps sur une plage de sable blanc, sous les cocotiers… Une pure merveille ! Nous vous racontons aujourd’hui la seconde moitié de notre séjour au Kenya avec les rencontres et les découvertes effectuées en route, la vie à Tiwi Beach et l’accueil que nous ont réservé les églises au Kenya.
Emali : après la gêne, on se déchaîne…
Sur la route entre Nairobi et Mombasa au Kenya, nous avions prévu de bivouaquer dans des lieux sûrs, sans pour autant faire exploser le budget. Parfois, nous nous sommes arrêtés devant des postes de police. A Emali, nous avons choisi l’église.
Lorsque nous sommes arrivés, il y avait du monde et une cérémonie de préparation de mariage. Gênés, nous avons demandé s’il était possible de rester la nuit, parce que nous recherchions un endroit sécurisé. La réponse a été franche, directe et claire : « bien sûr, mais excusez-nous, nous finissons la cérémonie… » A peine installés, nous avons eu la visite des enfants, par dizaines, qui trouvaient plus amusant de découvrir les
muzungus venus camper dans le jardin de l’église que d’assister à la cérémonie. Tout de suite le contact a passé. Les enfants ont rapidement fait connaissance et ont entrepris divers jeux. Les rires, les cris et l’excitation ont attiré alors les mamans et nous avons raconté cent fois notre périple, la raison de notre présence ici et tout et tout… La rencontre est simple, sincère et désintéressée. Aucune attente de leur part, si ce n’est celle de découvrir, partager et discuter. C’est dans cette ambiance conviviale que les enfants d’Emali ont d’abord chanté
a capella, puis coiffé les chevelus de notre famille avant que Thierry et Véro n’improvisent une danse devant Casita, sous leur regard étonné.
Une fois la cérémonie terminée, le pasteur est venu nous voir et nous a remercié d’avoir choisi cette église pour y rester la nuit. Il nous a présenté le garde qui veillerait sur nous pendant la nuit : un kenyan
masaï, déguisé en
inuit dans sa veste avec capuchon en fourrure, armé d’un arc et de flèches ressemblant en tous points à ce que Sam confectionne pour s’amuser… Le pauvre était congelé tandis que nous suffoquions. Il faut dire que, la nuit, il fait 29°C. Nous lui avons servi du thé qu’il a bu au coin du feu pour se réchauffer…
Le lendemain, nous avons été invités à participer à la cérémonie du dimanche. Génial. Tout excités, nous avons vêtu nos habits du dimanche (entendez par là, des habits sans taches !), puis nous avons rejoint le pasteur dans son office ; il avait quelques mots à nous dire avant la cérémonie. En fait, nous avons passé deux heures et demies dans ce minuscule bureau, à attendre le thé kenyan et des œufs brouillés préparés spécialement pour nous. Le pasteur était tout ému de nous recevoir et très honoré. Enfin, rassasiés, nous avons pu rejoindre la cérémonie débutée 3 heures auparavant. Nous souhaitons à tout le monde d’avoir la chance d’assister un jour à une cérémonie religieuse telle que nous l’avons vécue.
L’église est pleine, avec son sol en terre, ses ouvertures en guise de fenêtres et son toit en tôle ondulée laissant apercevoir le ciel en son faîte. Les chants gospel et les danses dégagent une énergie phénoménale. Rapidement, nous nous sommes joints à l’entrain et avons dansé et tapé des mains. L’émotion nous a envahis instantanément. Nous étions tous les six transportés, certains de nous en larmes. Nous avons ressenti la joie. Une joie intense et communicative. Une joie collective. Une joie qui vivifie et qui devient si dense qu’on a l’impression de la palper. Cette joie nous a pénétrés et a circulé dans nos corps. Nos cœurs s’en sont emplis.
Au moment de prendre le micro que le pasteur lui tendait, Thierry a regardé l’assemblée qui se tenait devant lui, entière, fière et sincère. Ses genoux ont claqué, mais son cœur a parlé : « merci à tous, pour cet accueil sensationnel qu’Emali nous a réservé ! »
L’après-midi s’est déroulé en jouant et en discutant. Les enfants ont joué sans se lasser. Nous avons échangé et discuté sans nous prélasser. Le soir venu, nous avons appris qu’une chèvre, abattue pour l’occasion, nous serait servie. Nous avons attendu jusqu’à 23h15, heure à laquelle Véro a préparé en urgence des tartines aux enfants qui avaient école le lendemain… A 23h30, Thierry, Elodie et Miguel ont donc mangé à trois, la chèvre avec laquelle les enfants avaient joué l’après-midi…
Nous étions arrivés gênés, avec la peur de déranger… Nous sommes repartis comblés, avec la joie de ranger une bible dans Casita et de compter Emali parmi nos meilleurs souvenirs.
Tiwi Beach : 12 jours de vie sédentaires extraordinaires…
Nous cherchions un endroit pour passer plusieurs jours de vacances. Nous l’avons trouvé. Au bout d’une piste de quelques kilomètres, dont les 100 derniers mètres nous ont paru infranchissables, nous sommes arrivés… dans la carte postale. Nous avons bivouaqué 12 jours sur la plage de sable blanc, sous les cocotiers… Autour de nous, les singes sautaient de branche en branche quand ils ne venaient pas directement dans Casita, chercher de quoi satisfaire leur gourmandise ! Les varans, eux, restaient derrière le bloc sanitaire où nous les apercevions à chaque lavage de vaisselle. Les enfants ont trouvé ici des compagnons de jeu parfaits : les animaux. Ils ont chassé, attrapé et tripoté les caméléons, les crabes et les « Bernard Nicod », car c’est ainsi qu’ils ont rebaptisé les Bernard Lermite !
Dans l’eau, ce sont les poissons, les oursins, les poulpes et les hippocampes qu’ils ont observés pendant des heures de snorkeling en parfaite autonomie.

La vie sur la plage est douce et paisible. Au lever du soleil, Thierry fait son yoga sur la plage, puis pond quelques pages d’écriture. A 8 heures, les enfants ont école, jusqu’à 11h30, sur la terrasse qui donne sur la plage. Puis, les pêcheurs passent vendre leur poisson et leurs poulpes, tandis que les marchands apportent, à vélo, les produits frais du village : tomates, avocats, mangues, ananas, bananes, fruits de la passion ou noix de coco. L’après-midi est consacrée aux jeux, à l’exploration de la faune marine et terrestre ou à la lecture. Les baignades s’éternisent dans l’eau à 35 °C… En fin de journée, on prend la douche à l’extérieur, puis on prépare le barbecue. Au menu : poulpe grillé, salades en tout genres et fruits frais. Souvent les repas se partagent avec les autres résidents de la plage. Plusieurs allemands sont là, de passage comme nous, ou installés depuis quelques années à Mombasa ou à Nairobi. Parmi eux, il y a
Stefi et Stefan, avec qui nous avons beaucoup discuté et échangé. Une fois le repas terminé, les nuits sont torrides… Le vent tombe brusquement à 22h, tandis que la température ne baisse pas d’un degré : 31°C et 80% d’humidité, c’est chaud, c’est moite. On profite alors du retard pris par la saison des pluies pour s’installer directement sur la plage, sous les moustiquaires que l’on fixe aux cocotiers… Ainsi va la vie à Tiwi Beach… Pourtant, après 10 jours, la lassitude nous gagne et les jambes nous démangent. Nous voulons reprendre la route. « Ici, on a tout vu !» ont dit les enfants, « on connaît tout, y a plus rien à découvrir… »
Alors nous avons repris la route en direction du Sud et de la Tanzanie…
Avant cela, nous avons profité de la présence de Ronan et de sa voiture pour nous rendre dans le village de Diani, où nous avons acheté 9 vaccins contre la rage pour nous six et la famille Sanagustin. En effet, nous devions tous faire nos rappels de vaccination. Miguel et Thierry ont donc tâté de la seringue et ont vacciné leur petite famille au complet, sur la plage, en suivant les instructions des étudiantes en médecine rencontrées la veille. C’est aussi ça le voyage et la débrouillardise !
Les Eglises : de l’enthousiasme contagieux…
En quittant Tiwi Beach, nous avons à nouveau sollicité des églises pour nos bivouacs. A chaque fois, l’accueil a été magique, cordial et spontané. Ici, on ne nous gave pas de cérémonie, de lourdeur ou de langage sur adapté. Les gens nous parlent vrai. Ils rient et ont de l’humour.
A Tenga, première ville après la frontière tanzanienne, nous avons tenté de bivouaquer dans le parc de la cathédrale. Pour une fois, nous avons été éconduits… et dirigés vers le jardin de la propriété privée de l’évêque ! Au bord de la mer, dans un immense jardin, qu’un ouvrier fauchait à la main, nous avons fait la connaissance de l’évêque, puis d’un curé suisse et des bonnes sœurs, qui sont toutes venues visiter nos maisons roulantes. L’une d’elles s’est étonnée de ne pas voir de lieu de recueillement dans notre Casita. Véro a alors sorti la bible que le pasteur d’Emali nous avait offerte. Elle a fait grande sensation !
Nous n’aimions pas les églises avant de partir. Aujourd’hui, nous n’aimons toujours pas leurs religions, mais nous apprécions beaucoup les gens que nous y rencontrons.
Moral des troupes
Depuis Addis Abeba en Ethiopie, nous avons voyagé avec les Sanagustin. Lola est pleine d’espièglerie et de tendresse. Miguel nous impressionne par son courage et sa détermination à aller de l’avant pour vivre sa vie, tandis qu’Elodie nous a halluciné par la régularité avec laquelle elle raconte leur périple en images et en mots sur leur blog. Avec eux, nous avons passé des soirées à jouer à « loups garroups » ou à discuter simplement. Ensemble, nous avons vécu des journées magnifiques. Ensemble, nous avons surmonté des difficultés et démonté des pneus. Ensemble, nous avons dépassé des camions et passé des montagnes. Nous avons manié les seringues et usé l’aspi-venin… Ensemble, nous avons partagé des soirées crêpes et avons regardé des dessins animés et des animaux en vrai… Ensemble, nous avons goûté au matoke et à la vie de Crusoé, nous avons envahi des églises et ébahi des familles… Nous avons vécu 6 semaines ensemble et ensemble nous avons voyagé. Et puis, nous six avons ressenti soudain le besoin de nous retrouver à six. Nous nous sommes alors assis et avons réfléchi. Nous avons choisi de poursuivre à six à partir d’ici et nous avons dit au-revoir à nos amis. Au-revoir, parce que l’Afrique est petite et que nous allons dans la même direction. Au-revoir, parce que nous nous réjouissons de vous revoir, Miguel, Elodie et Lola. Portez-vous bien et prenez soin de vous. A très bientôt.
26 mars 2009 : Addis Abeba (Ethiopie) - Nairobi (Kenya)
Nous avons parcouru l’Ethiopie puis rejoint le Kenya, avant le début de la saison des pluies… Ces dernières semaines ont été très riches en aventures, tensions, craintes, soulagements, succès et découvertes. Nous avons eu de très belles surprises également que nous vous racontons ci-dessous... Nous vous souhaitons autant de plaisir à nous lire que nous en avons à vous écrire aujourd’hui !
Addis Abeba : le mercato
Le mercato d’Adis Abeba est l’un des plus grands marchés à ciel ouvert d’Afrique. Nous l’avons parcouru un jour férié et la plupart des échopes étaient fermées. Cela ne nous a pas empêchés de nous écarter un peu trop de la partie centrale et de nous retrouver dans des endroits où nous n’étions pas vraiment les bienvenus… Les épaules dénudées de Loane lui ont valu une énième remarque d’une femme musulmane outrée. Loane a répondu par des cris sortis du plus profond de son être. Elle a évacué en 2 minutes des semaines de pression et d’oppression musulmane. Nous sommes fiers de sa réaction. Même si, ensuite, nous avons déguerpis rapidement de ce quartier, sans demander notre reste, mais sans encombres non plus….

Sodere : un bassin olympique à 42-45°C…
Avant d’attaquer les pistes kenyannes, nous avions besoin de détente, de repos et de bien-être. Nous avons donc fait un saut à Sodere en Ethiopie, où nous avons passé la journée à tremper dans des piscines à 45°C environ. Incroyable ! Il y a même des sources dont la température avoisine les 50° et où les locaux se lavent, se massent et se détendent. Nous avons eu de la peine à rester sous l’eau qui coulait à flot à ces températures et avons profité pleinement des piscines. Nous y avons vu des singes, des phacochères… Et puis, Miguel, Véro et Thierry ont donné des leçons de natation aux Ethiopiens ; moment extraordinaire que de les sentir flotter peu à peu et de voir leur visage se détendre et leurs yeux rayonner ensuite. Ils faisaient la queue pour profiter d’une promenade sur le dos avec Véro, tandis que Thierry leur apprenait à respirer et Miguel à flotter. Sensationnel.

Moyale – Isiolo : LA piste du Nord Kenya (Retrouvez la description de la piste dans les conseils pratiques)
Le mythe : Moyale est la ville frontière entre l’Ethiopie et le Kenya. Isiolo est la première petite ville digne de ce nom au Kenya, 500 km plus loin. Entre les deux : une piste, connue et reconnue pour être épouvantable. Sincèrement, avant d’entreprendre le voyage, nous étions tous tendus, même si Thierry et Miguel comptaient bien démystifier cette piste. Aujourd’hui, nous ne démystifions pas : la piste est terriblement éprouvante.
Le contexte : cette région nord du Kenya est laissée à l’abandon par le gouvernement. Aucune infrastructure n’y est développée. La population souffre de famine depuis toujours mais particulièrement depuis 2005. Des conflits tribaux sont fréquents, ainsi que les vols et règlements de compte. On fait mention de quelques attaques contre des touristes. En principe, on traverse la région en convoi ou sous escorte policière. Le convoi est impossible à suivre pour nous et l’escorte policière coûte une fortune pour pas grand-chose. Nous avons donc décidé de nous escorter entre nous, avec les Sanagustin. Cela dit, il est formellement déconseillé de circuler de nuit et absolument recommandé de passer la nuit auprès d’un poste de police, un hôtel ou une église… en théorie !
La route : la route est absolument misérable. Sur plus de 100 km, on roule dans un pierrier, dans lequel on risque de s’enliser comme dans du sable et dont les pierres sont tranchantes, grosses et dures. Par endroits, les ornières creusées par les camions atteignent 60 cm de profondeur. A aucun moment, nos camping-cars ne peuvent suivre les traces. Nous devons en permanence « surfer » sur les bordures en évitant de glisser dans les ornières. Des bancs de sables créent des obstacles inattendus et des centaines de kilomètres de tôle ondulées soumettent les véhicules et les passagers à des vibrations intenses et incessantes. Nous n’avons croisé ou rencontré que 2 à 3 véhicules par jour, qui roulaient pratiquement comme sur route normale, en déjouant les lois de la physique et en jouant avec la chance à chaque tour de roue…

L’aventure : pour éviter les casses et ne pas prendre de risques, nous avons adopté un rythme adapté à nos véhicules inadaptés à ce terrain…Nous avons parcouru les 500 km en 5 jours, en roulant 10 à 12 heures par jour… Malgré cela, nous avons eu quelques soucis. Un jour Miguel a perforé son carter d’huile sur un caillou. A 16h, arrêté au milieu de la piste, il démonte le carter et le répare avec une pâte de secours spécifique. A 18h, nous versons 5 litres d’huile dans le carter « réparé » et atteignons le village à la tombée de la nuit. OUF ! Mais la réparation n’est pas optimale et le carter fuit légèrement… Le lendemain, une seconde d’inattention entraîne Miguel dans une bordure de gros galets dans laquelle il s’enfonce et pose son châssis. Après avoir creusé, poussé et placé des plaques de désensablage pendant environ une heure, nous avons pu finalement remorquer le "Sans souci" (Camping car des Sanagustin) avec Casita et le remettre en piste. Il était 18 heures et la nuit tombait, tandis que nous avions encore environ 20 km à parcourir pour nous mettre à l’abri. C’est alors que nous avons dû choisir quelle règle élémentaire de sécurité enfreindre ! Nous avons choisi de rouler de nuit jusqu’au village. 20 kilomètres dans la nuit noire, dans les ornières, à éviter les trous, les pierres, l’ensablement et avec un carter qui fuit sur le « Sans souci » et qui menace à tout instant de déverser toute son huile sur la piste… Le soulagement à l’arrivée fut à la hauteur de la tension qui nous a habités pendant ces 2 heures de routes interminables…
Les à-côtés : en parcourant cette région du Kenya, on traverse des villages tribaux et on aperçoit quelques femmes Samburus, seins nus couverts de colliers imposants et des hommes qui portent des sortes de « perruques » indiennes. Ces hommes et ces femmes sont vêtus de couleurs flamboyantes et sont magnifiques… mais ils ne veulent pas être photographiés. Désolé.

Casita : nous avons été impressionnés par les performances de Casita. Elle a parcouru les 500 km sans soucis et sans aucun problème. Nous n’avons connu ni crevaison, ni casse, ni rien. Les seuls ennuis consistaient à retirer les pierres qui se nichaient entre les roues jumelées… puis, à l’arrivée, à se débarrasser des kilos de poussières récoltés tout au long du chemin…

Chapeau : nous souhaitons donner un coup de chapeau à toute notre équipée : les sixenroute et les trois Sanagustin. Franchement, nous sommes fiers de nous, très fiers !! Nous avons roulé dans des conditions insupportables, par 38° à 42 °C. Nous avons eu des soucis, des craintes, des tensions et du stress en permanence et pourtant… Nous avons su rester calmes, sereins, à l’écoute des uns et des autres et unis, soudés et solidaires. Le ton est resté aimable. Les enfants, en particulier, nous ont impressionnés. Ils sont restés 12 heures par jour, 5 jours consécutifs, dans nos camping-cars, sans crier, sans geindre et sans causer de soucis supplémentaires. Ils n’ont pu bénéficier que de 1 à 2 heures de décompression chaque soir… Alors à tous : chapeau et merci !
Hommage : nous ne pouvons pas nous féliciter, sans avoir une pensée émue pour la famille Marais qui a accompli cette route, il y a dix ans, avec leur trois enfants, à la fin de leur voyage autour du monde de 4 ans… Ce sont eux qui nous ont permis d’y croire. Ce sont eux qui nous ont accompagnés dans nos pensées, en même temps que nos proches, tout au long du parcours. Ils ont ouvert une voie pour camping-car en 2003 sur cette piste d’enfer et nous sommes heureux de l’avoir accomplie à notre tour, dans le sens contraire. Merci à eux. (Voir leur site)
Réserve de Samburu : beaucoup d’émotions…
Peu avant d’arriver à Isiolo et de retrouver le bitume, nous avons choisi de nous offrir un cadeau, une récompense pour les efforts fournis sur cette piste : un safari dans la réserve nationale de Samburu. Quel bonheur et quelle joie intense ! Nous avons pu sillonner la réserve au volant de Casita et bénéficier ainsi de notre toit panoramique. Les enfants et Véro se sont installés dans la capucine et Thierry au volant. Un tuyau d’arrosage nous servait d’interphone entre l’étage du haut et le pilote… Nous avons alors roulé à la rencontre des girafes, des gazelles, oryx, éléphants, lions, buffles, phacochères, zèbres, babouins et autres dik-dik et singes…
Nous étions en train de regarder une girafe qui se dressait à 5 mètres de nous, quand nous avons aperçu une horde d’éléphants juste plus loin. C’est en cherchant à les voir mieux, que nous avons vu passer, 2 lionnes et 5 lionceaux, à 10 mètres de Casita… Nous pouvons vous dire que cet instant a été une pure merveille, magique et intense… Mais sachez, qu’il reste presque banal, à côté des yeux emplis de larmes de nos 4 loulous émerveillés qui bredouillaient : « c’est trop beau… c’est trop beau… » avec des sanglots dans la voix… Imaginez. Nous étions tous les six en larmes dans Casita, envoûtés et submergés par tant de beauté.
Un peu plus tard, nous avons croisé une autre horde d’éléphants qui se nourrissaient. Nous les avons approchés à 15 mètres et les avons observés une heure durant. Fascinant. Un babouin s’est pointé et est venu nous jauger du regard à 2 mètres de Casita… Nous avons alors fermé le toit… Puis, un éléphant s’est avancé, a gratté la patte au sol et secoué les oreilles… Lentement mais franchement, nous avons reculé…

Les tableaux naturels que nous avons pu admirer sont féériques. Les gazelles broutent à côté des phacochères, sous le regard haut des girafes… Et au milieu de tout cela, Casita se fraie un chemin, s’arrête et nous permet de vivre la nature dans toute sa splendeur, sa tendresse et son intensité…

Nous avons eu très peur en revanche, lorsque nous avons dû remorquer le "Sans souci" des Sanagustin qui s’était posé sur le sable, dans une pente infranchissable. Le véhicule menaçait sérieusement de se retourner et il nous fallait le sortir de là… où nous avions croisé les 7 lions 3 minutes plus tôt ! En fin de journée, nous avons dû changer une roue crevée sur le "Sans souci"… En partant, nous avons découvert que 4 énormes buffles étaient postés à 10 mètres de là…
Pour terminer, nous aimerions vous raconter le miracle du parc Samburu : en décembre 2001, une lionne a adopté un jeune oryx… Pendant une semaine, la jeune gazelle s’est promenée à côté de la lionne et cette dernière lui prodiguait les mêmes soins qu’à ses petits… Deux mois plus tard, une seconde adoption a eu lieu… Ici, on appelle cela : le miracle. Nous on se dit que tant qu’on la laisse vivre, la nature n’a pas fini de nous surprendre… et de nous en apprendre !
Kenya : premières impressions
Une fois arrivés à Isolo, nous découvrons le « vrai » Kenya, celui qui est civilisé, habité et qui vit. Nous sommes surpris de découvrir tant de verdure, de végétation et d’eau. Nous sommes également étonnés de trouver des maisons sur trois niveaux, avec des tuiles et de l’électricité. Nous retrouvons également des magasins… avec des marchandises ! Et nous croisons des voitures, nombreuses dorénavant. Nous comprenons alors la différence entre la pauvreté du Kenya et la grande pauvreté de l’Ethiopie…
Nous découvrons aussi l’insécurité, le vol, la malhonnêteté et le racisme. Nous bivouaquions dans l’enceinte du poste de police, lorsque nous nous sommes fait voler la natte que nous utilisons pour nous asseoir sur le sol. Nous l’avons retrouvée 10 minutes plus tard… Ce sont deux gamins qui ont fait le coup. Sinon, les marchands ne rendent pas toujours la monnaie juste et comme ils utilisent une machine à calculer systématiquement… c’est difficile de croire à une erreur ! On ressent en outre dans le regard de certains et dans les comportements d’autres, un réel racisme à l’égard du blanc. Faut dire que dans les publicités qui passent à la télé chez eux, la lessive ne lave plus seulement plus blanc que blanc, elle renforce les tissus dorénavant ! C’est Coluche qui serait content de l’apprendre !!
Depuis l’Ethiopie, nous avions pris l’habitude de bivouaquer dans des endroits privés, derrière des clôtures. En Ethiopie, nous le faisions parce qu’il n’y avait pas toujours d’endroits où bivouaquer et pour éviter les attroupements excessifs autour de nous. Au Kenya, nous le faisons pour nous sentir en sécurité. A titre d’exemple, en arrivant à Nairobi, un homme s’est lancé en courant devant Casita ; il était poursuivi par un autre qui tenait un flingue à la main et tentait de le pointer sur le fuyard… 100 mètres plus loin, un policier s’est fait renversé par un taxi qui a continué sa route, tandis que d’autres minibus, évitaient les contrôles et s’enfuyaient systématiquement devant la police.
Prises de conscience
Nous avons effectué diverses prises de conscience ces derniers jours.
Faim, soif et sécheresse. Nous avons bivouaqué au poste de la Croix-Rouge. Cela nous a permis de comprendre leur intervention sur le terrain et l’ampleur du désastre qui se déroule dans les villages du nord du Kenya. Nous avons vu les gens couchés au sol, à proximité des postes de ravitaillement de première nécessité. Il n’est pas sûr que tous passent la nuit. C’est là. A côté de nous. Personne n’en parle. Pourtant depuis 5 ans, la région souffre de sécheresse et les gens meurent de faim.
Le stress du manque d’eau. Nous ne pouvons plus faire nos pleins d’eau avec un tuyau "pépère" pour remplir nos 330 litres de réserve. Il nous arrive d’aller au puits ou à la rivière pour puiser deux bidons de 20 litres. Nous devons ensuite la filtrer au gant de toilette et la purifier. Pourtant, même ainsi, l’eau ne convient pas à certains de nos organismes et Véro et Sam ne peuvent plus en boire. Le problème, c’est qu’il n’est pas toujours possible de trouver de l’eau minérale… C’est quand elle est venue à manquer concrètement, ne serait-ce que quelques heures ou jours, que l’eau est devenue réellement précieuse à nos yeux.
La pauvreté. C’est en arrivant au Kenya que nous avons pris la mesure de la grande pauvreté dans laquelle vit l’Ethiopie.

La vie à bord : un programme et du travail en plus !
Nous avons ajouté à nos programmes du matin, de midi et du soir, le programme moustique. Il s’agit, à la tombée du jour, de se couvrir, fermer toutes les moustiquaires et se sprayer abondamment d’anti-moustique. Pas toujours agréable lorsqu’il fait 36°C.
Lessive. Depuis plusieurs semaines, nous avons dû nous résoudre à faire nos lessives à la main, avec l’eau de rivière.

Moral des troupes
Nous venons de terminer deux semaines de vacances… il paraît ! Dans les faits, on a rarement eu des vacances si épuisantes. Alors, nous sommes franchement heureux d’avoir terminé la piste. Nous avons en horreur les travaux sur les routes qui nous obligent à passer par les pistes et devenons carrément agressifs lorsque les routes asphaltées sont perforées de nids de poules. Nous en avons marre de nous faire secouer. Pour cela, nous avons décidé de nous rendre sur la côte de l’océan indien et d’y passer deux semaines de vacances… même en période scolaire, ce sera probablement plus reposant. Mais cela fait déjà partie de la suite de l’histoire…
Mises à jour :
Nos images : pour l’instant, les images ne passent pas, nous en sommes navrés… Alors, en attendant, nous vous orientons sur le site des Sanagustin qui en ont quelques-unes de plus : Sanagustinvoyage
La carte : pour l’instant, la carte ne se charge pas, nous en sommes….
Infos pratiques : la piste de Moyale
Thierry : témoignage
Rencontres : les Sanagustin
8 mars 2009
Bonjour à tous,
Nous sommes en Ethiopie actuellement et nos connexions ne nous permettent pas de mettre à jour le site, ni de recevoir vos photos, ni d'envoyer des mails collectifs... Snif ! Du coup, pour réduire les frustrations, nous vous mettons le texte que nous avons préparé pour le site. Plus tard, nous l'illustrerons de photos.
Sinon, nous avons toujours autant de plaisir à recevoir vos photos. Cependant, nos connexions étant de plus en plus lentes, si vos photos pouvaient être de plus en plus légères, ce serait génial !!!
Concrètement, nous arrivons à récupérer les messages de 300 Ko assez aisément, au-delà, c'est .... galère et tout se bloque...
Nous vous souhaitons une bonne lecture et vous disons à très bientôt.
Les sixenroute
Louxor - Addis Abeba en Ethiopie
Nous sommes restés 3 semaines de trop en Egypte pour pouvoir n’en garder qu’une bonne impression… Derrière la façade et la belle image se cache une réalité que nous avons appris à découvrir, parfois à nos dépens. C’est donc sans regret que nous avons quitté ce pays et que nous avons traversé le Soudan avant de laisser l’Ethiopie ouvrir notre coeur et nous émouvoir profondément. Voici, le récit d’un mois fait de hauts et de bas…
Louxor : on a vu, ça nous a plu, sans plus…
Nous avions décidé de bivouaquer dans le camping de Louxor ; c’est un havre de bruit dans une ville paisible ! Quel cirque ! Les cars laissent tourner le moteur toute la nuit, les camions remorques Rotels-Tours envahissent les lieux, le patron lunatique pousse des braillées sur ses employés… Pas une minute tranquille. Finalement en sortant de là, on respire et on profite du calme relatif de la ville. Nous avons visité les temples de Karnak… Ca va, c’est pas trop l’arnaque… Wim (Rencontres) a dit : « c’est bien , mais c’est pas fini… ». C’est vrai que les travaux de rénovation sont importants et tendent à dénaturer le site. Cela dit, le lieu est chargé d’histoire et malgré la présence parfois gênante du béton, les colonnes, les hiéroglyphes et les fresques sont somptueuses. Avec les enfants, nous avons beaucoup joué dans ce site : danse, acrobatie, chanson, bruitage de chameau, imitation de Marge Simpson, etc. Nous étions d’humeur joviale et la secte des « yeux en l’air » nous a fait beaucoup rire. Ce sont ces personnes qui se déplacent en groupe de 30 à 50 avec une petite boîte carrée qu’ils tiennent devant eux et qu’ils pointent vers le ciel chaque fois que le gourou lève le doigt en fournissant des explications incompréhensibles, même quand il parle français… Pour le reste, Louxor est tellement cher par rapport au reste du pays, que même les rois ont quitté leurs tombes pour aller vivre l’éternité au musée du Caire !



La route de Louxor à Assouan : une longue oasis sucrée…
La route qui longe le Nil de Louxor à Assouan regorge de poésie, de magie et de vie. On traverse des villages d’une autre époque, séparés par des hectares de plantation de canne à sucre. L’agriculture est toujours un métier manuel, les charrettes sont tirées par des boeufs ou des ânes et la majorité des enfants sont au champ, plutôt que sur les bancs… « Allo ! » Ici on ne le hurle pas pour obtenir à boire ou pour répondre au téléphone, mais juste pour nous faire sursauter à tous les coins de rue…
Assouan : saoûlant et assommant !
D’accord, nous ne sommes pas là pour médire, mais là nous voudrions quand même dire « mais… ». D’abord le lieu. Le Nil est certes majestueux et la vue sur les tombes des nobles est belle… Enfin quand on regarde derrière le gros hôtel en béton gris qu’ils ont planté au milieu du fleuve… C’est vrai que les felouques ont du charme et que les voir tirer des bords invite l’imagination à déborder… Enfin, autant que débordent les hôtels flottants qui occupent les premier, second, troisième et quatrième plans de la vue sur sa Majesté !

Ensuite, les gens. Là, on découvre la face cachée de l’Egypte. Celle qui ne peut se permettre de scolariser ses enfants, ni de les éduquer. Celle qui vit dans une pauvreté qui contraste violemment avec le faste et le luxe affiché par le tourisme. Celle qui connaît des conditions de vie précaires et austères, renforcées par un dogme religieux sévère. C’est l’Egypte où les enfants apprennent seuls à compter en anglais et à multiplier par 15 pour annoncer les prix de leur marchandise. Cette Egypte tranche avec celle de ses ancêtres qui offraient l’éternité aux ouvriers qui travaillaient pour le pharaon. Mais cette Egypte est surtout méprisante, agressive, épuisante et dégoûtante pour le voyageur qui s’y frotte. Les enfants et adolescents nous ont jeté des pierres. D’autres ont demandé à Véro de poser pour une photo avec eux… avant d’en profiter pour lui pincer le sein… Certains se bidonnent à mater des videos et photos de cul sur leur portables et à vous les montrer en râlant de bêtise… D’autres ont montré leur cul aux filles, tandis que certains cherchaient à les déshabiller. C’est la première fois de sa vie que Thierry a menacé sérieusement de frapper l’un d’eux, après l’avoir rattrapé et plaqué au sol.
Sa gorge se souvient encore des hurlements qu’il a poussés pour le faire déguerpir… Quand à Véro, elle a regretté longtemps de ne pas avoir lancé la pierre qu’elle a menacé de lancer contre ceux qui l’avaient agressée… Nous ne faisons pas la liste des harcèlements en tout genre qui accompagnent nos pas dans les rues et des méthodes infâmes utilisées pour arnaquer le passant. Juste au passage, c’est la seule ville où un pompiste a réussi à mettre 95 litres dans notre réservoir de 90 litres qui n’était vide que de trois quarts… A Assouan, nous avons dû admettre que l’Egypte a de belles sculptures, de nombreuses sépultures, mais aucun scrupule !
Nous sommes restés trop longtemps à Assouan, à cause d’une histoire de barges… Cela nous a toutefois permis de connaître la joie de retrouver Loup et Michèle, nos amis belges rencontrés au Caire. Nous avons fait une virée en felouque avec eux et partagé un repas de St-Valentin. Cela nous a fait le plus grand bien, avant de quitter ce pays. Avant cela, nous avions fêté l’anniversaire de Max au bord du Nil et allumé un immense feu en son honneur.

Marsa Alam : des rencontres sous-marines fascinantes.
Avant de pouvoir prendre le large et embarquer sur la barge, nous avons profité de la marge que nous laissait l’agenda pour faire un crochet à Marsa Alam. Excellente idée ! Marsa Alam est la dernière destination plongée à se développer le long de la mer rouge. On y trouve… rien ou presque. Quelques hôtels disséminés sur 50 km, un petit village dont on fait le tour en 5 minutes. Ce qui est bien ici, c’est que les touristes sont encore peu nombreux et concentrés dans les hôtels. Du coup, la population locale n’a pas été pourrie. Les prix sont les plus bas que nous ayons trouvé dans toute l’Egypte, mais surtout, les gens y sont beaucoup plus honnêtes et sympas que partout ailleurs. La côte est magnifique pour y plonger et pour y faire du snorkeling. A Abou Dahab, une plage privée, nous avons profité de voir d’innombrables poissons perroquets, ballons, anges… Exactement comme il y a 20 ans à Sharm ! Mieux, en palmant quelques 200 mètres au-delà du récif, on a vu des requins de sable, des tortues de 2 mètres d’envergure environ et… un dugongue, sorte de lamentin énorme qui prenait sa bouffée d’air à 5 mètres de nous ! Incroyable et génial ! Tout ça à moins de 300 mètres de la plage. C’est aussi ça l’Egypte ! Signalons encore, dans la région, le parc national de Samadai, dans lequel nagent les dauphins. Les snorkelers peuvent les approcher tandis que les plongeurs restent à distance. Malheureusement, nous n’avons pas eu le temps de nous y rendre, nous devions retourner à Assouan pour espérer accéder au Soudan avant l’expiration de notre visa…

Histoires de barges
Pour se rendre, en véhicule, au Soudan depuis l’Egypte, en regardant une carte, on se dit qu’on a deux possibilités : soit longer la mer rouge jusqu’à Port Soudan, soit longer le lac Nasser. C’est vrai, sur la carte. Pas sur le terrain. Ces routes sont fermées en raison d’un conflit latent entre les deux pays. Du coup, le seul passage autorisé se trouve sur le lac Nasser ! Notons au passage que même si les relations entre le Soudan et l’Egypte se détendent, il est peu probable que la situation change. La famille propriétaire de la compagnie de transport sur le lac Nasser est très influente au Soudan et ne laissera probablement pas s’envoler la manne financière que représente ce système ridicule de bateau, à moins, c’est une piste que je suggère au président soudanais, de privatiser la route flambant neuve qui longe la mer rouge et de l’offrir à cette même famille en l’autorisant à y placer un péage…
En l’état, il faut prendre un bateau, enfin deux, un pour les passagers et un pour les véhicules. C’est barge ! Ce qui est barge aussi, c’est les tarifs ! (Voir infos pratiques). Alors pourprendre le large, nous avons dû prendre la grande barge, c’est à dire la large, celle qui accueille les grands véhicules comme le nôtre. Mais pour faire monter notre immense cageot, sur ce mini cargo, nous n’avons pas pu compter sur l’aide des barjos du port. Ils créent un angle si aigu entre la rampe d’accès à la barge et celle de la barge, que l’on en oublie que c’est un angle large. Ca frotte partout. On a fini le pare-choc planté dans le sol et une roue au-dessus de l’eau. Heureusement Dietmar et Franck nous ont aidés et sortis de ce mauvais pas.
Parce que les barges du coin, pour faire monter le véhicule sur la barge, ils n’hésitent pas à couper le cul du véhicule et à tout mettre dans la cellule en disant : « vous fixerez tout ça au Soudan ! », c’est du moins ce dont se souvient Salah, l’employé qui vend les billets et qui fait ce qu’il peut pour aider les pauvres touristes pris au piège de ce système complètement…barge !

Une fois à bord du ferry pour les passagers, on s’est senti beaucoup moins seul qu’au moment d’embarquer Casita… C’est bondé ! Heureusement, nous avions prévu la tente pour les enfants. Nous avons déclenché un fou rire général lorsque nous l’avons dépliée sur le pont. Mais l’idée est géniale et les enfants ont très bien dormi, au chaud et à l’abri des passagers quiavancent à l’aveugle au milieu de la nuit. Véro et Thierry ont un peu souffert de la dureté du sol, mais pas du froid. Nous avions pris les sacs de couchages et les grosses vestes d’hiver. A 8 heures du matin, le ferry passe devant les temples d’Abou Simbel.

Soudan - Wadi Halfa : welcome in Africa !
Comme la barge qui transporte les véhicules ne navigue pas la nuit, Casita n’est arrivée à Wadi Halfa qu’un jour après nous. Cela nous a permis d’ouvrir à nouveau la tente… dans la chambre d’hôtel, cette fois-ci, pour permettre à Véro et Max de dormir en sécurité loin des araignées, puces et autres bébêtes qui devaient arpenter le sol et les matelas. On ne vous parle pas des sanitaires… Là, même les bébêtes n’y vont plus ! Bref, nous sommes en Afrique et franchement, nous avons bien aimé le confort spartiate mais authentique du lieu !

Les pistes du Nord Soudan
De Wadi Halfa à Dongola, la route longe le Nil et traverse des villages nubiens. Les paysages sont merveilleux, l’ambiance y est calme et sereine et les gens souriants et accueillants. Nous avons aimé nous arrêter dans ces villages après des kilomètres de pistes et de secousses. Leurs maisons sont sobres, mais très jolies et leurs portes richement décorées et peintes. La route quant à elle est en construction. Il y a donc de nombreux tronçons de pistes qui paraissent toujours beaucoup plus longs que les parties asphaltées. Ces pistes sont souvent très rocailleuses et accidentées. Parfois, il reste des bancs de sable à traverser. Nous nous sommes ensablés une fois, en raison d’un mauvais choix de piste. Après une heure de pelletage et 10 mètres de progression, nous avons accueilli avec notre plus généreux sourire le véhicule de chantier venu nous tirer d’affaire en quelques secondes. Ensuite, de Dongola à Khartoum, une route asphaltée toute neuve et construite par les chinois traverse les 560 km de désert.

Soudan : chaleurs diverses…
Outre le sable et la poussière, nous avons découvert la chaleur soudanaise… Les gens sont corrects, serviables, curieux et respectueux. Cela nous fait du bien. A Gadaref, nous recevons de nombreux « welcome in Soudan » qui nous rappellent la Jordanie par instants, même si finalement, à part Mahmoud et Nadja, nous n’avons eu que peu de contacts avec la population soudanaise. La chaleur humaine est renforcée par celle du climat. Nous avons eu 47°C le 24 février après-midi et 35°C le soir à minuit. Il paraît qu’en Europe il fait -9°C ! Ca fait 56°C de différence ! Enfin, nous avons quelques chaleurs une nuit, lorsque nous bivouaquions tranquillement à l’écart de la route, dans un cadre calme et serein. Sur le coup des 4 heures du matin, Véro a été réveillée par des sortes de chants, qui font penser à des cris de rassemblement tribaux. En regardant par la fenêtre, elle découvre la présence d’une section militaire d’une centaine de soldats, à 100 mètres de nous. Certains rôdent autour de Casita, d’autres hurlent et chantent autour d’un feu. Très peu rassurée sur les intentions de tout ce monde, elle n’a pas refermé l’oeil de la nuit. Au lever du soleil, tout ce monde a plié bagages et la troupe s’en est allée à pied derrière les camions en scandant des chants un peu inquiétants…
L’Ethiopie : un feu d’artifice, sans artifice !
On nous avait prédit des jets de pierres de la part des enfants… Celles qu’ils nous lancent sont précieuses et brillent au fond de leurs yeux ! Les diamants de leurs regards nous touchent en plein coeur… Chaque fois que nos yeux croisent les leurs, leur sourire éclate et tout leur visage s’illumine. Il y a une force étrange dans ce pays, une énergie de vie présente partout.
Ici, les gens sont authentiques, gais et généreux. Ils sont profonds et souvent ils semblent avoir déjà mille ans, tant ils sont droits et solides. Ici, les arbres aussi parlent, la terre se raconte et les couleurs explosent. Jamais auparavant nous n’avions vu que dans le noir des yeux d’enfants se cache un violet intense, un vert émeraude et parfois des reflets bleutés ou de couleur ocre. C’est beau l’Afrique noire. Les couleurs y sont partout : dans le ciel, dans les regards, dans la terre, dans les plumes des oiseaux… Les arbres, hallucinants, grands et aux troncs tortueux, nous émeuvent aux larmes régulièrement. Au-dessus d’eux, les aigles planent en compagnie des vautours et autres rapaces, tandis qu’au sol, d’étranges volatiles à la queue longue et blanche ou bleue traverse la route et nous éblouissent de leur splendeur… Il y aussi des toucans noir et blanc qui sautent de branche en branche et de nombreuses autres espèces qu’on ne voit pas mais qui chantent continuellement…
Outre la nature qui nous a littéralement éblouis, nous avons découvert de nombreuses écoles, partout dans le pays, dans chaque village. Leur taux de fréquentation est très élevé, ce qui est réjouissant. Les méthodes d’agriculture sont d’une autre époque. Difficile de dire s’il y a mille ans de retard ou d’avance sur l’Occident. Les boeufs tirent des charrues en bois ou tournent en rond sur le blé, fraîchement coupé à la serpette, pour en extraire les grains. Les femmes, plus chargées que les ânes, portent la paille, le bois récolté ou l’eau. On ne trouve aucun déchet, encore moins de bennes à ordures. Du coup, nous nous sommes trimballés avec nos poubelles pendant des kilomètres, avant de réaliser que les enfants les récupèrent et les trient avec plaisir pour y récupérer notamment les bouteilles de pet. Les routes, quant à elles, ne sont fréquentées que par quelques camions et de nombreux marcheurs, accompagnés de leurs ânes ou troupeaux… Mais tout cela n’a de charme que pour notre regard d’occidental dégoûté par l’évolution du monde. Ici, les gens rêvent de développement industriel, d’exploitation des ressources naturelles et d’exportation. Ils se réjouissent du développement des infrastructures routières et de la poussée des antennes de télécommunication …
Même si nous nous demandons si ce « progrès » est bien nécessaire, nous ne pouvons que comprendre leurs aspirations ; avec tout cela, il y a aussi l’espoir d’une plus grande liberté et de plus de richesse. Et la vie est ainsi faite : ce n’est qu’une fois la richesse acquise, qu’on pleure la perte des richesses d’antan…
Addis Abeba : une capitale abordable où l’on se retrouve aisément…
Nous avons traversé la moitié de l’Ethiopie et avons rejoint Addis Abeba. Nous y cherchions le garage Iveco pour effectuer un service, lorsque nous avons croisé par hasard Dietmar et Franck, rencontrés sur le bateau Assouan-Wadi-Halfa. Eux venaient de voir le garage Iveco en pensant à nous, lorsqu’ils ont aperçu 150 mètres plus loin, notre Casita, arrêtée sur le bord de la route… En sortant du garage, nous croisons notre hôte de la veille, chez qui nous avions passé la nuit à 30 km d’Addis Abeba ! Incroyable cette capitale de 4 mio d’habitants, mais à la taille parfaitement humaine…
C’est aussi à Addis Abeba que nous avons retrouvé Elodie, Miguel et Lola… C’est la famille Sanagustin (voir leur site), partie de France le 20 octobre passé, soit 2 jours avant nous, pour un voyage de 2 ans en camping car le long de l’Afrique et de l’Amérique du Sud. Nous les suivions avec 2 semaines de retard depuis le début et ici nous les avons rejoints. C’est génial de se trouver ainsi et de partager nos aventures, points de vue et expériences. Nous ferons un bout de route avec eux jusqu’au Kenya en tout cas, afin de nous soutenir mutuellement sur les pistes difficiles qui nous attendent. Les enfants sont également enchantés de trouver une petite copine avec qui jouer sans se poser de questions…
Etat des troupes
Nous avons beaucoup roulé et nous sommes très fatigués. Nous voulons rejoindre le Kenya avant la fin mars, pour éviter les pluies qui rendent les routes impraticables. Les pistes qui nous attendent nous inquiètent un peu et nous peinons à nous détendre durablement. De plus, il est difficile de trouver des endroits calmes pour nous reposer. Nous sommes sans cesse sollicités par les villageois et les enfants dès que nous nous arrêtons. Cela, ajouté aux longues journées de route, nous a passablement épuisés.
Sinon, le moral et la santé vont bien. Les enfants jouent et s’adaptent avec aisance à chaque situation. Que ce soit la nourriture, les coutumes, la chaleur, le monde, le confort du bateau ou de l’hôtel, rien ne les perturbe, ils continuent à se chamailler pour du sable tombé des poches dans Casita ou pour une place avec vue sur la route… Tout le reste leur semble… normal. Ou presque. En fait, ils ont un peu accusé le coup à Assouan et se sont un peu refermés après les mauvaises expériences vécues là-bas. Ils se montrent actuellement plus méfiants au moment d’entrer en contact avec de nouveaux enfants. Le temps et l’expérience les aideront à trouver leurs marques.
A suivre…
Nous reprenons la route tout prochainement en direction du Kenya, en compagnie des Sanagustins. Il y aura alors une nouvelle histoire que nous pourrons vous raconter…
Mises à jour :
Nos images : en raison de l’extrême lenteur des connexions Ethiopienne, nous avons renoncé à mettre en ligne les photos maintenant. Elles arriveront dès que possible !
La carte : retrouvez notre itinéraire dans les grandes lignes.
Rencontres : Franck et Dietmar, Jenny et Wim, Loup et Michèle, Luciano et Claudia con amici, Mahmoud et Nadja, Coni et Andi.
Thierry : témoignage
Infos pratiques : voyager en camping car en Egypte. Le Soudan, les trucs faciles et moins faciles. La traversée du Lac Nasser. Voyager en Ethiopie.
1er février 2009 : Egypte Voir l'itinéraire sur la carte
Nous avons passé le mois de janvier en Egypte. Ce pays est magnifique, très contrasté et riche en merveilles naturelles et culturelles. La vie y est paisible et joviale. Les gens ont de la joie dans le cœur et cela se lit sur leurs visages. Les ambiances sont bon enfant et l’humour n’est pratiquement jamais absent. Alors, nous avons essayé de prendre le « La » et de nous laisser bercer par la vie, la nature et les rencontres, en gardant le sourire le plus souvent possible… Et la vie nous a souri à son tour et réservé de belles surprises que nous vous racontons ci-dessous, en suivant l’ordre chronologique.
Sur la route
Nuweiba : notre coup de cœur au bord de la mer rouge.
Nous sommes arrivés à Nuweiba à la tombée de la nuit. Le passage de la frontière s’est déroulé dans le calme et la simplicité, grâce à l’aide efficace et nécessaire de la police touristique, qui nous a accompagnés d’un bureau à l’autre pendant les… trois heures qu’a pris l’accomplissement des formalités. Nous avons roulé ensuite une dizaine de kilomètres avant de nous arrêter au bout d’une rue le long de la plage. Le lendemain nous découvrons que nous sommes parqués derrière l’hôtel-camp Nakhil Inn, adresse recommandée par le guide du routard. Nous y restons 3 jours, séduits par la gentillesse de Samer (puisque les nôtres ne sont pas avec nous !) et de son accueil. Snorkeling, plage et petites escapades pour découvrir les environs sont notre quotidien. L’ombre au tableau est apparue lorsque Zoé s’est fait mordre le c… par un chien, lors d’une virée dans les dunes. Ouf, il y a un hôpital ouvert à Nuweiba (et un autre fermé, mais on n’a toujours pas compris lequel est le nouveau et lequel est l’ancien…) ! Zoé a eu ses 2 piqûres de rappel antirabique en 3 jours. Grosse frayeur. Immense soulagement, tout va bien aujourd’hui. Nous avons appris, en retournant sur les lieux, que ce chien a été adopté par une femme européenne qui vit là depuis quelques mois. Il a déjà mordu auparavant. Le propriétaire de ce camp nous a assuré qu’il emporterait le chien dans le désert dès qu’elle le laisserait seul. Par acquis de conscience, nous avons annoncé également le cas à la police touristique afin que ce chien ne blesse plus personne à l’avenir.
En quittant le Nakhil Inn, nous avons suivi les conseils de Samer (comme on nous l’a bien appris quand on était enfant !) et nous sommes rendus au Moon Island Camp pour y nager et explorer les fonds. MAGIQUE ! Le site est splendide, autant dans l’eau que dehors. Le camp est fait de huttes en paille. Il est déserté par les touristes… mais habité à l’année par une femme : Shanti. Marocaine d’origine, elle a vécu au Québec avec ses parents, puis une trentaine d’années en Israël avec son mari, avant de venir s’installer là, il y a deux ans, seule. Shanti est la première francophone que nous rencontrons depuis David. Les enfants l’assaillent de questions et la couvrent de leurs récits. Puis nous rencontrons Misou, une suissesse, partie de Payerne (à 50 km d’où nous vivions) pour voyager. Elle a parcouru le monde pendant 12 ans, puis s’est arrêtée à Nuweiba, il y a …. 14 ans ! Elle vit là, dans sa hutte, dans le camp voisin. Quel JOIE de la rencontrer !
Misou est un clown. Son cirque, c’est le monde. Son univers est magique, profond, bouleversant. Elle nous arrache les larmes des yeux toutes les deux phrases… Quelle femme ! Elle est légère, simple, drôle et tellement spontanée ! En même temps, elle a cette touche de tristesse qui vous touche au plus profond du cœur quand elle vous parle. Elle est belle comme peut l’être un cœur qui danse !
Nous sommes restés dans ce camp deux jours et deux nuits. Nous y avons mangé un succulent repas bédouin au bord du feu, sur la plage, à la pleine lune…. Cela a été l’occasion de rencontrer Gigi, une égyptienne, venue se réfugier là, après avoir quitté son mari 10 jours plus tôt. Gigi aura un jour son lopin de terre avec ses légumes et ses arbres… Découvrez Shanti, Misou et Gigi sur notre page : Rencontres
Moon Island Camp, 10 km au nord de Nuweiba… Ca a été très difficile de partir de là. Misou, nous te disons à bientôt… très probablement sur les routes du monde… Bon vent à toi Shanti et bonne chance à toi Gigi. Merci à vous trois. Chacune à votre manière, vous nous avez offert de l’or… air, cet espace temps pendant lequel on respire si simplement et si profondément !

Dahab : la petite Sharm, avec encore du charme !
En quittant Nuweiba par le sud, nous avons rejoint Dahab, lieu bien connu des plongeurs et des amateurs de kite-surf. Nous y avons trouvé un cerf-volant pour Max et avons fait du lèche-vitrine. Dahab est beaucoup plus fréquentée que Nuweiba et les « Welcome in Egypt », « Where are you from ? » « Very cheap » « You know how much ?» « Hello my friend » « You can have three for 10 pounds » « Look. Hey look ! » « Beautifull family » etc. nous ont un peu fait perdre notre sourire parfois… mais pour peu de temps, parce que finalement en utilisant l’humour, les choses deviennent souvent plus légères et supportables !

Sharm El Sheik : On connaissait… Ici, l’utilisation de l’imparfait prend tout son sens !
Véro et Thierry avaient découvert Sharm en 1994 environ : une rangée d’hôtel devant la plage où nageaient des milliers de poissons perroquets. Les enfants ont découvert Sharm en 2004 : deux rangées d’hôtel et plus de poissons sur la plage. En 2009, nous avons découvert … qu’on n’avait rien à faire là aujourd’hui… Nous avons passé tout droit.
Sur la route de Sharm au Caire : nos premières plates-formes pétrolières.
Ce tronçon de route ne présente aucun intérêt, sinon de nous avoir fait ouvrir notre « Encyclopédie des 7-9 ans » des éditions « J’ai vu », pour y découvrir que c’est le gaz qui se trouve au-dessus de la nappe de pétrole, qui est brûlé au sommet des cheminées des plates-formes pétrolières. Voilà, nous savons maintenant pourquoi ça brûle…
Le Caire : ça rime avec enfer… et aussi avec beaucoup à y faire !
Nous avons choisi de nous installer au camping et nous ne le regrettons pas, même si les trajets en taxi pour rejoindre le centre sont un peu fastidieux avec le temps. Après une journée passée dans le Caire, c’est vraiment agréable de rejoindre un espace tranquille et reposant. Les enfants y ont bien joué également, en sécurité et à longueur de journée.
Au Caire, nous avions un programme chargé et nous ne voulions pas nous éterniser dans ce capharnaüm. Alors en vrac, voici le programme : course aux visas (ambassades du Soudan et d’Ethiopie), lettre de recommandation (ambassade de Suisse), prolongement de l’autorisation de circuler en Egypte, prolongement de l’assurance véhicule, achat d’un graveur DVD externe... Chaque étape nécessite 1h30 de taxi, beaucoup d’argent et des millions de coups de klaxons dans les oreilles ! Pour les plus résistants d’entre vous, découvrez les détails des formalités administratives dans la rubrique : conseils pratiques.
Sinon, le Caire, c’est aussi : le Musée du Caire, où nous avons particulièrement apprécié la partie dédiée à Toutankhamon, une échappée en bateau sur le Nil et… les Pyramides !

Les Pyramides : LA merveille du monde encore visible.
Au bord de la ville… Pourtant, quand on est sur le site, on se sent en plein désert, très loin de l’anarchie du trafic. Nous avions peur d’être déçus après notre expérience de Petra. Nous avons adoré ! Ces pyramides sont tout simplement hallucinantes et majestueuses. 5000 ans d’histoire sont là devant nous ! Rien n’a bougé…. Ou presque. Le mystère reste, la magie aussi. Laissons les chameliers à leurs chameaux et admirons l’œuvre. Nous avons marché dans ce site, les yeux levés, ronds et ébahis.
Il faut dire que depuis notre entrée en Egypte, Véro fait la lecture chaque soir aux enfants d’un chapitre de « Sous le sable d’Egypte », un livre proposé aux écoliers de 5ème année en Suisse, racontant l’histoire comme un roman. Nous avons ainsi plongé dans l’univers de l’Egypte antique avec autant d’émerveillement que nous l’avions fait dans la mer rouge, quelques jours auparavant… En outre, les DVD de National Geographic sur le Mystère des pyramides et un autre sur Les trésors des pharaons nous ont permis d’apprécier différemment les monuments, les lieux, etc. Nous mesurons pleinement la chance que nous avons, ainsi que les enfants, d’aborder un sujet principal de l’histoire, traité d’habitude à l’école, directement sur place, au cœur des monuments et des sites dont nous avons tant entendu parler et vu d’images… Adultes et enfants sont comblés.

La route du désert : la douceur d'un dessert
Après la pollution, le bruit, la pression et l’oppression vécue au Caire, la route des déserts nous a apporté un immense réconfort. D’une part, les routes sont de très bonne qualité, mais elles sont très variées. Nous avons traversé le désert noir qui doit sa couleur aux pierres volcaniques qui recouvrent la surface du sable. Puis Cristal Mountain, une colline couverte de quartz, malheureusement piétiné par les milliers de personnes pressées d’emporter un morceau.

Ensuite, nous avons vu le désert blanc qui, outre sa couleur due à la craie et non à la neige, réserve de belles surprises : le sol sonne creux, les étendues de craie donne des allures d’arctique à certaines parties du désert, tandis que l’érosion accomplit, ici aussi, un travail incroyable et crée des monuments naturels étonnants. Nous y avons dormi deux nuits et marché quelques heures, afin de goûter au silence et à la tranquillité du lieu. Enfin, nous avons récolté un peu de poudre de craie, qui accélère la coagulation du sang et la cicatrisation des plaies.

Le spectacle « Son et lumières » des pyramides. Le routard nous parle d’un spectacle inoubliable… Nous confirmons. Nous n’oublierons jamais ce spectacle qui nous a ennuyé à mourir ! Nous avions en revanche choisi de le voir gratuitement depuis la terrasse d’un restaurant et là, franchement, nous ne regrettons pas d’avoir économisé le prix des billets.
Arnaques
Nous en avons subies et nous avons réagi, systématiquement. Voici quelques exemples :
1. Le restaurant avec vue sur le spectacle « Son et lumières ». Nous négocions le prix avant de nous installer. Une fois à table, nous recevons nos 3 assiettes de viande grillée, mais aucune salade de légumes grillés. Nous réclamons. Le « vendeur » mécontent nous fait apporter alors 3 assiettes contenant chacune : un quart de carotte, un quart d’aubergine et une demi courgette, toutes non pelées, non lavées et posées 5 minutes sur un grill. Nous ne les mangeons pas, mais, au moment de partir, les proposons à notre vendeur. Devant sa mine dégoûtée et son refus de manger ces crudités « grillées », nous lui expliquons que nous n’en avions pas envie non plus. Nous payons donc la moitié du prix convenu puis partons, sans aucun ennui et en provoquant l’hilarité des serveurs du resto !
2. Les oeufs à l'épicerie. A côté du camping du Caire, nous achetons une dizaine d’œufs. Prix payé : 25 pounds. En quittant l’épicerie, nous avions la certitude de nous être fait escroqués. Vérification faite le lendemain auprès du chauffeur local, nous apprenons que 10 œufs coûtent maximum 5 pounds. Le soir, nous retournons dans l’épicerie de la veille et prenons 3 bouteilles de Coca. Les commerçants nous demandent 15 pounds. Nous leur annonçons que nous les avons déjà payés la veille, avec le prix des œufs ! Ils protestent. Pas longtemps, face à notre détermination. Nous partons avec nos bouteilles et l’honneur sauf. Nous avons ensuite effectué nos achats sans problèmes dans cette épicerie tout au long de notre séjour au Caire.
3. Dahab, petite gargotte. Nous prévoyons de manger des falafels. Le prix annoncé nous semble déraisonnable : 15 pounds. Nous quittons les lieux, sans discuter. L’homme nous court après : ok pour 5 pounds. Nous refusons. Nous mangeons juste à côté, pour 1 pound ! C’étaient les meilleurs falafels de notre vie, parce qu’ils avaient le goût du respect... qu'aucune épice ne peut égaler.
Racolages. Nous expérimentons plusieurs méthodes pour nous défaire des sempiternels racoleurs et vendeurs de bêtises. Voici quelques approches et jeux que nous avons essayés :
- La sourde-muette : Loane a fait mine d’être sourde et nous a parlé en langue des signes lorsqu’un homme a voulu lui vendre des colliers. Bon réflexe du vendeur qui s’est mis à sa hauteur et l’a regardée dans les yeux pour lui parler lentement et distinctement, en appuyant ses mots par des gestes pour se faire bien comprendre. Ludique, mais pas très efficace finalement.
- Acheteur-vendeur : Max a montré un bracelet qu’il avait confectionné lui-même (voir ci-dessous) à un vendeur qui insistait pour lui vendre une statuette. Lorsque le vendeur a pris le bracelet pour l’observer, Max a demandé : « ten pounds ». L’homme a rendu le bracelet et s’en est allé. Drôle, efficace, mais peut-être pas toujours très respectueux. On ne l’utilise que pour les plus collants ou importuns.
- Le silence et l’ignorance. Efficace à la longue, mais pas très drôle.
- Le sourire niais. Efficace, pas beaucoup plus drôle.
- Le oui absolu. A ceux qui posent plein de questions, répondre oui, à toutes les questions. Reposant.
- Le « you know how much ?». A ceux qui veulent le faire grimper sur leur chameau, cheval, âne, ou n’importe quel animal en demandant : « you know how much ? », Thierry répond avec un grand sourire et en montrant ses jambes : « you know how much ? ». Radical. Pas très ludique.
Les méthodes qu’on n’a pas osées
- Le merci à l’emporter. A celui qui nous file l’objet de force dans les mains : le remercier spontanément et l’embrasser, puis montrer le cadeau qu’on vient de recevoir aux badauds pour expliquer comment cet homme est généreux. Tentant.
- C’est toi qui l’a dit. A celui qui nous dit : « everything 3 euros » : lui donner 3 euros et lui demander ses chaussures. Remercier et s’en aller avec les chaussures. A tester un jour…
Au fil de nos expériences, nous apprenons à moins nous énerver, mais à ne jamais céder. Soit nous quittons les lieux, soit nous exprimons notre refus et insistons pour obtenir ce que nous voulons. En agissant de la sorte, nous nous sentons toujours en accord avec nous-mêmes. Nous avons rencontré plusieurs voyageurs écoeurés par l’Egypte à force de s’être fait plumés. C’est vrai que la saveur amère que laisse une entourloupe peut rapidement nous dégoûter et nous rendre littéralement malade.
En ce qui nous concerne, nous pensons que nous avons le choix de nous laisser faire ou de nous faire entendre… Certes, ce n’est pas toujours aisé et vraiment pas confortable, mais sur la durée, nous sommes fiers de nous et nous digérons aisément ce que nous mangeons et achetons !
Etat des troupes
Comme vous le voyez, nous allons très bien. Nous nous amusons beaucoup. Les enfants dessinent à longueur de journée et leurs dessins sont absolument magiques et lumineux, comme le sont leurs sourires et leurs regards depuis quelque temps. C’est fantastique de les voir évoluer ainsi. Ils se sont lancés aussi avec nous dans la confection de bracelets bédouins. Ils en offrent à chaque commerçant qu’ils estiment honnête. Ils en gardent d’autres avec l’intention de les vendre ou d’en offrir.

Pour terminer, Sixenroute en quelques chiffres
13 semaines depuis notre départ…
10 mois de vie nomade…
12 mois depuis la signature de la promesse de vente de la maison…
13 mois de scolarisation des enfants par nos soins… Tout se passe très bien et les progrès sont fascinants. C’est une expérience magnifique et très gratifiante. Seul l’anglais fait l’objet d’une résistance collective de la classe, mais les enseignants tiennent leur cap et leur position !
14 pays traversés…
2'273 photos…
2'500 visites par mois sur notre site...
12'000 km parcourus…
1 visite médicale depuis le départ…
1 seul camping depuis Venise, celui du Caire
… et déjà des centaines de souvenirs dans nos têtes et nos cœurs !
A suivre…
Nous sommes actuellement à Louxor. Nous avons jusqu’au 17 février pour rejoindre la frontière du Soudan, que nous traverserons pour nous rendre en Ethiopie avant de poursuivre notre route jusqu’en Afrique du Sud.
Mises à jour :
Nos images : découvrez notre dernier album « Jan.2009-Egypte »
La carte: retrouvez notre itinéraire dans les grandes lignes et quelques points de repères, situés exactement où nous nous sommes arrêtés.
Rencontres : Misou, Shanti et Gigi
Véro: son voyage…
Thierry: son voyage et quelques dédicaces
Max : écoutez son récit
Loane : écoutez son récit
Sam et Zoé : écoutez leur récit
Infos pratiques : voyager en camping car en Egypte, les trucs faciles et moins faciles