Les mois se suivent et ne se ressemblent pas, fort heureusement ! Nous découvrons depuis quelques temps l’infime distance qui sépare l’enfer du paradis et, pour être honnête, nous avons souvent l’impression de nous promener dans les jardins du second... Voici en textes et en images, comment le Sud-Est asiatique parvient à réchauffer nos coeurs et réactualiser notre bonne humeur...
Laos : des airs d’Afrique...
Dans la partie Nord du Laos, nous avons immédiatement succombé au charme des paysages et des villages que nous avons traversés. Constructions en bois, maisons sur pilotis aux toits de paille ou de palmes tressées, douche commune et en plein air à l’entrée du village, siestes prolongées à l’ombre des demeures meublées d’un simple poste de télévision, sourires d’enfants, sourires de grands et grands sourires nous ont rappelé les beaux moments d’Ethiopie, du Malawi et de cette Afrique que nous avons tant aimé. Ici, les couleurs de la terre, la douce nonchalance des habitants et la sérénité qu’apporte le strict nécessaire dépourvu de superflu offre aux habitants et aux paysages un charme particulier que nous dégustons avec délice.
Luang Prabang : la ville carte postale
La ville est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle est jolie comme tout, il faut le dire. Lovée le long du Mékong que nous découvrons pour la première fois, la ville brille de l’éclat de ses nombreux monastères et temples boudhistes. Escale reposante et appaisante, elle vous retient volontiers en otage si vous pensiez n’y faire qu’un jour…
Nous avons bivouaqué le long du paisible ruban brun qu’est le Mékong, juste en face de THE adresse incontournable de la ville : Pizza Sasa ! Arrivés là par hasard, nous y sommes restés par gourmandise. Nous avons d’abord dégusté ce qui semble au novice être la spécialité des lieux : LA pizza au feu de bois ! Une vraie pizza 3 fromages, accompagnée de vraie salade verte avec vraie vinaigrette ! Bienvenue chez Séb et Anne, deux français qui ont voyagé 5 ans en Asie avant de s’installer là avec leur fille Elise de 10 ans. Après la pizza, Thierry et Véro se sont régalés de la compagnie de Séb et de ses récits sur leur voyage, leurs expériences et leur installation au Laos. Impliqué dans les ONG locales, il nous raconte le mode de vie lao, les habitudes alimentaires, les mœurs, les traditions, la sieste, le rythme, le chef du village… Les enfants ont joué avec Elise et sont revenus émerveillés : « la chambre d’Elise elle est hyper grande et la maison elle est vraiment trop belle ! » A Pizza Sasa le charme et l’amitié opèrent, les habitués viennent chaque jour, prendre un verre au bar ou se remplir la panse. On se surprend alors à demander des nouvelles d’un petit chaton dont l’état de santé paraît plus inquiétant que la situation politique en Thailande… C’est comme ça qu’on se laisse imperceptiblement glisser dans ce bonheur simple et sans prétention que vous offre le Laos. Des amis, du bon temps et de la chaleur dans les sourires et les discussions autant que dans le climat. Merci Séb, Anne et Elise.
Warterfalls de Xiangsi
Après avoir goûté quelques jours à la fraîcheur d’une piscine d’hôtel, nous avons voulu tester les Waterfalls. A 30 km au Sud de Luang Prabang, nous découvrons une pure merveille de la nature. Des chutes d’eau forment une série de piscines naturelles couleur turquoise, bordées de végétation tropicale. Par 37° C à l’ombre, nous nous jetons avec enchantement dans ces bassins de fraîcheur. Il y en a pour tous les goûts : les enfants ont aimé le tronc flottant du premier bassin et la corde pendue à l’arbre qui permet de jouer à Tarzan avant de se laisser tomber à l’eau. Véro et Thierry ont apprécié les mini jacuzzi-massages que forment certaines chutes. L’endroit est paradisiaque. Pour les yeux. Pour le corps. Pour le cœur.
Sur la route de Luang Prabang à Vang Vieng
C’est beau. Nous sommes dans cette Asie dont on voit si souvent des illustrations sans se rendre compte qu’elles sont le simple reflet de la nature authentique. Les montagnes rondes, dont la base ou le sommet se couvre de brume selon l’horaire et le lieu, laissant apparaître des flux d’humidité glisser entre les collines et couvrir les rizières et autres plantations.
Quand on s’arrête, ce sont les papillons qui nous en mettent plein les yeux : il y en a de toutes les couleurs, de toutes les formes et de toutes les tailles. Splendides. Et puis, au milieu de nulle part, une aire d’arrêt, dans un virage au milieu de la montagne. WC et douches à disposition, électricité. Une aire camping-car idéale, sans camping-car et sans personne. Le paradis ne doit pas être très loin d’ici…
Sur la route, on voit des stands. On s’arrête pour voir le contenu des étals : plein de bonnes choses pour non-végétariens ! Ici, on mange de tout : le chien, le chat et les sauterelles bien sûr, mais aussi, les cafards en apéro, la tête de poule à crête dorée, les oiseaux juste plumés, la chauve-souris embrochée, les grenouilles intégrales et recroquevillées, la tête de porc le sourire en groin, l’écureuil écartelé la langue pendante, le rat format hérisson bien grillé…
C’est en s’arrêtant à l’un de ces stands que nous avons fait la connaissance de Nancy. Repérant nos plaques vaudoises, elle a bondi hors de sa voiture pour venir nous saluer et nous inviter chez elle à Vientiane, où elle est seule la semaines avec ses trois garçons, son mari travaillant plus au Sud. Le rendez-vous est pris.
Vangh-Vieng : un cept très con !
Si la route qui mène là est majestueuse, tout comme les montagnes en forme de pain de sucre qui l’encerclent, la ville elle-même offre un spectacle qui échappe à tout entendement. Des routards de toute nationalité se promènent dans la ville en maillot de bain, sinon bikini. Affalés devant les télévisions des terasses, ils tentent de cuver leurs soirées arrosées en stimulant leurs neurones grâce aux séries débiles de toutes nationalités elles aussi… Qu’est-ce qu’un cept très con ? Ce n’est rien, même pas un concept et c’est con. Tout Vang Vieng !
Vientiane : une capitale de dimension humaine
La ville est très modeste. Quelques temples à visiter et des amitiés à créer.
C’est là que nous retrouvons Nancy et ses fils Yann, 14 ans, Eloy et Natanaël, 11 ans. Avec son mari, Nancy a vécu 15 ans en Asie, loin de leur Suisse natale : Inde, Bhoutan, Vietnam et maintenant Laos. Elle nous accueille dans sa maison et nous met à disposition 2 chambres climatisées et tout l’espace disponible pour lire des piles d’Hebdo, faire école au frais, jouer un peu à la Play Station, faire la lessive et profiter de sa succulente cuisine et de celle de leur meban (nounou) … Nous restons 3 jours chez elle. Nous bavardons, racontons nos expériences, comparons, remémorrons et gueuletons... Soirée pain-fromage, un vrai délire ! Ces trois jours ont filé sans que nous ne les voyons passer. Mais notre autorisation de séjour gratuit au Loas arrivant à expiration, nous avons à regret quitté notre hôte et avec elle le Laos, momentanément. Encore mille mercis à toi Nancy et à vous les enfants. Décidément, au Laos, ce ne sont pas que les Laotiens qui ont le sourire aux lèvres...
Thailande : brève escapade
En tant que ressortissants suisses, nous pouvons séjourner 15 jours au Laos sans visa et gratuitement. La Thailande offre la même chose à tout le monde. Du coup, nous avons choisi de descendre du Nord au Sud en passant du Laos à la Thailande et retour, chaque 15 jours. Itinéraire parfait pour profiter du Nord et du Sud Laos et s’approvisionner entre deux. Le pied !
A notre arrivée en Thailande, nous faisons tous les pleins : Carrefour et Big C remplissent notre frigo et nos armoires, les stations-services nous permettent de refaire le plein de gas GPL sans difficulté, un frigoriste remplit le gas de notre climatisation, tandis qu’un TOA nous permet d’acheter moult tubes de silicone pour refaire l’étanchéité de notre toit...
Le premier soir, nous découvrons un groupe de break-danseurs en plein entraînement. Nous restons à admirer leurs prouesses puis assistons à la battle en public qu’ils organisent. Max a les jambes et les bras qui le démangent, mais n’ose pas se lancer. Nous resterons sur place un jour de plus pour lui permettre de faire quelques pas et acrobaties le lendemain aux côtés des ces jeunes qui passent toutes leurs soirées au même endroit, loin des consoles de jeu et autres ordinateurs.
Nous découvrons donc une Thailande très hospitalière, très occidentalisée et parfaitement équipée. Les routes sont en excellent état et tout devient très très simple pour nous. Le plein d’eau se fait n’importe où et nous pouvons aisément nous brancher à l’électricité, ce qui nous permet de maintenir du froid dans le frigo... En outre, nous avons désormais installé un rideau de douche extérieur et toute une série de ventilateurs à l’intérieur. Tout cela nous permet de profiter de la chaleur étouffante sans en souffrir trop. Ainsi parés, avec une Casita qui résiste à l’eau, nous apprécions à leur juste valeur les averses quotidiennes (saison des pluies oblige), qui nous permettent de nous doucher à l’eau fraîche et sans nous soucier d’économiser l’eau... Le débit est phénoménal, jamais nous n’avions connu cela dans notre maison roulante !
Ajoutons à ce tableau idyllique, la gentillesse et la réserve des thai, qui nous fichent une paix royale et nous arrosent simplement de sourires généreux lorsque notre regard croise le leur. En bref, voyager devient relaxant, facile et confortable.
Retour au Laos : Pakse
Après une dizaine de jours pépères en Thailande, nous avons retrouvé le charme du Laos et des Laotiens. Beaucoup moins développé, ce pays offre néanmoins un confort et une simplicité à voyager que nous apprécions énormément. En outre, son style de vie plus rural et ses villages de cabanes de bois nous plaisent définitivement. Cependant, c’est à Pakse que nous nous sommes arrêtés, pour trouver une connexion internet, une laverie et une piscine pour l’après-midi... Franchement ? On se fait du bien.
Moral des troupes
Bon si vous en doutiez encore, soyons clairs : le moral va beaucoup, beaucoup mieux. Il va même très bien. Alors s’il nous faut parfois du courage pour supporter les températures accablantes de la région, c’est avec désinvolture que nous relevons le défi, si dérisoire après les épreuves de conduite en Chine. A ce propos, rendons à César ce qui lui appartient : si Thierry a roulé 3 jours consécutifs sur les pistes du Tibet, rompant ainsi la traditionnelle alternance des chauffeurs de Casita, n’allez pas croire que Véro s’est débiné. Elle a rempli sa mission la boule au bide et les yeux loin du vide, conduisant courageusement sur des tronçons qu’elle n’aurait pas même franchi à pieds auparavant...
Anecdote : quand le bouddhisme fait bouder.
Alors que nos enfants n’ont pas manifesté de grand dégoût devant les habitudes alimentaires locales, ils se sont montrés assez choqués par la pratique bouddhiste qui consiste à capturer des animaux (oiseaux, poissons, tortues,...) pour les revendre ensuite à ceux qui les libéreront en guise d’offrande...
A suivre
Nous allons silloner tranquillement le Sud du Laos avant d’entrer au Cambodge, où nous attendent, paraît-il, de nouvelles merveilles architecturales et humaines...