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27 juin 2010 : Sud Laos et Nord Cambodge

Chaud, chaud, chaud... En quête de fraîcheur, nous avons fait le tour des chutes d’eau et des endroits baignables dans le Sud du Laos avant de mettre le cap sur une guest house équipée de piscine à  Siem Reap, au Cambodge, où nous sommes actuellement. Entre deux ploufs, nous avons rencontré de nouveaux voyageurs, logé chez l’habitant au Cambodge et admiré les dauphins d’eau douce du Mekong... 


Pierre noire et serpent

Un immense merci à tous ceux qui ont répondu à notre  recherche de pierre noire. C’est Luciano qui nous a fourni la piste la plus pratique en nous donnant le nom d'un site qui livre la pierre noire. C’est en hollande et c’est vachement bien. Alors voici le lien du site pour ceux qui veulent la commander : http://wmhelp.be/slangenhoofdstuk/slangen_FR.html

Le plateau des Boloven

Au Sud du Laos, une boucle de 200 km à l’Est de Pakse fait le tour des plantations Lao et de nombreuses chutes d’eau. Il n’en fallait pas plus pour nous attirer et nous séduire. Nous avons passé plusieurs jours, de paradis en paradis, découvrant chaque jour de nouvelles cascades et rivières permettant de nous tremper et de nous rafraîchir gaiement. De celle qui permet de passer derrière le rideau d’eau à celle qui nous invite à glisser dans les rapides, il y a celle qui nous pousse à sauter à l’eau et d’autres qui nous laissent taquiner l’éléphant.
  
Nous nous amusons en famille et avec les enfants du coin qui viennent passer la fin de l’après-midi dans ces parcs aquatiques naturels. Outre le bonheur de l’eau, il faut préciser que c’est aussi la fraîcheur de l’air et des nuits qui a refroidi notre envie d’avancer plus vite. Loin des 35° C à minuit dans Casita que nous connaissions à Pakse, nous avons joui d’agréables 23°C pendant la nuit. Ah ! Les micro climats ! C’est comme les micro-crédits, la plus belle solution aux problèmes les plus anciens !

  

Si on faisait demi-tour ?

Pour la première fois depuis notre départ, nous nous sommes posé la question sérieusement, à plusieurs reprises... C’était le 12 juin 2010.
 

Nous avons quitté Pakse le matin pour aller au Wat Phou, un ancien temple Khmer à 37 km de là. Après 15 km de route, nous réalisons que nous roulons vers le Nord au lieu du Sud. On fait demi-tour ? Ben oui ! 50 km plus loin , nous n’avons pas encore vu la bifurcation qui devait nous conduire au temple. On fait demi-tour ? Evidemment ! 15 km. Ah ! Voilà, c’était là, à gauche, le panneau était caché sous un arbre. Cette fois, c’est bon. Devant le spectacle inquiétant de l’embarquement sur le bac qui traverse le Mekong, nous nous posons la question : on fait quoi ? Demi-tour, pardi ! Retour sur Pakse, il y a une piste qui passe par l’autre côté du fleuve. Après 8 km de piste en piteux état, la piste principale étant en voie de transformation en route bitumée, nous nous arrêtons. Demi-tour ? Non. Pas cette fois ! Encore 2 km... Et maintenant ? Les passages de boue sont de plus en plus nombreux, profonds et longs. Il reste 15 km à faire et les nuages deviennent menaçants... On fait demi-tour ? OK ! Retour à Pakse... Au total, une journée de route, 150 km au compteur pour un trajet de 37 km et pas de Wat Phou ! Qu’est-ce qu’on fait demain ? Demi-tour ? Non. Ce sera tout droit jusqu’aux 4'000 îles !

 

4'000 îles

Tout au Sud du Laos, le Mekong effectue des chutes de quelques dizaines de mètres. Avant cela, il se divise en d’innombrables bras parsemés de milliers d’îles et îlots exotiques. L’endroit est sauvagement paradisiaque, déserté des touristes et reposant. Nous avons enfourché des vélos de location pour parcourir l’île de Khone et aller admirer les chutes, puis les dauphins d’eau douce. A peine embarqués sur les frêles pirogues, nous naviguons sur les eaux brunes du fleuve et passons dans les forêts immergées. La scène est irréaliste. Nous sommes dans l’écran TV, grand reportage, en live ! C’est beau. Trop beau pour chercher un synonyme qui ne ferait qu’alourdir la description d’un paysage unique !
 

A la hauteur de la frontière cambodgienne, les dauphins sont là, préservés, par petits groupes. Et puis, les pirogues locales apportent au paysage les couleurs et le charme de l'authenticité.Tout est parfait.

Le Laos : l'autre face.

Loane a eu un coup de foudre pour ce pays. La simplicité, l’amitié, le calme. Elle a craqué et se verrait s’y installer. Nous aussi, nous avons aimé. Beaucoup.
    
Voici cependant quelques aspects qui nous ont attristés :

- La situation des Hmongs. Toujours traqués par les armées lao et vietnamienne, ils meurent à l’abri des regards, reclus dans des forêts tropicales, chassés comme des bêtes et abattus ou emprisonnés sitôt découverts. Voir à ce sujet le reportage de France 2 : "Guerre secrète au Laos", déniché dans les liens d’ailleurs-land.

- L’état inquiétant de la forêt lao. L’abattage des bois précieux se fait de manière abusive sinon anarchique afin d’offrir à nos terrasses occidentales de beaux meubles en tek ou autres. La forêt se mue en Emmental aux trous béants, menaçant tout l’écosystème de la région bien plus gravement que la culture sur brûlis que le gouvernement lao a entrepris de condamner aveuglément.

- La faune sauvage est quasi inexistante. Tout a été chassé et mangé. Quand on se promène, on n’entend guère d’oiseaux. On ne voit aucun animal. La viande de ces animaux sauvages se vend plus chère que celle du boeuf, de l’agneau ou du cochon. Ce n’est plus toujours par nécessité de survie que le lao bouffe la vie sauvage. C’est aussi par habitude, snobisme, bonne manière culturelle...

- La bouffe. Essentiellement composée de viandes en tous genres, il est difficile de manger végétarien et bien. Par chance, quelques restos indiens dans les villes touristiques nous ont sauvé la mise.

Entrée au Cambodge 

L’entrée dans le Cambodge par sa frontière avec le Laos fut le théâtre d’un beau moment de solidarité familiale dont nous sommes fiers. Après 3 heures d’attente, par 42°C, le sourire aux lèvres et les pieds ancrés dans nos convictions, nous avons finalement obtenu le tampon dans le carnet de passage en douane, sans laisser un cent au douanier peu scrupuleux. Tout cela, sans énervement et sans hausser le ton. Nous étions seulement prêts à passer la nuit ou quelques jours à la frontière, ou même, à faire demi-tour !! Depuis le début de notre périple, c’est la première fois que nous avons du appliquer notre plan anti-corruption... Rien ne vaut la non-coopération non-violente ! Mais pour cela, il faut le temps et l’envie de faire changer les choses...

Notre garde du corps

A peine notre tampon cambodgien obtenu, un jeune cambodgien nous aborde, l’air un peu découragé. La nuit va tomber dans moins d’une heure. La douane ferme. Il n’a plus de chance de voir passer des voitures dans ce coin perdu et a 60 km à parcourir pour rejoindre la première ville. Il pourrait dormir là, sur place, mais il faut admettre que cela n’a rien de réjouissant. Nous l’embarquons, en bafouant un de nos principes. Comme quoi !

C’est le garde du corps du premier ministre ! Il parle assez bien l’anglais pour que nous puissions échanger quelques mots. Il nous invite chez son frère, où nous dormirons. Maison en bois sur pilotis, un sommier surélevé en guise de table à manger sous la maison et à l’étage, une terrasse ombragée et une grande pièce. Au centre, la TV et en-dessous, un temple dédié à Bouddha. Les chambres sont en fait des moustiquaires qui recouvrent les lits, des nattes qu’ils déplient sur le sol la nuit venue. Nous mangeons du riz et des rondelles de concombre, tandis qu’ils avalent des têtes de poissons et d’autres morceaux de viande dont on peine à distinguer la nature. Peut-être est-ce mieux ainsi... L’accueil est chaleureux, simple, généreux. Ils nous proposent de nous doucher. Un rapide regard aux alentours nous rend à l’évidence : la douche est une grande jarre, à 5 mètres de la table. Loane suit les conseils de la fille des lieux, qui lui apprend à se couvrir d’une jupe remontée jusqu’aux aisselles et à se laver ainsi protégée des regards. Comme d’habitude, Sam et Zoé ont accepté l’invitation et dormi dans la maison. Leur euphorie du soir a laissé place au regret de leur lit douillet une fois le jour levé...

C’est magique de pouvoir entrer ainsi au coeur de ce pays nouveau pour nous. Même si les discussions se résument à des sourires échangés, nous prenons beaucoup de plaisir à nous laisser bercer par la douceur de l’endroit.


Premières impressions du Cambodge

Comme souvent, le contraste avec les pays voisins est étonnant. Si tout se ressemble, rien n’est pareil pour autant et l’on ne peut même plus comparer les pays entre eux. Ici, les gens sont plus curieux et nous accostent volontiers, sans pour autant nous importuner. Le sourire est constant.

Ici, un scooter transporte 4 à 5 personnes en moyenne, les motos sont chargées comme des camionnettes (cochons, poulets, bambous de cinq mètres, ...) et sur les toits des bus les passagers s’empilent...

Mais une chose nous surprend, voire nous choque. C’est le premier pays que nous traversons où les distributeurs automatiques nous livrent des dollars et non des Rear (prononcer rire !). La monnaie nationale est évincée par le billet vert d’Outre Pacifique. Les prix sont affichés en dollars, tout se paie en dollars et le Rear provoque des sourires gênés quand on le tend. Il en faut plus qu’au taux de change officiel pour régler un achat avec ces billets à l’effigie des temples d’Ankor. Après les largages massifs de bombes sur le Cambodge par les US, c’est aujourd’hui l’avidité d’un gouvernement corrompu qui représente le plus grand danger de ce pays, sans cesse pris en tenaille entre les intérêts des plus grands.

Rencontres de voyageurs

A Pakse, alors qu nous mangions au resto indien pour nous réconcilier avec nos papilles gustatives, nous avons finalement passé la journée sur la terasse en compagnie de Nicolas, Nath et leur fils Hugo qui voyagent sac au dos un an autour du monde. Nos discussions abordent tous les sujets, du voyage à la scolarité, nos motivations, nos projets, le lycée auto-géré... Quelques heures intenses d’échange joyeux. Un grand merci à vous et bonne route. 1bout2chemin.blogspot.com

 A Siem Reap, nous rencontrons Rafaele et Julien, un couple français, en voyage pour un an avec leur camion Mercedes 508D de 1976. Le contact est immédiat, la complicité instantanée. Nous les suivons sur leur bivouac pour découvrir leur camion et leurs hôtes, une famille cambodgienne qui les accueille devant chez eux. Le voisin prépare la viande de chien pour son restaurant. Chaque matin, Raf assiste à l’abattage les larmes aux yeux. Nous ne verrons que les mâchoires grillées que les clients rongent comme nous rongions des ailes de poulet quand nous n’étions pas végétariens. Rien ne les arrête : ils croquent dans les gencives de la bête, rongeant tout le tour de la dentition. L’odeur est insupportable. Mais ce qui nous marque le plus, c’est la gentillesse de toute cette tribu, leur sourire et leur invitation. Des amours. Nous comprenons pourquoi nos deux accolytes peinent à quitter la ville après plusieurs jours passés dans ce quartier. Voir leur site : www.tuktukpalace.com 

Arnaud. Il vit à Siem Reap, tient le Blue Pumpkin, boulangerie-pâtisserie-resto au coeur de la ville. C’est Denis de la Tortue Sélène qui nous a mis en contact. Riche idée ! L’homme est dispo, sympa et nous regarde d’un oeil rêveur... Lui aussi projette un voyage en famille dans quelques années. Il nous invite chez lui ce week-end. Ce sera notre premier BQ depuis des lustres ! Les enfants se réjouissent, il paraît qu’il y aura une ribambelle d’enfants francophones !

Moral des troupes

C’est amusant de rouler sur les traces d’amis voyageurs qui ont passé en Asie plusieurs mois et qui nous font profiter de leurs bons tuyaux, contacts, rencontres et coups de coeur. Merci à vous qui êtes déjà en France ou sur le chemin du retour. Nous profitons pour vous, c’est juré !

    

A suivre

Nous avons choisi de passer à Siem Reap et ses temples d’Angkor, avant de descendre vers Phnom Penh, puis la mer... Nous sommes ici depuis 7 jours, dans une guest house avec piscine et wifi libre. Nous avons profité d’accomplir une remise en état complète de Casita, grands nettoyages... Le problème, c’est qu’on s’est un peu laissé déborder par l’ampleur de la tâche. Peinture, changement des mousses de coussin, etc... Du coup, nous n’avons pas encore vu les temples d’Ankor... Mais, pas de souci, leur nom nous assure qu’ils seront encore là la semaine prochaine !

Et puis, nous voulons visiter l’association « Pour un sourire d’enfant » à Phnom Penh. Pour la première fois depuis notre départ, ce n’est pas sûr que le visa d’un mois nous suffise à faire et voir ce et ceux que nous voulons découvrir dans ce pays merveilleux.

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