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"Bracelets du tour du Monde"
14 octobre 2009 : Premiers tours de roue en Inde
Après cinq semaines passées à Mumbai dans l’attente de Casita, nous avons finalement récupéré notre maison roulante et repris la route, à la découverte d’une Inde qui ne cesse de nous surprendre et de nous enthousiasmer. Retrouvez ci-dessous le récit de nos aventures.
Mumbai : tout en douceur
Nous l’avions fait remarquer lors de notre dernière mise à jour, les mises en gardes reçues avant de venir en Inde étaient nombreuses. En schématisant, il y avait deux grands courants de pensées :
a. c’est effroyable, la saleté, la misère, la puanteur. Vous serez choqués, c’est sûr !
b. c’est phénoménal, l’énergie, l’ambiance, le style de vie, la spiritualité. Vous serez envoûtés, c’est sûr !
Au final, nous évoluons entre ces deux mouvements, naturellement et sans grand choc ! La ville de Mumbai se laisse apprivoiser aisément et offre plusieurs petites merveilles. Nous avons par exemple apprécié nous promener dans les jardins suspendus, qui offrent une vue magnifique sur la ville et la baie ouest. Nos pas nous ont ensuite conduit le long de Malabar Hill, où se trouvent les maisons plus luxueuses et les familles plus aisées. Au milieu de ce quartier, se cache une sorte de petit village de tôles ondulées et de constructions misérables. Les plus pauvres y vivent, autour d’un grand bassin sacré dans lequel nagent quelques tortues et poissons, que cannes et pigeons regardent avec indifférence.

Le mois de septembre, comme probablement ceux qui le précèdent et le suivent, est le mois des fêtes. Nous avons donc pu assister à divers cortèges, bals et autres cérémonies religieuses dans les temples, rythmés par le son des cloches vigoureusement secouées pendant des heures. Nous avons beaucoup ri en découvrant au coin d’une rue, une statue de divinité pudiquement dissimulée derrière un sari, pendant que les habitants du quartier s’affairaient à la vêtir. Une fois le travail achevé et le voile levé, nous avons découvert la statue magnifiquement parée et vêtue. Nous imaginions à quoi pourraient ressembler nos églises, si nous offrions à Jésus pareille attention et bienveillance…

Quant aux bals, nous avons contemplé longuement les chorégraphies improvisées mais apparemment rôdées des hommes et femmes somptueusement habillés, dansant au rythme des percussions et au sons des voix, souvent criardes. Les étoffes des saris et des tuniques se mélangent et se croisent, formant une sorte de kaléidoscope humain. Féerique.

Nous avons assisté également à une merveille logistique : la distribution de 200'00 repas chauds, qui se déroule chaque jour à 11h30 précises devant la gare . Les repas sont collectés dans les familles et acheminés sur les places de travail, pour permettre à chacun de manger sainement et en accord avec sa religion. Tout cela se passe dans le calme et la sérénité. Impressionnant.

Le quartier de Colaba, où se trouve notre hôtel, nous a, quant à lui, offert son lot de rencontres familières, de repères et de bonnes affaires. Nous avons assisté un jour au tournage d’un clip video sur le boulevard qui longe la mer. Au milieu de la circulation et dans un bruit de klaxon étourdissant, la cacophonie était magistrale. Ici, la chorégraphie semblait avoir été inventée à la dernière minutes et les quelque trente danseuses couvertes de brillants et de mille couleurs peinaient à assimiler les enchaînements.

Non loin de l’hôtel, nous avons déniché un petit paradis. Theobroma. Une chocolaterie - pâtisserie ! Nous nous sommes régalés, à plusieurs reprises, de brownies, de tranches de gâteaux ou de mousseux au chocolat ou au citron plus succulents les uns que les autres. Opium, Lemon Mountain, Chocolate Mousse Cake… A six, nous prenions six tranches différentes et dégustions 2 cuillères de chaque nouvelle trouvaille. C’est fou soudain comme le temps passe vite en attendant Casita dans ce type d’endroit !
Anniversaire de Sam
Le Theobroma fut l’endroit rêvé pour offrir à Sam un gâteau d’anniversaire hors catégorie. Nous n’avions en revanche pas encore récupéré Casita, dans laquelle se cachaient les cadeaux… Tant mieux ! Cela nous a permis de fêter une seconde fois les neuf ans de Sam autour de tranches de Brownies et autres friandises judicieusement sélectionnées…

Jours fériés : quand 3 jours deviennent 10 jours…
Si les jours fériés sont synonymes de fêtes et de réjouissance, ils deviennent un véritable calvaire lorsqu’on souhaite faire avancer un processus administratif, déjà lent en temps normal. Trois jours ont été nécessaires pour récupérer Casita. Mais ces trois jours se sont étalés sur dix jours, en raison des week-ends et autres festivités.
Hôtel Prosser’s : notre résidence secondaire
Nous avons séjourné et patienté à l’hôtel Prosser’s. Relevons tout de suite la gentillesse du personnel et sa disponibilité. Mentionnons le charisme et le courage de ce népalais qui y travaille douze mois consécutifs avant de s’accorder 2 mois de vacances auprès de sa famille au Népal, où il retrouve sa femme et ses deux enfants de 6 et 9 ans. Remarquons la relative propreté des sanitaires communs. Rappelons-nous enfin, des piqûres, par dizaines, puis par centaines, dont nos bras, jambes, cous, fesses, pieds, mains, doigts et nuques ont été les victimes chaque nuit, dès la deuxième semaine. Enfouis jusqu’au crâne dans nos sacs de couchage, parfois même la tête recouverte d’un capuchon pour les porteurs d’un sang particulièrement succulent pour la vermine, nous avons lutté contre un ennemi invisible. Jamais, nous n’avons trouvé la source de ces piqûres. Puces ? Araignées ? Moustiques ou mouches silencieuses ? Tout ce que nous savons, c’est que ça nous a gratté… Et Casita, nous a beaucoup manqué !!

Récupération de Casita : tout est dans le rythme…
Vous vous souvenez du rythme soutenu de nos dernières journées en Afrique du Sud ? Voici celui adopté en Inde :
Samedi 26 septembre : le container est déchargé. La douane est fermée pour le week-end.
Dimanche 27 : Douane fermée pour le week-end on a dit !
Lundi 28 : Douane fermée. C’est férié.
Mardi 29 : 14h. SMS. « Demain rendez-vous à la douane pour l’examination du chargement »
Mercredi 30 : « Bon anniversaire Sam. A tout à l’heure ». 9h30, Loane et Thierry quittent l’hôtel, escorté par un charmant hindou qui parle hindi, direction l’embarcadère des navettes qui traversent la baie de Mumbai. A priori l’idée est bonne, puisque la mer est bien moins encombrée que la route… Mais la dernière navette a quitté l’embarcadère à 9h30 ! Direction, le bus, puis le taxi, pour attraper une autre navette qui quitte Mumbai un peu plus haut dans la ville. Départ à 11h. Arrivée à 12h30. 30 minutes de palabres pour obtenir l’autorisation de transiter par le port marchand (cette navette nous a en effet déposé là où nous n’avions pas le droit d’aller…). Re-Bus, puis rickshaw (taxi à trois roues mieux connus sous le nom de Tuk-Tuk). Arrivée au bureau à 13h. Le bureau est vide. On s’installe. 14h. Le bureau est vide. 15 h. Le bureau est vide. Nos estomacs aussi. 16h. Le bureau est vide. La pile de journaux aussi. 17 h. Le bureau est vide. « A quelle heure ça ferme ? »
- Normalement 18h.
17h30. Le bureau est vide. Le regard de Loane aussi.
17h56. Tiens, voilà quelqu’un ! Notre agent présente notre carnet de passage en douane et le passeport de Thierry. Puis, souriant et satisfait annonce que tout est ok. Devant le regard interrogatif (voir agressif) de Thierry, il précise : « demain, nous pourrons faire l’inspection, les papiers ont été accepté. Mais il faudra venir tôt. Il n’y a qu’un seul officier des douanes et il est un peu surchargé ». Ca, on l’avait remarqué !
22h30 : Bon anniversaire Sam… Sam est très déçu de ne pas nous avoir eu à ses côtés le jour de son anniversaire. Nous avons fait de notre mieux pourtant...

Jeudi 1er octobre : Thierry et Loane quittent l’hôtel à 9h, pour prendre la navette de 9h30 cette fois. Arrivée au bureau des douanes à 10h15. 11h. Personne. 12h. Personne. 13h. Si on allait manger ? 13h15. Repas terminé et personne dans le bureau. Transfert au dépôt des containers. 14h. Déjà 45 minutes que nous sommes là, mais personne pour examiner notre container. 15h. Personne. 15h30. On peut aller au container. Génial ! Ca veut dire au moins que notre container est là. 15h35. Il est où exactement ?! Nous sommes dans un immense dépôt où les containers sont empilés en attendant que l’officier des douanes procède à son inspection. 15h45. On est au bout du dépôt, non ? 15h50. Il faut faire demi-tour, on a du le rater. 16h. Il fait les inspections jusqu’à quelle heure l’officier ? 16h05. Là ! Derrière la pile, c’est le toit de Casita. On casse le scellé. On entre dans le container. La fenêtre arrière est fermée. Thierry fait le tour par l’extérieur. Toutes les fenêtres sont intactes et fermées. Il n’y a eu aucune effraction. 16h10. Vous n’avez pas du dégrippant ?! J’arrive pas à ouvrir le cadenas… 16h20. Il faut scier le cadenas. 16h30. Voilà une lame de scie. On se passera de la scie. 16h45. Heureusement que l’officier est lent… 16h55. Il viendra, vous êtes sûrs ? 17h00. Loane entre dans Casita par le fenêtre de côté et va ouvrir la fenêtre arrière pour Thierry. 17h02. Coucou ! Ca pue le poisson, là-dedans ! On regardera ça après, pour le moment, il faut ouvrir le capot, l’officier ne devrait plus tarder. Il veut voir le numéro de châssis et de moteur.17h20. Personne. Casita, la bouche bée, attend l’inspection douanière. 17h30. Personne. 17h50. Personne. 17h56. Il viendra votre officier des douanes ? 18h10. Notre agent arrive. Seul. Il faut prendre une photo de la plaque dans le capot, avec les numéros de châssis et de moteur. L’officier s’en contentera. 18h11. Les photos sont prises. L’inspection est terminée. J’hallucine…
Deux jours, pour une photo avec un téléphone jetable ! Pour le coup, je vais en faire une dans mon téléphone et la garderai précieusement pour les prochaines fois… On ne sait jamais !
18h05. On ferme le capot. Thierry sort par l’arrière. « C’est quoi cette odeur ? C’est infecte ! » Loane ferme la fenêtre arrière et ressort par celle du haut. Nous n’avons plus de cadenas… Tant pis, on referme avec les bâches, demain de toutes façons on pourra sortir de là… Comment ça non ? Encore un jour férié ?
Vendredi 2 octobre : Anniversaire de Gandhi. Douane fermée. Il y a des jours où je déteste tout le monde, même les hommes les plus illustres et non violents… Heureusement la ville reste gaie et colorée...

Samedi 3 octobre : Ben, c’est le week-end. Il pleut des cordes. Espérons que celles qui tiennent la bâche résistent… Puis, le soleil brille sur la vill et les saris...

Dimanche 4 octobre : C’est le week-end, on vous dit ! Alors on a profité de se ballader, de prendre des photos et de se faire prendre en photo.

Lundi 5 octobre : 14h. Départ pour la gare pour Loane et Thierry. Il pleut, les navettes ne naviguent pas. Au programme, récupérer Casita ! 15h. « Les trains Indiens sont toujours à l’heure. Le nôtre partira à 15h15 » C’est malin de dire ça à un Suisse ! Notre escorteur est très fier. 15h40. Le quai est plein. Les voies sont vides. 15h48. Le train est plein. Le quai, l’est encore… 15h51. Premier arrêt. (Pour alléger le récit, nous nous contenterons de préciser les heures d’arrêt du train…) 15h54. 15h57. 16h04. 16h06. 16h21. 16h23. 16h25. 16h29. 16h36. 16h40. 16h45. 16h52. 16h54. 17h10 (ouah !) 17h23. Terminus ! 17h23 !! Et maintenant, comment on fait pour sortir Casita à l’heure ? « Le dépôt travaille toute la nuit, pas de soucis… » 17h30 : premier taxi. 18h20. Notre agent nous attend à la sortie du taxi pour nous emmener au dépôt. 18h35. Nouveauté. On a une piscine sur le toit de Casita ! 18h50, les bâches sont enlevées. 19h15. Thierry est détrempé. Il vient de ramper sous le véhicule pour le détacher. Il pleut des seaux d’eau. 19h20. On commence la manœuvre pour sortir du container.19h30. Casita est LIBRE !!!! Elle pue le poisson, mais elle roule. Coup de téléphone à Véro pour la rassurer. 20h30. On attend l’autorisation de sortir du dépôt. 21h30. On attend toujours l’autorisation de sortir du dépôt. 22h. Il faut remettre les bâches nous-mêmes sur le container. 22h30. Il faut payer un supplément pour les machines louées pour élargir la sortie du container. 23h. Les négociations se poursuivent. 23h40. Ca y est. On est dehors. Il reste à regonfler les pneus, faire le plein. 2h45. Pffffffft. N ! Je viens de crever un pneu. 2h46. Je parque devant l’hôtel. Pour le pneu crevé, on verra demain. Ou plutôt, tout à l’heure !
Casita : état des lieux.
Une malle alu de la gallerie a été arrachée, ce qui a cassé une partie de la gallerie. La porte de la cellule ne s’ouvre pas : grippée. Idem pour tous les cadenas. Le pneu arrière est détruit. Il faut en acheter un neuf. L’odeur de poisson est persistante…
Tout le monde se met au travail. Thierry sur la gallerie, pour réinstaller les panneaux solaires, réparer les dégâts et attacher le matériel, puis à l’intérieur, pour installer 4 ventilateurs. Véro s’occupe de défaire les sacs, ranger les vêtements, retrouver les affaires bien cachées et donner un petit coup de ménage avec l’aide des enfants. Un cri. « THIERRY ! Je peux pas… » Véro vient d’ouvrir le frigo avec l’intention d’y passer un coup de patte. Nous avions laissé des œufs dans le frigo( maintenu ouvert pour éviter les odeurs), dans des boîtes en plastique, bien étanches. Les œufs, ça se garde, avait-on pensé… Il y avait des vers dans tout le frigo. Ca grouillait de partout. Ca sortait des boîtes en plastiques. Les oeufs étaient décomposés et liquides. Quant à l’odeur de poisson, elle venait de révéler sa source… Véro, debout dehors, encore tremblante : « si ça ne tenait qu’à moi, je prendrais le frigo et le jetterais tel quel ! »
Premiers jours à la maison : quel pied !
Nous avons immédiatement eu du plaisir à dormir dans nos lits douillets et dans nos draps sans vermine. Nous sommes très surpris par l’attitude des gens. Leur curiosité est tempérée d’un grand respect. Il y a peu de monde autour du véhicule et personne ne nous oppresse. Un opportuniste tente d’encaisser 2 dollars de l’heure pour le parking, tandis qu’un policier nous demande en riant si l’on n’a pas un petit cadeau pour lui. Devant nos mines souriantes et nos regards fermes, tous deux renonceront sans insister. La galerie de Casita se transforme même en terrasse, le temps d’une soirée passée en compagnie d’un couple français et d’un voyageur suisse accompagné d’un chilien. Nous refaisons le monde en leur compagnie, partageons nos impressions sur ce pays et échangeons nos coordonnées. Nous voilà munis d’une bonne adresse à Santiago du Chili, chez Alfredo. C’est certain, nous le contacterons dès que nous serons là-bas.
Reprise de la route : un nouveau défi
Conduire en Inde est un sport aussi fou que celui de se lancer d’une falaise avec un parachute. Nous avons donc fait le nécessaire pour trouver une carte pour notre GPS (ce qui nous rassure) et quitter la ville au petit matin, avant les embouteillages. C’est donc tout en douceur, au son de la voix du GPS que nous sommes sortis de Mumbai avec le lever du soleil. En fait, en termes de conduite, l’attitude des Indiens est de faire leur chemin, en annonçant à grands coups de klaxons leur intention. Tout autour, les autres véhicules s’adaptent et font leur chemin de la même manière… L’état des routes rappelle celles d’Afrique, couvertes de nid de poules. En revanche, les animaux sont relativement peu nombreux dans cette région et seules quelques vaches partagent la route avec les camions et autres rickshaws.

Quelques kilomètres après la sortie de la ville, une vingtaine d’hommes alignés et accroupis le long de la chaussée ne s’étonnent guère de notre passage. Nous essayons d’en faire autant sur leurs fesses à l’air.
Après 200 kilomètres de route, Véro trouve une station munie d’une pancarte GPL. On vérifie. C’est oui ! Nous pouvons remplir notre réservoir de gas. Nous voilà avec 30 litres de GPL, de quoi tenir 3 à 5 mois. C’est parfait ! Nous trouvons de l’eau sans peine pour remplir nos réserves. Les bivouacs sont simples. Nous nous arrêtons devant des hôtels-restaurants, prenons notre repas à l’intérieur et dormons sur le parking.
La route est très belle et nous conduit à travers des forêts verdoyantes, des plaines couleur gazon anglais et des rizières. Nous longeons et traversons de nombreuses rivières, au bord desquelles il fait bon s’arrêter et s’imprégner de la tranquillité et de l’indolence Indienne. Les paysages sont splendides et la douce chaleur humide qui les enveloppe apporte détente et bien-être immédiat.

Réflexions familiales : les maux de la faim
La mendicité nous interpelle. En particulier, celle des enfants, qui visiblement ont faim et dorment dehors. Quelle attitude avoir ? Que faire ? Comment réagir face à cet enfant, qui non content de la portion de riz que nous lui avons donnée a réclamé du lait pour son frère, qu’il tenait dans ses bras. Lait que nous n’avions pas, évidemment. La première réponse qui nous vient à l’esprit est celle de l’humilité. Il nous faudra oublier notre besoin de reconnaissance et nos attentes de merci. Ici, on donne pour donner. Ce qu’on peut donner. Ca ne sera jamais assez. Mais ce sera déjà quelque chose. Ne pas oublier qu’on ne donne pas pour se faire plaisir, encore moins pour redorer son image de soi ou réduire sa culpabilité face à la misère d’autrui. On ne donne pas par pitié non plus. Les mendiants n’en veulent pas. Alors quand donner ? A qui donner ? Quoi donner ? Nous faisons notre chemin…
Les rencontres de la population : un régal
Parmi les mises en garde que nous avions reçues, il y avait la répétitive : « Oh là là, le monde, vous verrez. Vous ne serez jamais tranquilles, c’est épuisant. » Peut-être ne sommes-nous pas dans les régions ainsi décrites ? Peut-être sommes-nous vaccinés contre le sentiment d’intrusion ? Peut-être que nos expériences de la Jordanie, où chaque minute écoulée connaissait sa dizaine de visiteurs, de la Syrie, où les enfants nous importunaient en frappant aux fenêtres, de l’Egypte, où les gens tentaient par tous les moyens de regarder à l’intérieur ou d’entrer, sans ne rien demander, ou enfin de l’Ethiopie, où chaque arrêt provoquait un attroupement de dizaines de personnes qui s’agglutinaient devant la porte comme des abeilles autour de leur reine, nous permettent-elles de vivre différemment la présence de monde autour de notre véhicule. Peut-être. Mais, il nous semble que c’est l’attitude des gens qui est différente ici.

Les gens nous approchent paisiblement. Ils demandent parfois à jeter un oeil à l’intérieur. Il leur arrive de demander une visite plus approfondie. Mais, jamais ils ne s’installent ni ne s’incrustent. Jamais leurs questions ne sont gênantes ou déplacées. Jamais leur présence ne nous importune. Parce qu’ils sont aimables, souriants, polis et attentifs à ne pas déranger. Quelqu’un nous avait dit qu’ils n’avaient pas le sens de l’intimité. Jusqu’ici, nous ne pouvons pas le confirmer. Ce n’est pas parce qu’ils utilisent parfois la rue en guise de toilettes (rappelons juste que dans ces endroits, il n’y a pas de toilettes tout simplement !) qu’ils sont sans gêne.
Cela a d’ailleurs fait dire à Véro avec beaucoup de tendresse et autant d’humour : « Finalement, ils bouffent avec les doigts, ils crachent à longueur de journée et ils caquent partout, mais ils ont une certaine bienséance qui est vachement agréable ! » C’est vrai…

Clin d’oeil.
Nous retrouvons en Inde quelque chose que nous n’avions plus vu depuis notre départ : des couples amoureux, se promenant main dans la main, venant admirer un coucher de soleil ou profiter d’instants de tendresse au bord de l’océan. En ville, comme à Goa, jeunes et moins jeunes se laissent porter par leurs sentiments et la légèreté de l’amour. Ces scènes nous étaient devenues étrangères. En terre musulmane, les femmes sont absentes à l’extérieur. En terre africaine, nous avons vu des groupes d’hommes et des groupes de femmes, mais pas de couples. C’est drôle de constater que cela ne nous avait pas frappé avant de retrouver ici câlins et regards complices entre hommes et femmes. C’est alors que nous avons réalisé combien tout cela avait été inexistant cette dernière année autour de nous…
Arambole : première escale dans l’état de Goa
Nous venons d’arriver dans l’état de Goa où nous bivouaquons sur de magnifiques plages bordées de cocotiers. La mer est chaude, tout en restant rafraîchissante. Nous sommes en face de Tiwi Beach au Kenya, de l’autre côté de l’océan. Les paysages se ressemblent un peu ; ici par contre, le coucher de soleil est sur l’océan.
Les enfants ont très bien repris l’école, avec une cour de récréation paradisiaque. Ils jouent des heures dans les vagues et adorent Goa. « Les rues sont jolies et il y a plein d’habits très sympas » a dit Zoé. Il souffle ici un vent de liberté absolue. Chacun fait ce qui lui plaît, comme il l’entend. Du coup, les tenues vestimentaires sont aussi libres que les gens. On trouve quelques hippies de la grande époque et des vacanciers de longue durée.

Les rencontres sont simples et les questions aussi. Notre installation sur la plage est parfaitement normale. Notre voyage aussi.
A titre d’exemple, nous avons assisté un matin à la pêche collective. Une cinquantaine d’hommes et de femmes oeuvraient à quelques mètres de Casita. Pendant que les hommes ramaient et rabattaient leurs filets, les femmes sont restées assises à les regarder travailler, tournant le dos à notre demeure. Un homme est venu à notre rencontre : « vous n’auriez pas un sachet plastique pour que je puisse mettre mon poisson ? » Nous avons le souvenir de scènes similaires ailleurs, où la foule ainsi réunie, se préoccupait bien davantage de notre petite vie que de son quotidien.

A suivre
Même si nous pensons déjà un peu à la Chine et aux démarches à faire, en nous réjouissant d’être peut-être accompagné de deux familles dans ce périple (surprise !), nous comptons bien prendre le temps et profiter de l’hiver au chaud et au soleil.


20 septembre 2009 : Un mois de vie nomade à pied.
Depuis la dernière semaine d’août, nous voyageons à pied, sacs au dos. D’appartements en hôtel, de Durban à Mumbai (Bombay), en passant par Dubai, nous avons vécu un mois hors du temps, sans école, sans bivouac à chercher, sans repas à cuisiner, sans aucune question à se poser pour notre sécurité. Un mois de vacances bien méritées après un mois d’août éreintant. Découvrez ci-dessous nos impressions des Emirats arabes et nos premières sensations en Inde.
Derniers jours en Afrique
Afin de reconnaître facilement nos sacs à dos sur les rouleaux de l’aéroport, Véro a proposé de faire des points de couleur sur chacun. Avec l’accord de Thierry, sceptique mais pas réfractaire, elle s’est attelée à la tâche. Une demi-heure plus tard, elle annonce à Thierry : « Je me suis un peu lâchée, si jamais… » Les sacs sont couverts de points multicolores. « Comme ça on les reconnaîtra aussi sur le dos d’un éventuel voleur ! » tente-t-elle d’expliquer pour désamorcer les reproches de Thierry. Pas de problème, nous voici transformés en coccinelles…
C’est ainsi équipés, que nous avons donc pris possession de notre premier appartement au Natalia Resort, où nous campions depuis un mois au sud de Durban. Une semaine plus tard, nous chargeons nos sacs sur nos épaules pour déménager 500 mètres plus loin, le temps d’un week-end, le Natalia étant complet. Nous arrivons dans un appartement luxueux d’un complexe résidentiel. Le règlement y est digne de celui de nos copropriétés suisses.
Il est interdit de :
- pendre son linge aux fenêtres ou aux barrières : amende 50 dollars
- faire du vélo ou de la trottinette : amende 50 dollars
- manger ou boire vers la piscine : amende 60 dollars
- mettre de la musique à l’extérieur : 50 dollars
- causer des dérangements aux voisins à toute heure : 50 dollars
- après 21h30 : 100 dollars
- etc.
Génial. Nous sommes restés deux jours emprisonnés dans l’appartement, en silence, en surveillant le volume de la télévision chaque fois que nous regardions 4 épisodes consécutifs de la petite maison dans la prairie en famille !
Retour au Natalia pour une dernière nuit. Denis, de la Tortue Sélène (famille française voyageant depuis plus de 2 ans autour du monde en camping car), nous a envoyé un mail de Dubai, nous confirmant deux choses : 1. Les Sélénites nous véhiculeront avec plaisir de Abu Dhabi à Dubai 2. Il est absolument interdit de boire et manger en public du lever au coucher du soleil.
Argh ! Ce sera rude ! Mais alors, dans l’avion ???!!! Nous volons avec Etihad, une compagnie arabe ! Nos 9 heures de vol se transforment en réel cauchemar dans nos esprits déjà affamés…
A Jo’Burg, nous profitons de nos deux heures d’escale pour nous remplir la panse à l’excès. Heureusement que l’on transporte 10 kilos de livres et de jeux. Ca nous permettra de tenir le coup dans l’avion.
Une fois à bord de l’avion, on se détend. Chaque siège est équipé d’un écran qui permet de créer son programme multimedia : musique, caméra embarquée, films et jeux sont disponibles. Nos faisons notre première sélection. L’avion décolle. Une demi-heure plus tard, notre film est interrompu… Les hôtesses servent les repas ! C’est malin ! Le premier film terminé, nous en sélectionnons chacun un second. Max et Sam préfèrent les jeux.
Ding ! Attachez vos ceintures. L’avion amorce sa descente vers Abu Dhabi… Mais…. On n’a pas fini le 4ème film !! C’est trop court ! On se regarde. Nous n’avons pas vu passer le temps...
Emirats arabes : CHAUD !
A peine sorti de l’avion, nous prenons conscience du climat local : 36° à 45°C et 100% d’humidité. Dès qu’on quitte un intérieur climatisé, on entre dans une moiteur accablante, une sorte de sauna gratuit. Le choc thermique est violent. Nous avons quitté le pays de la trop peur, pour entrer dans celui de la torpeur !
Nous profiterons pleinement de nos appartements climatisés… dans lesquels nous passerons l’essentiel de notre temps.
Emirats arabes : Ramadan, entre Loi et hypocrisie
C’est confirmé, ici, tout le monde doit respecter le Ramadan. Pas de boisson ni de nourriture en lieu public. Avec les 40°C ambiants, c’est une bonne idée ! Notons au passage que la mort quotidienne d’ouvriers déshydratés n’y fait rien changer. La loi, c’est la loi. Et ici, la loi est celle de la religion. Ou presque. En effet, non seulement il est possible parfois de manger dans des restos qui prennent soin de dissimuler leurs tables derrière des paravents ou dans des salles à l’écart des regards, mais le code vestimentaire est inexistant. Les femmes européennes se promènent épaules à l’air, jambes dénudées jusqu’à mi-cuisse et seins à peine dissimulés. Mais, elles ne mangent ni ne boivent à l’extérieur. L’interdiction d’alcool frappe ceux qui la respectent, à savoir ceux qui n’ont pas les moyens financiers de l’enfreindre impunément !
Emirats arabes : Multiculturalité aculturelle
Ce qui frappe et réjouit dans les rues des Emirats arabes, c’est la diversité et de ce que l’on y croise. On trouve des Ferrari à côté des Jaguars, des Maseratti en face des Porsche et au milieu de tout cela, des VW et des Nissan… On rencontre autant d’Emirati que d’asiatiques, indiens, européens ou noirs africains. Il y a autant de femmes que d’hommes dans les rues et dans les Mall. Bref, la mondialisation est là, réelle et ouverte. Et avec elle, l’absence totale de culture. Il y a un manque cruel d’âme, d’histoire, de vie… Les villes sont de gros chantiers en cours, où le nombre de grues dépasse le nombre de tours achevées. Rien n’est fini, mais tout semble déjà vieux, dépassé, usé…

On ne trouve pas de musée, pas de spectacles. On n’entend pas de musique. On ne voit pas de danse. Il y a des vitrines, des marques, des vitrines de marque et des marques en vitrine, mais il n’y a pas de vie. Tout ici vient du monde entier, mais ne viennent ici que les objets et les produits. A titre d’exemple, nous avons voulu visiter le vieux Abu Dhabi. Il s’agit en fait d’une reconstitution d’un mur de pierre circulaire, d’une taille de 1,5 mètre sur 2 mètres, construit il y a deux ans au bout d’une jetée, elle-même construite sur la mer deux ans auparavant !! Le naturel n’a pas sa place ici. L’authentique encore moins.
Dubai : Fou ! Mais pas fou…
Dubai. Le nom recèle toutes les folies du monde. Les rêves les plus absurdes prennent vie dans cette ville moderne où l’argent ne compte pas, parce qu’on ne compte pas l’argent. On s’attend à des trucs de fous. Et puis, on est follement déçu. La tour la plus haute du monde avec ses 860 mètres semble plus petite que la Tour Eiffel. Toute fine sur les deux tiers de sa hauteur, mal éclairée et entourée de grues sur les chantiers voisins, elle n’est pas mise en valeur. Les projets les plus innovants sur papier paraissent tristement banaux une fois réalisés.
En fait, tout ce qui se fait ici est vendu à l’étranger bien avant d’être concrétisé. Les images virtuelles circulent dans le monde entier, alors que le concept est à peine approuvé. On découvre des années à l’avance ce à quoi devrait ressembler telle ou telle tour, telle ou telle avancée sur la mer… Vous avez déjà vu des centaines d’images de « The World », ces îles construites sur la mer et représentant la planisphère. Sur place, ce sont des grues, des tas de gravats, de la poussière et du bruit. Vous avez vu aussi «The Palm ». Jamais vous ne la verrez mieux que sur votre ordinateur. Une fois sur place, on roule dans une grande avenue 4 pistes, avec des immeubles de chaque côté, on passe dans un tunnel et on se trouve devant un hôtel qui abrite un Mall. C’est tout ! Dubai, c’est une image avant-gardiste, davantage triste. New York, Manhattan, même amputée de ses Twins peut rester fière. Elle brille, elle étincelle, elle vit, elle bouge, elle respire, elle se souvient. Las Vegas reste le sommet mondial du kitch. Elle clignote, elle joue, elle danse, elle s’amuse. Dubai, elle imagine, elle rêve, elle copie, elle simule, elle s’ennuie.

Emirats arabes : on a testé…
Ski Dubai. Le principe est débile. C’est débile ! Et c’est absolument GENIAL ! Un Mall. A l’Intérieur, un dôme de 500 mètres climatisé à -4°C, alors qu’il fait 40°C dehors. Des canons à neige. Un télésiège 4 places débrayable. Une station intermédiaire. Un téléski pour la décoration. Une piste de ski digne du « Bleu » à Verbier. Une entrée qui comprend les skis, les chaussures et la combinaison. D’abord, on se sent cruche. Puis, une fois sur le télésiège, on sent le froid du métal et de l’air. Après 5 minutes, on s’y croit. On skie. On enchaîne petits virages et grandes courbes, skis carving au pied, on tente un peu en vain de prendre de la vitesse, mais on s’amuse. Thierry et Max ont ainsi skié ensemble pendant 3 heures, en compagnie de Denis et Océane des Sélénites. Loane, Sam et Zoé, accompagnés de Timothée ont lugé, tandis que Véro et Nanou ont bu un chocolat chaud, derrière la vitre, avec vue sur la piste de ski…

Après le ski… Fondue au St-Moritz ! Ca n’a rien à voir avec la fondue, mais c’est de la fondue ! Ca se mange et on en reprend… Tout ça au coin du feu sur écran plasma, avec l’odeur « chaussettes mouillées » caractéristique des fins de journée de ski… Ca le fait ! Franchement, on a bien ri !

Dubai Mall. Sous la plus haute tour du monde, un Mall gigantesque, interminable. Au milieu du Mall, l’Aquarium. De la dimension d’une salle de gym, il trône au milieu des allées de vitrines et laisse observer une multitude de poissons, parmi lesquels requins, raies, mérous énormes et quelques plongeurs occupés à laver les vitres du bassin…

Dubai Atlantis. Au bout de la célèbre Palme, un hôtel et en son sein, un parc aquatique et un aquarium, dans lequel nage un requin baleine… Ca donne une idée de la taille de l’aquarium !

Dubai plage : eau à 35°C, un bain qui ne raffraîchit pas du tout, mais qui permet de dire qu’on l’a fait…

Abu Dhabi : Grande mosquée Sheikh Zayan. Une immense mosquée d’un blanc immaculé, absolument magnifique et terminée ! Seuls les extérieurs sont encore en chantier. A l’intérieur, on découvre un tapis d’orient, de la taille de trois terrains de foot, entièrement tissé à la main par les femmes iraniennes. Impressionnant !

Abu Dhabi : Emirates Palace. Le portier du palace nous a refoulés à l’entrée lors de notre première tentative de visite, parce que nous portions des tongues non adaptées au code vestimentaire du lieu. Encouragé par Gilles et par les Sélénites qui ont fait la visite, nous avons préparé un sac de chaussures et nous sommes rendus à l’Emirates palace avec les Sélénites. Arrivés sur place, Thierry découvre qu’il a laissé le sac de chaussure à l’appartement. Refoulés à nouveau à l’entrée ! Il paraît qu’il y a une exposition très intéressante sur les trois grands projets urbanistiques de la ville, dont deux musées majeurs…
Abu Dhabi : Alliance française. C’est la première fois que nous visitions une alliance française. A cours de livres en français, nous avons apprécié pouvoir lire quelques journaux et BD et faire quelques achats de livres pour les prochaines semaines.
Emirats Arabes : retrouvailles avec Gilles
Gilles est un ami que nous n’avons pas vu depuis 18 ou 20 ans. Cuisinier de métier, il a fait ses armes chez Ducasse à Paris, avant de s’expatrier à Londres, puis Singapour et enfin Abu Dhabi. Sa femme et lui ont choisi une vie de voyage et d’expatriation. Chaque deux ans environ, ils plient bagage et recommencent à zéro, ailleurs. Nouvel appartement, nouveaux amis, nouvel emploi, nouvelles opportunités et nouvelles découvertes. Au fil des années, la malle qui contenait à leur départ toutes leurs affaires est devenue un meuble parmi les autres. Les objets, les photos et les souvenirs s’accumulent, pays après pays. Avec eux, la difficulté de plus en plus accrue de tout lâcher pour s’en aller, encore et encore à la découverte du monde. Nous admirons leur style de vie et le courage qu’il nécessite. Nous ne pourrions pas tenir ce rythme. Dans notre voyage, le mouvement est continu, il n’y a pas à nous relancer… Dans le leur, il y a évidemment une immersion totale dans la culture et le mode de vie de chaque pays. Ainsi, si Abu Dhabi n’est pas leur lieu de prédilection, ils s’y sentent plutôt bien et y apprécient la dimension familiale et le développement culturel que tente la ville. Ca a été une grande richesse pour nous de pouvoir échanger avec Gilles sur la vie en Asie et dans les Emirats. Ca a été surtout un grand confort et immense bonheur de résider chez lui les quelques jours où nous sommes restés à Abu Dhabi. Nous avons énormément apprécié sa disponibilité et son accueil chaleureux et simple, qui nous a mis immédiatement à l’aise. Nous avions pris pour acquis que l’hospitalité jordanienne resterait inégalable… Gilles, à lui tout seul, nous a largement convaincus du contraire. Encore mille mercis pour tout ! Outre les échanges et discussions, nous nous souviendrons encore longtemps de la visite du Shangri La, le palace dans lequel il travaille, de son buffet extraordinairement sobre et somptueux à la fois et du nouvel hôtel dans lequel nous avons mangé tous ensemble. Nous nous souviendrons aussi du lavabo que nous avons fait tombé dans sa salle de bain, au moment où nous avons voulu laver un vêtement… Enfin, nous regrettons de ne pas avoir rencontré sa fille Sarah et sa femme Laurence, en Suisse toutes les deux au moment de notre passage. Grosses bises à elles deux aussi et au petit bonhomme qui pointera son nez prochainement !

Emirats arabes, 10 jours avec les Sélénites.
Partis de France voilà trois ans, ils ont parcouru l’Amérique du Sud, l’Asie et sont actuellement sur le chemin du retour. Certains les auront peut-être vus à la TV chez Delarue. Nous les avons rencontrés en chair et en os, pour notre plus grand bonheur. Nous avons passé nos 10 jours aux Emirats avec eux. Ils nous ont fait goûter à la vie en camping car aux Emirats en nous offrant les transports de Abu Dhabi à Dubai et retour et nous leur avons offert un aperçu de la vie en appartement de luxe, avec machine à laver le linge, climatisation, piscine sur le toit… Ensemble, nous avons passé des heures à jouer aux cartes et aux Loups garous.

Nous avons également savouré Pastis, anchoiades et autres petits plats succulents que Nanou nous a préparés tout au long de notre séjour. Cette rencontre fut très joyeuse, spontanée, simple, rapide et intense. C’est toujours impressionnant de voir comment les relations se créent rapidement et avec intensité en voyage. Bonne route aux Sélénites et bon courage pour la rentrée en France. Et merci pour tout. C’est sûr, on reste en contact et on profitera de vos tuyaux une fois en Asie.

Emirats arabes : grève de pilotes
Notre vol Abu Dhabi – Mumbai a été annulé, en raison d’une grève des pilotes. Nous l’avons appris sur place, à l’aéroport. Petit moment de flottement. Puis rapidement Etihad a obtenu un arrangement avec Emirates Airlines et nous a transféré sur le vol du lendemain, au départ de Dubai, à 4 h du matin. Efficace. Professionnel. Un véhicule vient nous chercher et nous partons pour une heure et demi de route en direction de Dubai. Le vol sera parfait, le temps de regarder un film… Arrivée à Mumbai à 8 heures, heure locale. Nous venons de faire une vraie nuit blanche. Les enfants tiendront éveillés jusqu’au taxi, où ils s’effondreront comme des mouches sous une pluie de Baygon vert….

Inde. Mumbai (ex Bombay)
18 millions d’habitants, la plus grande, la plus dense et la plus grouillante des villes indiennes… Pourtant… La pollution est peu perceptible et peu dérangeante en fait. De nombreuses voitures roulent au gaz, dont les 80'000 taxis de la ville. Il y a beaucoup de verdure, d’arbres, de parcs. La présence de la mer de chaque côté de la ville lui offre un dégagement et de l’oxygène. L’ambiance qui règne dans la ville nous rappelle celle des villes africaines : bruyante, animée, variée, brassée. Ici tout se mélange : richesse et extrême pauvreté en particulier. Nous pensions avoir un choc en arrivant en Inde. On nous avait averti « ça n’a rien à voir avec rien de ce que vous connaissez », « C’est choquant » « c’est sale et ça pue »… Jusqu’ici, ça ne nous frappe pas tant que ça.

C’est vrai, il y a les klaxons incessants. C’est vrai que notre hôtel n’a pas le même standing qu’à Dubai et que la salle de bain n’est pas dans la chambre. Mais la chambre n’est pas au même prix non plus ! C’est vrai, les mendiants sont souvent amputés d’un ou plusieurs membres. C’est vrai des enfants dorment à même la rue, là où quelques rats passent souvent. Mais pourtant, ce qui se dégage de cette ville, c’est l’ouverture, la vie, le mélange.

Les mendiants réclament à manger plutôt que de l’argent. La circulation est dense et infernale, mais par rapport au Caire, c’est largement supportable. Surtout, les gens sont aimables et serviables. Ils nous renseignent volontiers, avec le sourire et sans ne rien demander en retour. Les gens sont honnêtes et les négociations des prix se font dans la douceur et le respect mutuel. La nourriture est délicieuse, épicée sans excès à notre goût. Végétarienne et saine, elle réserve de belles surprises et découvertes sous des noms bien mystérieux au premier abord. On se sent bien dans cette ville. On y sort le soir, pour aller se restaurer ou faire du shopping. Aucun sentiment de malaise, encore moins d’insécurité. Nous nous sentons libres de nos mouvements, faits et gestes.
Nous profitons donc de notre séjour à Mumbai pour y visiter ce qui s’y visite et pour faire du shopping.

Pour la première fois depuis notre départ, nous nous lâchons et ça fait du bien. Nous avons refait la garde-robe de toute la famille, en profitant des prix bien sûr, mais surtout de la beauté et du confort des tissus et vêtements fabriqués ici.

Nous avons visité la maison dans laquelle Ghandi a vécu ici. Transformée en petit musée, on y trouve des photos retraçant la vie de l’homme et de sa lutte non violente pour la libération de tout un peuple. Emouvant.

Nous avons visité un temple, sans ne rien comprendre pour l’instant aux cultes qui s’y pratiquent, mais en appréciant les chants et le son des cloches.

Nous avons visité le quartier des laveurs. Depuis 136 ans, les cuves de ce quartier accueillent chaque jour tous les vêtements de la ville. Ils sont étiquetés, lavés, rincés et séchés, avant d’être pliés et emballés dans un papier journal, avant d’être ré acheminés vers leur propriétaire. Au retour, c’est propre et comme repassé ! Impressionnant.

Nous levons souvent les yeux sur des bâtiments magnifiques, de style britannique de la fin du XIX et début du XXème Siècle. Ils sont beaux et racontent l’histoire. Nous retrouvons enfin un pays avec des racines, une histoire, une culture. Nous ne savions pas avant d’entreprendre ce voyage, combien ce serait important pour nous en fait, d’être en contact avec ces éléments.

Enfin, dans le Victoria Garden, nous avons apprécié le calme du lieu qui laisse au loin le brouhaha de la circulation et dans lequel un zoo à l’abandon permet d’apercevoir encore quelques éléphants d’Asie et autres oiseaux principalement.
Inde : questions ouvertes
Nous ne sommes qu’aux prémices de nos découvertes de ce pays et sous-continent et plusieurs aspects restent occultes à nos yeux. Le premier est le dodelinement de la tête des indiens. Tantôt ça semble vouloir dire « oui », tantôt « peut-être » et parfois « non ». Nous pensons souvent à Gilles qui nous avait décrit ce mouvement avant de quitter Abu Dhabi !
La religion et les cultes sont absolument impénétrables pour l’instant. Nous nous réjouissons de retrouver Casita et notre bouquin sur le sujet pour tenter de comprendre un peu mieux leurs croyances et leur culture. Nous avons réalisé que les cultures de chaque peuple sont profondément marquées par les croyances religieuses et que celles-ci sont souvent une clé de compréhension de la vie locale.
La place de la femme dans la société indienne est une question qui ne nous avait pas effleuré avant de lire quelques lignes effrayantes dans nos guides de voyage. Nous aimerions creuser le sujet.
Et puis, il y a les questions qui nous concernent. Comment vivrons-nous ce pays une fois installés dans Casita ? Comment évoluera la densité de population une fois sorti de la ville et quelles seront les réactions des gens sur notre passage avec Casita ? Comment roulerons-nous dans cette circulation chaotique ? Nous sentirons-nous aussi bien dans les campagnes et terres reculées que dans cette ville qui nous offre un anonymat confortable ?
Paperasses : état des lieux
Nous avons récupéré sans peine notre nouveau carnet de passage en douane pour le véhicule au consulat de Suisse et nous avons effectué la demande de renouvellement de passeport pour les enfants. Le cordial « Grüzi » que nous ont offert les employés de l’ambassade nous a renvoyé en un quart de seconde à notre chère Suisse, merveilleusement mise en valeur par les images des alpes enneigées qui décorent les murs du consulat. Nous aimerions ici souligner l’excellent accueil que nous recevons dans les ambassades suisses et la disponibilité de son personnel.
Suite du voyage
Avant d’arriver en Inde, nous avions quelques appréhension pour l’après Inde. Par où quitter le pays ? Où aller ? A l’Ouest, le Pakistan et l’Iran semblent inhospitalier en ce moment et ne nous conduisent pas dans la bonne direction. A l’Est, la Birmanie n’autorise pas le passage par voie terrestre. Au Nord, la Chine semble inaccessible en véhicule. Restait à envisager un nouveau shipping, perspective guère réjouissante ! Quelques contacts plus tard, les choses ont changé. Il semblerait que la traversée par la Chine ne soit pas si difficile que cela et probablement pas plus chère qu’un shipping. De plus, la famille belge d’Angaleo pourrait se joindre à nous pour cette traversée… Nous voilà donc avec de nouvelles perspectives intéressantes et réjouissantes. Nous poursuivons donc nos démarches dans ce sens.
A suivre…
Devant nous, l’horizon est dégagé. Dans nos cœurs aussi. Nous attendons l’arrivée de Casita à Mumbai aux alentours du 24 septembre, puis nous reprendrons la route et l’école, tout en partant à la découverte des mystères et merveilles de l’Inde…
Mises à jour :
Les albums photos suiveront dès que possible
Afrique du Sud : 27 août 2009
Avant notre départ de Suisse, une équipe de télévision de M6 préparant un sujet sur « les familles nombreuses en vacances » est venue tourner des séquences au moment où nous signions chez le notaire et remettions les clés de la maison. Ils avaient ensuite suivi nos premières heures de vie nomade.
Il y a quelques semaines, nous avons appris qu’il n’y aurait pas de suites. Entre les lignes, nous avons compris, que nous ne collions pas vraiment au sujet selon eux… Le récit qui suit tend à leur donner raison. Nous vous laissons en juger par vous-mêmes…
De retour à Durban, nous avons eu 2 semaines pour organiser le changement de continent. Dit ainsi, c’est simple. Voici, un aperçu de ce que cela dissimule :
Ecole. Pour ne pas devoir porter tout le matériel scolaire pendant nos trois prochaines semaines à pied et pour ne pas prendre de retard dans le programme scolaire, nous avons décidé de couvrir la matière de 3 semaines en 2 semaines seulement. C’est donc 7 jours sur 7 que les enfants et nous avons travaillé chaque fin de journée, entre 17h et 19h30…
Matériel. Avant de nous rendre en Inde, il nous fallait encore acheter du matériel spécifique pour Casita : pieds de rechange pour les tables, robinets, cadenas, verrous, loquets, équerres, bâches pour protéger Casita pendant le transport, sangles, etc. En outre, nous manquions de sac à dos et les enfants souhaitaient faire les achats trimestriels auxquels ils ont droit, avec leur argent de poche ! Il n’en fallait pas plus pour accumuler les aller-retour entre les plus grands Mall (centres commerciaux) de la région de Durban.
Santé. Avant de nous rendre en Inde, nous pensions judicieux de faire un passage chez le dentiste pour toute la famille. Faut prendre rendez-vous. « Le 2 septembre à 8h ». Désolé, Madame, mais ce sera trop tard, nous partons entre le 27 et le 30 août probablement. Ok, ça ira : le 20, pour les adultes et le 21 pour les enfants.
Shipping. Visite au dépôt, où nous chargerons Casita dans le container. Jusqu-là, on parlait d’un flat-rack (un fond de container, sans les côtés). C’est peu rassurant, quand on connaît le nombre de fenêtres sur Casita et la manière dont la porte se ferme…. En plus, ils n’ont pas de rampes pour faire grimper Casita sur ledit flat-rack (60 cm de haut). « On pourrait lever le véhicule avec une fourche d’élévateur ? » Exclu ! Nous préférerions opter pour un container open-top (container sans toit) ? Ca passe ? GENIAL. « Ce sera plus simple pour charger et beaucoup plus sûr pour transporter. Mais une fois dans le container, vous n’ouvrez plus les portes latérales… » Pas de problèmes, on va réfléchir au plan d’action.
Plan d’action. Quand Casita sera dans le container, Thierry passera de la cabine à la cellule, puis condamnera le passage depuis l’intérieur. Ensuite, il sortira par la fenêtre arrière. Loane, restera à l’intérieur, fermera la fenêtre et condamnera l’accès depuis l’intérieur. Elle sortira ensuite par la toute petite fenêtre de la salle de bain. On mettra un cadenas. De toutes façons, un adulte ne peut passer par là… Parfait. Il nous restera à bien bloquer l’accès à la capucine, qui sera le seul point faible du dispositif…. On verra comment faire…
Santé. Rendez-vous est pris chez le médecin A, pour un conseil. Il nous envoie vers le médecin B, pour un second diagnostic. Evidemment, les deux diagnostics sont différents. On a donc l’équation suivante : A + B = ? Le tout se résout grâce aux ordonnances des médicaments AX et BY. En effet, AX + BY = ??, divisé par une dose de confiance et quatre déplacements, cela donne : tout va bien !
Déménagement. Sans Casita, nous serons sans maison. Il faut trouver un appartement ou une chambre à Durban où nous pourrions rester jusqu’au départ de Casita. Le camping où nous sommes a des appartements pour 6. Parfait ! Mais ils sont complets le week-end. On réserve quand même et immédiatement on cherche une alternative pour les week-ends. Ouf ! On trouve, à 500 mètres de là. Reste à payer en avance et trouver un fax pour envoyer la preuve du paiement !
Mais où irons-nous ensuite ? D’ailleurs, on part quand ? Le 27 août.
Avion. On trouve une agence qui nous fait une offre pour des billets au départ de Jo’Burg pour le 27 août. L’avion fait d’office escale à Abu Dhabi, dans les Emirats. Tiens, si on profitait d’y rester au lieu de nous précipiter dans la fin de la mousson à Bombay ? C’est possible, sans supplément de coûts pour les vols. Parfait. Mais où dormir ?
Face Book. S’inscrire. OK ! Maintenant, faut retrouver Gilles ! C’est un ami qui devrait vivre à Abu Dhabi… Thierry ne l’a pas revu depuis vingt ans. Là ! J’ai trouvé. Envoi d’une invitation à devenir ami (c’était déjà le cas en réalité, mais maintenant c’est aussi vrai en virtuel !) Yes, il vit encore là-bas. Il n’a pas d’autres idées ou pistes pour notre hébergement que celle de nous accueillir chez lui. Génial ! On n’aurait pas pu trouver mieux. On se réjouit. Mais, on veut aussi voir Dubai, tant qu’à faire ! Passer par une sorte de grande blanchisserie déguisée en parc d’attractions pour milliardaires nous tente… Afrique-Dubai-Inde ! En termes de contrastes, ça le fait ! C’est aussi ça le tour du monde. Mais où dormir à Dubai ?
Changement de programme. Le bateau partira plus tard. Il faut repousser notre départ. Retour à l’agence de voyage. Billets pour le 31 août ? Ok. Et pour le logement ? C’est bon, il y a un appart-hôtel disponible à Dubai. Combien ? Tant pis, ça ira !
Visas. Zut, on ne pourra pas embarquer dans l’avion à Jo’Burg, si nous n’avons pas nos visas pour l’Inde. On pensait les prendre à Abu Dhabi, parce qu’on avait déjà contacté l’ambassade d’Inde là-bas et on savait pouvoir obtenir nos visas en 3 jours à un meilleur prix qu’ici à Durban. Nous n’éviterons pas deux déplacements supplémentaires en ville de Durban.
Problème. Aïe ! Si on dépose nos passeports maintenant à l’ambassade d’Inde, Thierry n’aura pas le sien le jour où Casita sera paquetée dans son container en présence du douanier. On se renseigne. Une copie de son passeport suffira à attester qu’il est le propriétaire du carnet de passage en douane et du véhicule. Départ pour l’ambassade d’Inde !
Pause. Ici vous avez le droit de respirer… Même si nous ne l’avons pas fait…
Visas. « Où et quand sortirez-vous d’Inde ? Il vous faut un billet d’avion prouvant votre future sortie pour obtenir les visas. » Mais nous ne quitterons pas l’Inde par avion. Ou peut-être, si ! On ne sait pas... On fait le tour du monde, en camping-car, en famille… Oui, c’est génial… Oui, les enfants adorent… Oh oui, on se réjouit d’aller en Inde… Merci de votre compréhension. Génial ! Le visa est un multiples entrées, valable 6 mois. Ca nous laisse le temps de réfléchir si on veut passer au Népal tout de suite en septembre et revenir faire le tour de l’Inde ensuite, ou si on quittera l’Inde par le Népal en direction de la Chine, à la fin de notre séjour Indien.
Re-Problème. Si on veut passer en Chine, il faut prévoir 4 à 5 mois de délai pour obtenir les autorisations. Il est obligatoire de passer par une agence spécialisée et de prendre à bord un guide officiel. Pour couronner le tout, les tarifs sont réputés exorbitants. Internet. Google. Traverser la Chine avec son véhicule. On envoie un mail au hasard. Réponse de Jean-Jacques ; il nous donne tous les détails et le nom de l’agence qu’il a sollicité pour son propre périple. On contacte l’agence spécialisée en Chine pour les voyages « self-driving ». Nous espérons avoir bientôt une offre à comparer au prix d’un shipping. Pour quitter l’Inde, nous devrons soit passer en Chine, soit prendre un bateau pour la Thailande, Singapour ou la Malaisie. A suivre…
Oups. Notre carnet de passage en douane sera échu le 16 octobre prochain. Il nous en faut un nouveau. Idéalement, il faudrait le faire envoyer à l’ambassade de Suisse à Bombay, comme ça on le récupère en même temps que Casita. Contacter le TCS en Suisse pour voir si c’est faisable. Contacter aussi l’ambassade de Suisse à Bombay, pour vérifier qu’ils réceptionnent bien le colis. Ce n’est pas gagné. Il faut que le TCS contacte directement l’ambassade. Un mail pour les mettre en contact…
A propos. On dormira où à Bombay en attendant Casita ? On verra…
Echéances. N ! Les passeports de Max, Loane et Sam ne sont valides que jusqu’en avril 2010. La plupart des pays exigeant une validité de 6 mois minimum pour délivrer des visas, il faut les renouveler en Inde. Re-mail à l’ambassade Suisse à Bombay (en fait c’est un consulat !) : combien de temps faut-il pour renouveler un passeport ? 4 semaines. Pfff. 4 semaines à Bombay ! Quelle horreur ! Et si on les récupérait dans une autre ville ? A suivre….
Re Casita. En plus de tous ces contacts et soucis, il faut maintenant préparer Casita pour le transport maritime : trier les vêtements, préparer les valises, fixer les verrous des portes et des fenêtres, penser à cacher le matériel de valeur…
A propos. Ils font comment les voleurs ? Cette cachette, là, c’est pas une classique ? On ferait mieux de mettre dans la poubelle non, sous des déchets propres ? C’est pas un peu naïf ?! A suivre….
Billets d’avion. Ne pas oublier d’aller les chercher…
Dentiste. Pas de problèmes. OUF ! Ca c’est ok !
Médecin, 2ème visite. « C’est bizarre… Je vous prescris encore un autre médicament à titre préventif. Bonne chance. » Merci.
Déménagement. Ca y est, les sacs à dos sont prêts. Une pesée nous permet de ne pas être coincés au moment de l’enregistrement. On prend possession de notre appartement, un studio avec 6 lits. Deux heures plus tard, on ne retrouve plus rien de nos affaires. Rien n’a de place attribuée, tout est éparpillé dans les 40 m2. C’est trop grand !! En plus, il n’y a pas de tapis au sol, il faut balayer toutes les heures… On n’est plus adapté à la vie en appartement… On philosophera après-demain. Pour l’instant, il y a plus urgent : demain, on charge Casita dans le container ; il faut encore cacher le matériel et bloquer l’accès à la capucine. Ah, j’oubliais, il faut encore démonter les panneaux solaires…
Dubai. Tortue Sélène et Angaleo sont à Dubai en cette période. Ce serait génial de les rencontrer. Mail ! Tortue Sélène et Angaleo sont deux familles en voyage autour du monde. Découvrez leurs sites. Nous apprécions leur humour !
La capucine. On prend tout ce qu’on a de plus volumineux et on bourre dans la capucine. Sur le dessus de la pile, on glisse la table. Parfait, ça empêche d’entrer par le toit. Les plaques de désensablages sont glissées en travers et on bourre de matériel dans tous les coins. Tout est tellement entassé, qu’il est impossible de déplacer quoi que ce soit sans enlever la grille de désensablage, qui est inatteignable. Ca marche. Notre plan est parfait !
Séance cerf-volant. Un vent à décorner les cocus de la terre entière, fussent-ils des bœufs, souffle dans le camping, lorsque nous déplions la bâche de 7 mètres par 4 mètres. Thierry manque de s’envoler. Le tissu flotte au vent dans un bruit de spinnaker déchiré… On s’accroche, on crie, on rit pour ne pas pleurer… Finalement, après deux heures d’efforts, on fixe la bâche : la capucine est emballée. On emballera le reste sur place au dépôt demain.
Anniversaire. Oups, c'est l'anni de Thierry aujourd'hui. Bon allez, on souffle... les bougies, mais on continue notre programme.
Dubai. Réponse d’Angaleo : on a une chance de se croiser le 8 septembre, juste avant de reprendre l’avion en direction de l’Inde. Du côté de Tortue Sélène, ils nous attendent à Dubai ou Abu Dhabi. C’est sûr, on va se rencontrer. On se réjouit. Finalement, cette escale aux Emirats s’annonce sous les couleurs des rencontres d’amis.
Dépôt MSC. Magnifique, le douanier n’est pas encore là. On a le temps de finaliser notre emballage de Casita. Zut, j’ai oublié de prendre un couteau pour faire un trou dans la bâche, là où Loane devra sortir. Un couteau de cuisine fait l’affaire. C’est parti, direction le container.
Container. C’est quoi les deux grosses pièces métalliques là, au sommet du container ? Ce sont les fixations de la barre transversale. La barre est amovible, mais pas les fixations. Ca réduit la largeur de 30 cm. On présente Casita. Impossible de passer. N ! A renfort d’élévateurs et de sangles, on élargit le container en tirant de chaque côté, à l’entrée. Thierry glisse Casita dans le container. La marge est de 3 cm de chaque côté à l’entrée du container. Une fois à l’intérieur, on laisse le container reprendre sa forme naturelle. C’est parfait. On est dedans ! Hourra !
Couac. Loane pousse un cri : « Je peux pas ouvrir la fenêtre de la salle de bain. Le container est trop haut. Ca bloque ! » N ! Comment c’est possible ? On avait mesuré ! Y a pas à faire. Loane ne pourra pas sortir par là… Il faut qu’elle sorte derrière. Mais dans ce cas, la fenêtre arrière reste grande ouverte, c’est complètement débile notre truc…
Pleurs. Zoé est en pleurs. Elle est effrayée par les énormes machines qui tournent dans le dépôt et qui portent jusqu’à trois containers. Sam et Max ne sont guère plus rassurés.
Solution. Il faut qu’elle sorte par la capucine ! Mais, on a tout bourré dedans ! Y a pas le choix… On crée un espace pour libérer une fenêtre latérale. On perce un deuxième trou dans la bâche, devant la nouvelle fenêtre. OK. Il faut démonter la fixation du cadenas installée la veille à la fenêtre de la salle de bain pour la fixer à celle de la capucine. Mince. Où sont les outils ? Là-bas, tout au fond de la capucine, de l’autre côté… Bon, on vide l’autre côté aussi. Dire qu’il nous a fallu deux heures hier pour tout mettre en ordre là-dedans… C’est fait ! Tout est en place. Thierry sort. Loane referme la fenêtre et en bloque l’accès, avant de pointer son nez à la fenêtre de la capucine et descendre par l’échelle…
Clin d’oeil. Petite pensée pour Mauro Sensi. A force de faire des trous inutiles dans Casita, on l’a bien allégée !!
Paiement. La compagnie ne chargera le container sur le bateau qu’une fois le versement reçu. Il nous faut une facture au plus vite ; les transferts bancaires internationaux prennent en général 3 à 5 jours. Or, c’est dans trois jours que le container doit être chargé… Trois mails successifs nous permettront de recevoir la facture et de la transférer à notre banque avec mention : URGENT !
Visas. Il faut trouver un moyen de transport pour rejoindre Durban. Sans Casita, nous n’avons plus de maison… Mais nous n’avons plus de voiture non plus… Le manager du camping conduira Thierry en ville, pour récupérer les visas à l’ambassade et le carnet de passage en douane tamponné la veille…
Fin. Ca y est ! On a tout ! Ou presque… Il reste à clarifier la sortie de l’Inde par la Chine ou par bateau, à récupérer le bill of lading, césame maritime pour décharger Casita en Inde, déménager ce week-end, pour revenir dimanche soir… Etc.
Conclusion. Si M6 avait vu juste sur la « famille nombreuse » (6 visas, 6 visites chez le dentiste, 6 billets d’avion, appartement pour 6, etc.), c’est vrai que le terme « en vacances » semble peu approprié.
Résumé. Vous n’avez pas tout suivi ? C’est normal. Alors voici la version vacances de nos deux dernières semaines :
Nous avons chargé Casita dans son container. Nous quittons Durban le 31 août en direction de Abu Dhabi où nous logerons chez un ami. Puis nous visiterons Dubai où nous espérons rencontrer des amis voyageurs. Le 8 septembre, nous prendrons l’avion en direction de Bombay et récupérerons Casita pour la suite de notre périple… A tout bientôt ! |