Et bien, non ! Nous sommes restés 20 jours à Pokhara et avons roulé 200km pour rejoindre Kathmandu. Voici donc le récit d’une période sédentaire, que nous avons passée au bord du lac, au pied des montagnes, entourés d’amis plus attachants les uns que les autres !
Le Nepal et les Népalais
Il n’y a rien à faire, il nous est impossible de ne pas comparer le Népal à l’Inde dont nous sommes sortis récemment. Tout est très différent en fait ! Le calme. L’attitude des gens, qui se retirent si on le leur demande et qui entrent aisément en contact avec nous comme avec les enfants. Ils sont disponibles, aimables et souvent très charismatiques. En revanche, les commerçants népalais semblent plus pourris par le tourisme que ne le sont les Indiens. Ils nous semblent plus opportunistes et parfois moins honnêtes. C’est sûr qu’ici nous sommes dans une région extrêmement touristique où nous croisons autant d’occidentaux que de locaux… Ca nous change de l’Inde et ça explique probablement certaines différences.
En ce qui concerne les enfants, nous avons découvert que la question du genre est moins présente au Népal qu’en Inde. Ici, les enfants ont le droit de jouer entre eux, quels que soit leur sexe, ce qui est rarement le cas en Inde. La position de la femme est aussi différente. Hormis pour la plus haute caste népalaise qui se fait un point d’honneur à traiter la femme avec mépris, la plupart des castes népalaises accordent une égalité de droit aux femmes et ça se remarque. Les femmes ont alors un rôle concret dans l’éducation des enfants et dans la gestion de la maison ou du commerce, ce qui rend les interactions beaucoup plus aisées pour nous, parce que plus naturelles et simples.
Le climat ressemble beaucoup au climat helvétique et nous avons l’impression de passer quelques semaines d’été ensoleillées au bord du Léman. Les journées sont chaudes, parfois lourdes et les soirées laissent régulièrement éclater un orage, qui rafraîchit l’atmosphère et nettoie le ciel de sa brume, nous offrant alors une vue splendide sur la chaine de l’Anapurna et ses sommets enneigés culminants à quelques 8000 mètres. Grêle.
Pokhara est une ville assez grande et en même temps très calme et accessible. La pollution n’y est pas perceptible. Nous avons bivouaqué nos 12 premiers jours au Bishnou lodge, dans un ravissant petit jardin fleuri. Si l’accueil et le lieu nous ont d’abord séduits, nous avons ensuite moins apprécié l’endroit, où nous nous sommes sentis « surveillés » et pas toujours libres de nos mouvements. C’est pourquoi nous avons levé le camp sans regret lorsque les pelleteuses sont arrivées pour effectuer les travaux de terrassement commandés par le gouvernement népalais, qui souhaite construire un chemin de halage tout le long du lac Fewa. Nous sommes retournés sur les lieux 4 jours plus tard pour voir le résultat : désastreux. Les 5 petits cottages ont été rasés, ainsi qu’une chambre et la salle de bain. Les choux-fleurs gisent désormais sous 4 mètres de terre, en compagnie des arbustes, fleurs et autres matériels que Bishnou et sa famille n’ont pas eu le temps de mettre à l’abri.
Kathmandu nous surprend, par le nombre et la beauté de ses monuments et temples, l’étroitesse de ses rues poussiéreuses, le nuage de pollution gris orange au-dessus des toits, les déchets puants le long de sa rivière, la pénurie en eau qui nous rappelle les pays d’Afrique les moins bien lotis. Mais, dans l’ensemble, nous aimons assez cette capitale, qui reste relativement petite et supportable, pour une capitale !
Nos nouveaux amis
Parmi les nombreux « décolorés » que nous croisons à Pokhara, nous rencontrons plusieurs suisses romands et autres francophones, tous plus originaux et touchants les uns que les autres. Voici un bref portrait des gens qui nous entourent :
Camille : nous l’avions rencontrée à Chitwan et avions participé aux bains des éléphants avec elle. Elle est de retour à Pokhara, après quelques semaines passées dans le Terai. Enseignante spécialisée, elle a travaillé 3 mois dans un orphelinat à Pokhara. Nous y avons été invités. Ce fut l’occasion pour nous de rencontrer une famille népalaise pure souche et de discuter justement du Nepal, du système d’éducation, de la condition de la femme, etc. L’accueil fut chaleureux et généreux. Au souper, ils nous ont offert un traditionnel Dalbat, accompagné de raisin et de pommes, l’équivalent du caviar chez nous si l’on compare le prix de ces denrées aux prix des autres aliments. Avec Camille, nous nous sentons à la maison. Nous sommes bien heureux de pétzer ici et de profiter encore de sa présence et de son amitié.
Clément et Léonore : Sur la route de Soi. C’est le titre de leur voyage et le nom de leur blog. Il est inscrit sur leur Renault 4L commerciale verte, équipée d’une tente de toit…http://sur-la-route-de-soi.over-blog.com/Lorsque nous avons aperçu l’engin, avec une garde au sol digne d’un Kart, nous avons déposé une de nos cartes de visite sur le pare-brise, pour les inviter à nous rejoindre. Une des meilleures idées que nous ayons eues. Clément et Léo sont français. Ils effectuent un voyage d’un an de la Manche au Népal et retour, en passant par l’Iran et le Pakistan. Nous nous amusons, nous discutons, nous échangeons, nous nous baladons. Après nous avoir enthousiasmés avec ses croque monsieur et son ustensile ad hoc, Clément nous a proposé de faire une fondue au fromage de Yack. Si l’odeur et le goût y étaient, il faut admettre que la consistance ne fut pas terrible ! Mais quel bonheur ! Du fromage. Du blanc. Du pain. Des copains. C’est aussi parce que nous voulons profiter au mieux de leur présence que nous avons différé notre départ vers Katmandou.
Marco : son dodo, c’est le vélo. Parti de Suisse romande en même temps que nous, il s’est allongé sur un vélo couché et a poussé ses 40 kilos de bagages à coups de pédales, jusqu’en Turquie, puis Iran, Pakistan et Inde… 15 mois pour arriver au Népal. Une broutille pour cette paire de cuisse en béton armé, qui envisage un voyage de 5 ans autour du monde en solitaire à travers les montagnes ! Oouahou ! Courage gaillard ! On garde le contact et on se réjouit de te suivre :
Roland et Christina : hahahahahaha… hihihihihihihihihihihi……hohohohohohohoho… hooooouhouhouhouhou…Nos amis rieurs ont obtenu le Rire d’Or la semaine passée ! Félicitations !! Décerné à Paris par la communauté des rieurs, ce trophée récompense une personne ou un groupe dont l’oeuvre ou l’action fait progresser le rire et avancer les esprits. Roland termine actuellement son livre : « L’âge du rire », un ouvrage dans lequel il partage sa vision d’un monde renouvelé, où la joie, le rire, le plaisir et le partage des richesses naturelles et spirituelles sont avérées. Christina quant à elle, écrit les dernières pages de son livre, dans lequel elle décortique l’impact des émotions et met en lumière l’importance de nos émotions et le pouvoir que nous avons de créer et influencer notre environnement.
Suisses tous les deux, ils vivent l’été près de Berne, dans un camping-car installé dans un camping en pleine campagne... Dès que le froid arrive, ils partent en Espagne… Et depuis peu, ils s’envolent trois mois par année ailleurs dans le monde…
Tous les deux nous ont offert des SunSet célébration extraordinaires, au son du Youkoulélé et des chants appris à Goa-Arambole. Avec eux et nos amis, nous avons ri, forcément. Nous avons chanté, dansé et fait du hoola-up des heures durant, invitant les locaux et autres touristes à se joindre à nous pour des moments simples de partage et de joie. Nous avons retrouvé le plaisir de la danse. Le plaisir de l’échange. Le plaisir du mouvement, de la simplicité. En leur présence, nous avons bu la potion magique qui s’appelle le rire et nous avons retrouvé de l’énergie et de l’inspiration… Depuis, les idées fourmillent dans nos têtes… Et comme par enchantement, il suffit d’aller au resto avec eux, pour que le retour en taxi se transforme en un événement mémorable, debout à 8 à l’arrière d’un pick-up, involontairement transformé en taxi pour l’occasion ! Allez ! Avec nous : hahahahahahahahaha…. Hihihihihihihihihihi…. Hohohohohohohohohohoho…. Hooooooouuhooooouuhouhouhou… (www.joyacademy.tv)
Yann et Cécile avec leurs enfants Jonas et Shakti : des voisins en quelques sortes. Partis de Belmont (près de Lausanne) il y a 3 mois, ils ont parcouru l’Inde en train avec leurs deux enfants et sont arrivés au Nepal depuis quelques jours. Leur voyage se terminera en Thailande, où il passeront le dernier mois de leur break de six mois, loin du sol helvétique. Ils nous ont rejoints pour notre dernière soirée à Pokhara, avec Camille, Clément et Léonore. Nous avons organisé un festin digne de Pâques : 5 kilos de purée de patates maison, des brownies de Véro et Loane et une nougatine de Clément. Parfois, loin de chez nous, ce sont ce genre de petits plats qui provoque notre extase et ravit nos papilles... La soirée s’est achevée par une partie de Loups Garrous et un clin d’œil à nos amis Sélénites !
Et encore : Kim, unmotard allemand en voyage autour du monde, Denis, motard belge, momentanément immobilisé en raison d’une clavicule cassée après un accident en Inde. Il y a aussi les nombreux suisses que l’on trouve au Népal, comme par exemple cet homme, que l’on aperçoit au resto et que l’on repère aussitôt : sur le dos de son T-Shirt la baleine Switcher nous sourit tandis que sur son torse la mention « 20km de Lausanne » nous confirme l’origine évidente de ce vaudois venu faire un trek d’une semaine avec sa fille, qui se trouve être une ancienne collègue de Camille ! Le monde est petit et les liens entre la Suisse et le Népal sont étroits. Pour preuve encore, ces autres Suisse dont on nous parle et que nous espérons rencontrer bientôt : une famille dans un camion 8 roues, un couple suisse venu au Nepal à pied, avec 2 ânes et un chien, … Bref, il nous reste du monde à rencontrer avant de quitter ce pays, qui rime pour nous avec repos, vacances, énergie.
Angaleo : THE Cinema
Arrivés à Kathmandu, nous prenons contact avec Angaleo, déjà sur place depuis deux semaines. Aussitôt, nous sommes invités à les rejoindre pour une soirée cinéma organisée dans un orphelinat de la capitale. Avec Clément et Léonore qui nous ont rejoints également, nous découvrons ce cinéma et les yeux émerveillés des enfants devant le livre de la jungle. Nous sommes impressionnés autant par l’infrastructure que par la virtuosité de Nicolas au volant de son camion. Le portail d’accès à l’orphelinat ne laisse que 2cm de marge de chaque côté du camion… mais ça suffit à manœuvrer pour se mettre dans l’axe et passer ! Chapeau !
A suivre
Visa chinois, guide chinois, Tibet, Sichuan, Yunan… De belles aventures en perspectives et du rire encore avec les champions du monde de l’humour : nos amis belges que nous avons retrouvés pour une épopée 30'000 Volts d’euphorie !
Mises à jour
Albums : nous rencontrons de nouveaux problèmes avec la mise en ligne des albums photos. Nous faisons le nécessaire pour y remédier !
22 mars 2010 : Inde/Radjastan et Nepal/Terai Itineraire
Avant de quitter l’Inde, nous avons pu la faire découvrir « en vrai » à Mémé qui nous a rejoints pour 2 semaines d’expériences intenses. A travers le Radjasthan, du Taj Mahal aux différents palais, nous avons profité de tout ce que l’Inde pouvait nous offrir, parfois jusqu’à saturation… Voici le récit qui clôture six mois passés dans ce pays extravagant et qui raconte nos premières impressions du Nepal.
Une rencontre qui promet
Tandis que nous avons quitté l’Europe aux mêmes dates, suivi le même itinéraire depuis 16 mois, pris contact par mail depuis 5 mois et passé à 12 km les uns des autres sans se voir, nous avons enfin pu vérifier si le blog Angaleo était un canular ou une réalité ! Imaginez : une famille belge avec trois enfants autour du monde… dans un camion 4x4 transformé en cinéma ( ?!)… capable, pour venir en Inde, de shipper de Cape Town à Dubai aux Emirats Arabes ( !?)… y payer des visas iraniens et quitter les lieux sans attendre de les recevoir… aller embourber le camion jusqu’au châssis dans les sables mouvants d’Oman… avant de shipper une seconde fois pour rejoindre l’Inde et… y faire briser le pare-brise par une trompe d’éléphant… arracher fils et poteaux électriques dans tout l’Etat de Goa… rouler sur d’innocentes voitures blanches indiennes… bivouaquer à côté des chiottes publiques pendant 2 semaines… offrir malgré eux trois vélos à des enfants indiens sans s’en rendre compte et sans s’arrêter… changer de klaxon à trois reprises… épuiser leurs parents dans une course culturelle… crever un pneu en plein Calcutta pour impressionner l’autre maman (en fait y a que le bas du pneu qui est plat comme l’a judicieusement fait remarquer un de leurs amis)… et enfin, comble du comble, aller skier dans l’unique station blanche du sous-continent !!? Franchement… nous n’aurions pas été surpris de ne rencontrer personne à Delhi au lieu de rendez-vous finalement convenu.
Eh bien ! Comment dire…. Ils existent. Et malgré les apparences de baroudeurs qu’ils se donnent sur leur blog, nous devons bien admettre que nous avons rencontré une famille plutôt bourgeoise, qui, une fois installée, ne se déplace guère et fait venir à elle : coiffeur, camion citerne pour le plein d’eau, réparateur de vélo, soudeur de pot d’échappement, tailleur et autres…
Alors vous comprendrez notre appréhension, quand nous imaginons traverser avec eux dans les hauteurs himalayennes le Tibet et le Yunan en Chine, avec Max qui est devenu LE super pote de Gabin, le cadet de la bande âgé de 3 ans, Zoé et Léonor les inséparables et leur Anatole qui s’amuse à trafiquer les fils des camions pour les immobiliser le plus longtemps possible !! Tout cela sans compter avec les caprices de leur iPhone, qui non content de nous dire où se trouve le soleil en pleine nuit, se transforme en pipeau quand on souffle dedans, nous promettant des nuits mélodieuses et sans sommeil au moindre coup de vent !!
Des retrouvailles qui ont tenu leur promesse
Arrivée à minuit à Delhi et repartie à 2 heures du mat’ deux semaines plus tard du même endroit, Mémé nous a offert quinze jours magiques en sa présence. A travers ses yeux ébahis, ses pas hésitants le long des rues, ses grimaces de dégoût devant la première boucherie, ses frayeurs au moment de traverser la route, les cris étouffés qu’elle a gardés au fond de sa gorge face aux pratiques douteuses des chauffeurs indiens et les larmes qui ont coulé devant certaines scènes, nous avons redécouvert une Inde à laquelle nous nous étions habitués…
Taj Mahal : un mausolé pour une promise
Nous garderons en souvenir : les gardiens qui ont d’abord interdit l’accès à Véro parce qu’elle avait dans son sac une lampe frontale et une petite marionnette en tissu…. l’odeur de pied à l’intérieur du mausolé (pas ceux de Véro en l’occurrence !)… la beauté de la foule qui se presse dans les jardins… la majesté du monument et le plaisir d’avoir vu en vrai une nouvelle merveille du monde.
Février : le mois des promesses
Février est la saison des mariages ici. Nous avons donc eu droit à notre lot de processions, de fêtes, de feux d’artifices, de pétards, de musique et de … nuits mouvementées. Costumes, danses, ambiance se sont encore imprégnés dans nos esprits déjà pleins d’images, d’odeurs et de sons…
En dehors des sentiers battus : promis…cuité évitée
Si Jaipur nous a réservé le sort promis aux touristes par milliers qui la visitent, à savoir contempler la façade qui orne la couverture du Lonely Planet, les étapes que nous avons choisies nous ont offert des instants de répit, loin des circuits touristiques classiques. Nous avons ainsi pu admirer les éclairages originaux du Palais d’Amber, profiter de la quiétude et de la beauté de Bundi qui n’a rien à envier à Jodhpur, la ville bleue assaillie de cars bondés. Nous avons aimé aussi Pushkar et son ambiance décontractée, néobaba, dans laquelle notre shopping fut interrompu par un cortège en l’honneur de Vishnou, conservateur de l’univers. Enfin, le parc national de Barathpur nous a permis de nous oxygéner lors d’un après-midi de ballade en vélo-rickshaw. Seule la visite du parc Rathambore nous a rappelé qu’en Inde, dès qu’on est sur la route, la notion de confort est inexistante. Serrés à l’arrière d’un minibus décapoté, nous avons sauté sur les bosses, rebondis dans les creux et crié dans les virages comme dans la pire attraction de n’importe quel Disneyland. Néanmoins, après 2 heures de ce traitement inhumain, nous avons fini par rejoindre un groupe de 14 minibus semblables au nôtre, sur lesquels étaient juchés des dizaines de touristes comme nous, pour apercevoir au loin, comme nous, un tigre s’en aller tranquillement !
Autres promesses tenues
Pour l’anniversaire de Max, nous avons tenu notre parole et fait une ballade en vélo, ce qui lui a permis de prendre le guidon et de conduire sa mémé et le guide, sur les chemins tranquilles du parc Barathpur.
Mémé de son côté a aussi respecté ses engagements en nous apportant du chocolat suisse, bien noir, qui nous a permis de confectionner de succulents brownies pour l’anniversaire de Max. Mmmmmm ! Dans la valise de Meme Max a aussi trouve, THE camion lego offert par Daday, Nany, Meme, papa et maman...
A Pushkar en revanche, Loane a appris à ses dépens que nos promesses seraient toujours respectées… Elle a craqué pour un jeune orphelin, adopté par le patron de l’hôtel où nous sommes restés. Elle a passé ses soirées à s’en occuper, le nourrir, le câliner. Elle l’a baptisé Ouisti : c’est un petit singe trop mignon qui a bien failli nous accompagner… si nous n’avions pas tenu notre parole : pas d’animaux dans Casita !
L’Inde du Nord : plus encore qu’on nous l’avait promis…
Il y a un vrai contraste entre l’Inde du Nord et celle du Sud. Au Nord, il y a vraiment du monde partout. Difficile de trouver un coin tranquille, de respirer. Tout est comme on l’imagine : les turbans colorés sur la tête des hommes, les saris et les bijoux imposants des femmes nous ont laissé bouche bée, sans parler des paysages et des palais, tous plus grands et imposants les uns que les autres. En bref, la terre des Maharadja vaut le coup d’œil et vous en met plein la vue !
Ommmmm…. lette : on s’était promis de rester zen !
Une fois n’est pas coutume, nous avons investi de l’argent pour une bonne cause. L’Inde nous donnait le choix : les orphelins, les estropiés, les malades, les sans abris, la protection du tigre ou de l’ours… Nous avons opté pour la sécurité routière ! 1 euro. C’est le montant que nous avons investi en achetant des œufs, que nous avons généreusement distribué et éclaté sur les pare brise des plus fous des brigands chauffards. Quelle joie de voir leur regard effaré, le visage déformé par la peur de voir la vitre voler en éclat ! A l’heure qu’il est, nous n’avons pas de retour sur l’efficacité de la démarche, mais nous savons qu’elle a fait des adeptes et nous en réjouissons ! Le seul bémol de cette opération de sensibilisation a été l’œuf que Thierry, désireux de marquer en grand coup en le lançant dans la cabine du chauffard, a éclaté à l’intérieur de Casita, nous forçant à nous arrêter pour laver nos vitres et sièges avant que l’omelette ne cuise !
Le mot de la fin à Mémé
J’ai eu le grand bonheur de partager 15 jours dans Casita avec mes six en Inde, pays que, sans eux, je n'aurais sans doute jamais connu ! De par leurs récits, leurs photos et les contacts skype je me faisais une idée de ce pays. J'avais l'impression de le connaitre mais que nenni c'est impossible de s'imaginer si on ne pose pas les pieds sur le sol indien.
Dès les premiers tours de roues, on est plongé dans un concert de klaxons assourdissants et ceci jours et nuits. Les règles de circulation sont inexistantes. Je n'ai jamais eu le courage de prendre la place du co-pilote, j'etais trop bien à l'arrière avec mes pitchounes. Un grand BRAVO à Thierry et Vero
pour leur conduite sur ces routes qui réservent plein de surprises à chaque tournant : vaches, vélos, chameaux, charettes, camions en sens inverse, etc. Inimaginable !!
Sans Max et Loane, je crois bien que je serais encore à Jaipur sur le trottoir à attendre pour traverser la route. Je suis leur mémé mais c'est eux qui m'ont pris la main ; j'ai fermé les yeux et me suis retrouvée de l'autre coté ; c'est beau la confiance.
J'ai visité des sites magnifiques, la population et très chaleureuse et respectueuse. J'ai été touchée par les nombreux mendiants.
J'ai fait le plein de tendresse et de câlins jusqu'au prochain voyage. Inutile de dire que le retour fut rude…
Nepal : C’est Bardia mon kiki…
En quittant l’Inde, nous étions fa-ti-gués et nous rêvions de repos. Le Népal nous a ouvert ses portes et offert une toute autre ambiance. Sur la route, dès les premiers kilomètres, on sent la différence : très peu de voitures, presque pas de klaxons, quelques piétons et cyclistes sur les bords de la chaussée… Bref, on peut discuter avec notre voisin en conduisant !! Cool !
Nous avons planté notre campement à Bardia, un parc national dans la jungle, à l’extrême sud-ouest du pays, où nous sommes restés 15 jours. 15 jours de VACANCES avec un luxe incroyable : connexion internet rare et pas de réseau téléphonique ! Avouons que nous n’avons pas su apprécier ce luxe et qu’il nous a été difficile de ne pas pouvoir prendre des nouvelles ou d’en donner, en particulier lorsque depuis la Suisse on nous a posé des questions urgentes.
A part ça, c’était donc vacances ! Enfin, presque… Parce qu’il a quand même fallu nous battre contres les poux venus squatter les longues et douces chevelures de 5 d’entre nous… Bon, après, c’était vacances ! Enfin, jusqu’à ce qu’il ait fallu entreprendre la chasse aux punaises de lits qui ont élu domicile dans Casita et qui nous dévorent chaque nuit, faisant de notre sommeil un rêve inaccessible !
Allez, heureusement, grâce à l’équipe du Forestia Hideaway Lodge qui nous a accueilli avec tant de gentillesse, de disponibilité et de simplicité, en moins d’un jour, nous avons eu l’impression de faire partie de la famille. Nous avons rencontré Renaud et Fred, deux français tombés amoureux du lieu et du tigre 5 ans plus tôt et qui viennent chaque année passer 2-3 mois ici pour vivre au plus près de la nature et du fauve de plus en plus rare dans la contrée.
Pour nous imprégner de la jungle, nous avons fait une excursion rafting et une journée à pied sur les traces du tigre, du rhino et de l’éléphant sauvage. Accompagné d’un guide armé… d’un bâton, nous nous sommes armés… de courage ! En cas de rencontre fortuite avec un animal sauvage, les règles de survie sont simples : chacun pour ses fesses ! Nous n’avons donc pas été déçu finalement de ne rencontrer qu’un rhino, très au loin dans la rivière !!
Sur le plan humain, Bardia fut aussi une très belle expérience. Nous avons adoré voir nos 4 loulous jouer avec autant d’entrain avec les enfants du village, chaque soir. Rondes, jeux de balles, Happy Holi (fête des couleurs qui veut qu’on se tartine de teinture des pieds à la tête !) et autres danses, courses et acrobaties. En Inde, les enfants n’ont eu que très peu d’occasion de jouer avec les indiens. Ici, tout se passe instinctivement.
Lumbini : lieu de naissance de Bouddha
Nous avions aimé Bodgaya en Inde et nous nous réjouissions de Lumbini… Décevant. Encore peu développé, le site n’offre pas grand chose d’autre qu’un grand parc calme, dans lequel il fait bon se promener.
Rencontres
Sur la route, à la sortie d’un virage… un Camping-car !! Les THELIOT !! Nous étions en contact email avec eux et savions qu’ils étaient au Népal. Nous imaginions que nos routes puissent se croiser. Voilà qui est fait. Les Theliot c’est une famille française, avec deux enfants,Théo et Eliot âgés de 9 ans, partis pour un aller-retour d’un an France-Bengladesh. Rencontre brève et intense comme d’habitude. Vite, vite, il faut tout se dire… Demain, nous reprenons chacun notre route. S’ensuivent donc les échanges d’impressions, d’expériences, de bons tuyaux, de films, etc… Super ! On adore ces rencontres éclairs, lumineuses et pleines d’énergie ! Bonne route à vous 4 ! Allez faire un tour sur leur blog pour les découvrir mieux : theliot.fr.
« Des vaudois ici… ?!!?! » Les yeux écarquillés, Camille fixe notre plaque d’immatriculation. « Vous faites quoi là ?!! » Partie il y a 5 mois d’Echichens (à 20 km de notre ancienne maison), elle est venue travailler 3 mois dans un orphelinat à Pokhara au Nepal. Une fois encore, l’accent, la manière de s’exprimer, les intérêts communs, le rythme… la Suisse romande est là et le charme opère. Impossible de nous quitter. Nous passons deux journées et soirées très sympa, accompagnés de Martin et Louisa, deux Suédois que Camille a rencontrés lors de son trek de 18 jours sur l’Everest. Merci pour tout Camille.
Chitwan : le retour de la famille Knie…
Quand nous étions gamins, nous attendions l’arrivée du cirque Knie avec impatience à chaque mois d’octobre. On assistait au cortège de la ménagerie à travers la ville… puis quelques jours plus tard, avant ou après regardé le spectacle, nous allions voir le bain des éléphants et rire de leur manière de prendre la douche, de se rouler dans l’eau et de s’amuser… Souvent, l’envie nous venait de les rejoindre dans le lac pour jouer avec eux ! Eh bien… c’est fait ! A Chitwan, nous avons participé au bain des éléphants. Nous avons plongé dans la rivière, grimpé sur leur dos, reçu leur douche en pleine figure… Nous les avons caressés, brossés, aspergés… Camille a grimpé sur la trompe, les enfants se sont accrochés sur le dos… Voilà le genre de souvenirs qui ne s’effaceront jamais…
Pokhara : un lac, des montagnes…
Nous adorons le Nepal. Les gens y sont sympas, extrêmement souriants et doux. Les paysages nous sont familiers… Ici, nous nous sommes installés pour quelques jours ou semaines, le temps de réaliser cette mise à jour du site, de bricoler deux, trois, quatre, cinq, six trucs dans Casita et de profiter de la douceur du climat. Nous aimerions faire quelques ballades aussi et nous reposer encore un peu... A 800 mètres d’altitude, nous sommes au pied du massif de l’Anapurna, au bord d’un lac paisible… Endroit idyllique… pour reprendre et gagner la lutte contre les punaises de lit, qui sont revenues à la charge et nous ont contraints, pour la deuxième fois, à vider intégralement Casita et 15 bonbonnes de Baygon… Endroit idyllique disions-nous… pour remettre nos estomacs en état. On dirait qu’on a un virus qui se promène de l’un à l’autre… Endroit idyllique… Endroit idyllique. Trève de petits bobos : on va moralement super bien et franchement, on hallucine complètement d’être au Nepal et bientôt au Tibet ! C’est de la folie, tant de chemin parcouru… on ne réalise pas toujours…
A suivre
Dans quelques semaines nous nous déplacerons à Katmandou où nous retrouverons la tribu Angaleo revenue de la neige… en principe !
Mises à jour
Albums photo : Inde 15-22 et Nepal 01-02 Video : Bain elephants, danse nepalaise, ronde nepalaise, rathambore Infos pratiques : Voyager en camping-car en Inde Carte : itineraire mis a jour