Evénements Sixenroute
Le salon du livre de Genève
La Tour de Peilz
Toutes les dates
Ligne de mire
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Voyage solidaire
Leiza et Jacques : compassion caravane
Modeste : un destin qui laisse sans mots
Achille et Jérôme : la maison de l’avenir
Eugénie : en découdre avec l’analphabétisme
Chantal : une femme sage
Edji : tout est possible
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Au sommaire
Mini-Chroniques
Avec le sourire
Quand on aime on ne compte pas
Supplément photos...
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Dossier: Le Togo
Premières impressions
Togoville
La côte et Lomé
Kpalimé
La région des plateaux
Parc de Sarakawa
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Edito
Les choses peuvent changer
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Vie de famille
Hôtel Safari
Santé : tout le monde va bien
A trop en faire...
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A boire et à manger
Shop végétarien de Lomé
Le fufu, c’est fou
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Clins d’œil
Zam-Ké
TWAM : Travel with a mission
Radio religieuse
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Santé : tout le monde va bien
Le Togo nous offre une trêve santé. Nous allons bien et ne visitons aucun hôpital du pays, sinon les dispensaires devant lesquels nous bivouaquons parfois.
A boire et à manger
 
Bazar végétarien de Lomé
Dans notre guide, il est fait mention d’un restaurant et shop végétarien. Ce serait pour nous l’occasion de faire quelques provisions de protéines de soja et d’autres produits spécifiques qui bientôt manqueront dans nos réserves. Nous le cherchons avec détermination et courage, parcourant la ville de Lomé dans tous les sens, en vain.
Sur le chemin, nous trouvons un temple Hare Krishna. Habituellement, cette religion indienne adopte le végétarisme. Véro en profite donc pour aller demander conseil sur le sujet. Elle en revient ébahie et enthousiaste. Entre la culture, les vêtements et rites hindous et l’accent et la bonhomie du moine africain qui la reçoit, il y a un mélange des genres tout à fait surprenant. Mais pas de signe de nourriture végétarienne, le restaurant du temple étant en rénovation.
Finalement, c’est tout à fait par hasard que nous passons quelques jours plus tard devant l’enseigne du Bazar Végétarien. Nous y rencontrons Aminatou, fervente militante et présidente du végétarisme au Togo. C’est le genre de rencontre qui laisse des traces. Considérée comme une extra-terrestre en raison de son choix alimentaire, elle nous raconte les difficultés et misères que lui font ses voisins et les politiques qui l’accuse de pratiques sectaires et immorales.
Vie de famille
 
Hôtel Safari
Au début des années 2000, Maurice et Isabelle (le père de Véro et sa compagne) ont souvent fait le voyage à destination du Togo. L’idée de s’y établir les avait d’ailleurs effleurés et ils avaient, le temps de quelques semaines, remplacé Irma, la directrice de l’hôtel Safari, pendant qu’elle fêtait en Suisse sa septième décennie. Situé à Abogdrafo, l’établissement est aussi une école hôtelière dont la réputation n’est plus à faire. Aujourd’hui, Irma est toujours là, fidèle au poste, seule à la tête de l’affaire qui ne cesse de grandir. Engagée et généreuse, elle est le seul employeur que nous connaissions qui paie les cotisations sociales de ses employés togolais et réinvestisse une grande part des bénéfices de l’hôtel dans l’achat de parcelles de terrain qu’elle offre aux membres du personnel. Sa manière d’aider le Togo, c’est de permettre à ses étudiants de se lancer dans la vie avec un toit et un métier fiable.
Rencontrer Irma est pour nous un vrai bonheur. Elle respire et insufle du positivisme. Nous en avions tant entendu parler. A peine les présentations faites, Irma saisit le téléphone et appelle Isabelle, puis nous la passe. Elle est toute émue. Nous savoir là ravive les bons souvenirs. Ne sachant que faire pour exprimer combien elle a aimé séjourner dans l’hôtel Safari, Isabelle nous demande de faire exception à nos habitudes et de laisser Baloo dans le jardin pour nous installer dans deux chambres qu’elle nous offre avec plaisir. Idem pour les repas. Nous sommes ses invités. Irma rigole. Il y a des invitations qu’on n’a pas le droit de refuser. Merci à Isabelle et merci à Irma. Nous avons passé une nuit parfaite et nous nous sommes régalés de röstis.
Edito
 
Les choses peuvent changer
Jusque dans les années 90, le Togo était très prospère et sa situation politique plutôt stable, ce qui lui valait le surnom de « petite Suisse de l’Afrique ». Aujourd’hui, le pays semble « en retard » par rapport à ses voisins ghanéens et béninois. L’une des raisons fréquemment évoquée par les gens que nous rencontrons pour expliquer cet état de fait, c’est l’attitude du gouvernement. Si le Ghana et le Bénin encouragent les entreprises privées, les investissements et le développement d’initiatives individuelles et collectives, le Togo au contraire tend à les restreindre par une technocratie administrative lourde et complexe. Loin de promouvoir la création d’entreprise et l’autonomie des collectivités, le gouvernement togolais s’évertue à centraliser et garder sous contrôle rigide et étatique le développement de tout  projet. La question reste ouverte de savoir si cette attitude est le reflet d’une politique ultra patriarcale, dans laquelle le gouvernement assumerait seul et fièrement le bien-être de ses ouailles ou s’il s’agit d’un signe de cupidité de la part des élus au détriment de la population. Dans tous les cas, le résultat est regrettable.
En effet, les Togolais, y compris les plus déterminés, renoncent à se lancer à l’assaut de la machine administrative, découragés par l’ascension des montagnes de paperasses à gravir pour la création d’une association, d’un centre culturel ou d’une entreprise commerciale ou sociale. Cela crée dans la population une sorte de défaitisme et d’immobilisme forcé. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont des idées, des projets et des ambitions pour leur pays. Nous les avons rencontrés, nous avons entendu leur motivation et reçu en plein cœur leur générosité. La confiance est là. La solidarité aussi. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de lien ni de passerelle entre cette énergie venue du peuple et la politique menée par le gouvernement….pour le moment. Mais, les choses peuvent changer.
A trop en faire...
C’est au tour de notre appareil photo de montrer des signes de faiblesse. Ayant reçu un coup, il refuse de fonctionner. A Lomé, nous trouvons un technicien qui peut le réparer. Nous lui confions l’appareil et le récupérons le lendemain en parfait état de marche. Vive l’Afrique ! Chez nous, nous aurions du changer d’appareil, la réparation coûtant au moins le prix de l’appareil. Mais voilà. Sur les photos, on remarque une petite tache. Oh, pas bien grave, mais… Puisqu’on a sous la main le gars qui sait réparer et nettoyer, on lui confie l’appareil à nouveau. Cette fois, il faudra 5 jours pour le récupérer. En insistant, on pénètre enfin dans l’antre du magicien, un local de 4 m2, une chaise, une lampe et un établi encombré sur lequel gît notre appareil en pièces détachées. L’homme a des sueurs froides et transpire malgré la climatisation glacée. Il n’est pas sûr de savoir remonter le tout. Quand on récupère enfin l’appareil, il est soulagé. Nous aussi. Mais trois jours plus tard, tout le mécanisme du zoom se fige. Dommage.
Sur la route
La pluie
Etat des routes
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Clins d’œil
 
Zam-Ké
Au Burkina Faso, l’association Gafreh recycle les sacs en plastiques noirs qui jonchent le sol pour en faire des sacs, trousses et divers objets. Pour cela, ils les tissent et en font une trame qu’ils utilisent pour confectionner les objets. Au Togo, c’est l’association Zam-Ké qui s’atèle à la même tâche et qui recycle les sachets plastiques utilisés pour l’eau potable. Dans ce cas, ils assemblent les sachets transparents pour confectionner leurs créations. Depuis peu, ils récupèrent également les bâches des grandes affiches publicitaires et en font des sacs. Nous aimons ces projets qui concilient action écologique et sociale, puisqu’au-delà de l’aspect recyclage, ces associations œuvre pour la formation et l’emploi des couturiers. Nous avons acheté plusieurs exemplaires de ces diverses productions dans le but de les présenter à notre retour et d’en vendre certains. Les bénéfices de ces ventes seront reversés à nos associations dont nous serons bientôt en mesure de vous parler concrètement.
Le fufu, c’est fou
Enfin, nous avons appris à préparer le fufu traditionnel, grâce à Jacques et Leiza: www.lemondedezazou.blogspot.com . Le couple vit à Lomé, terre natal de Jaques. Leiza a grandit entre la Suisse et le Brésil, elle a vécu dans plusieurs pays d'Afrique avant de renconter l'amour au Togo. C’est en lisant un article dans le journal en juillet passé, qu’elle découvre notre voyage. Aussitôt elle nous écrit et nous gardons contact en nous promettant de nous rencontrer une fois au Togo. En Togolais gourmand, Jacques se fait un plaisir de nous initier à la préparation du fameux fufu. Pour cela, il apporte la racine d’igname, une casserole pleine de légumes bouillis et l’indispensable pilon. En le regardant faire, on se dit que ça n’a pas l’air sorcier d’écraser l’igname pour en faire une pâte. Ce qu’on réalise quand on se met à la tâche, c’est que ça colle ! Il faut plus de force pour relever le pilon que pour l’abattre. En riant, Jacques nous apprend qu’en Afrique, on dit que le fufu consomme autant de calories à le préparer qu’il en apporte au cours du repas ! C’est fou le fufu ! MERCI les amis.
Zam-Ké
Gafreh
Sur la route
 
La pluie
La saison des pluies s’étend en principe d’avril à septembre, selon les régions. Les rares trombes qui sont tombées sur nous ne sont donc que les prémices. C’est impressionnant. La température chute d’une quinzaine de degrés pour atteindre un rafraîchissant 27°C. Les gouttes lourdes et épaisses s’écrasent sur le pare-brise avec fracas et rebondissent sur le sol. En quelques secondes, les flaques jonchent la piste, la terre poussiéreuse devient boue glissante et la végétation parfume l’air. Le ciel se pare de couleurs de toute beauté et la lumière fait naître des vocations de photographe. C’est impressionnant. Mais quand on voit le résultat sur la circulation, les abords des boutiques, les seuils des maisons et tout ce qui en découle, on se dit que la saison des pluies à plein temps, ça doit être un véritable calvaire.
Pas bonne
Parc de Sarakawa
Afin de compléter notre tableau de chasse photo d’animaux et parce que nous avions aimé les zèbres et les gnous de l’Afrique australe, nous avons passé au parc de Sarakawa à quelques kilomètres de Kara. La visite se fait à bord du 4x4 de la réserve avec chauffeur. Elle est plutôt brève et chère. Les gnous sont au rendez-vous et nous voyons quelques zèbres. Finalement, le meilleur de la visite sera de dormir sur place.
Très bonne
Kpalimé
Halte au bord de la piscine de l'hôtel Résidence en direction de Chateau Viale .
Etat des routes
Il y a plusieurs qualificatifs dans le vocabulaire francophone de l’Afrique de l’ouest pour décrire l’état des routes. Au Togo, nous avons eu le plaisir de tester chaque catégorie. Il y a la très bonne, la bonne, un peu bonne et la pas bonne. La très bonne route, c’est « celle où tu peux rouler à 160 km/h » comme disent certains ! C’est une route à 2 voies, avec du bitume neuf et régulier. Quand c'est une piste, elle est en pafait état et facile à rouler. La "bonne" route, c’est une très bonne route qui a vieilli. Il y a plusieurs nids de poule ou parfois des bosses, mieux vaut réduire la vitesse pour ne pas se laisser surprendre. Quand la route devient « un peu bonne », c’est qu’il y a beaucoup de nids de poule ou carrément des tronçons sans goudron. Mais d’un tronçon pourri à l’autre, on peut passer deux rapports de vitesse. Dans cette catégorie, les nids de poule sont très nombreux, gros et profonds, mais la caractéristique d’une route  « un peu bonne » c’est qu’il y a toujours plus de goudron que de trous. On peut donc prendre plaisir à éviter les obstacles comme on le ferait dans un jeu video. En revanche, quand la route est « pas bonne », c’est plus du jeu. Plus moyen d’éviter les nids de poules qui recouvrent toute la largeur de la route, pas question de passer la troisième, ni la deuxième vitesse. En fait, une route « pas bonne », c’est une piste sur laquelle il reste des débris de bitume et sur lesquels on rebondit ou s’écrase, c’est selon. C’est l’enfer, c’est long, c’est pas drôle.
Pour les pistes, il y a aussi la catégorie « impraticable ». Sous la pluie, le terme est à prendre au pied de la lettre. Par temps sec, on avance sur un sol tordu, fait de bosses et de trous où l’on frotte et saute constamment. Rien à voir cependant aux sensations d’un manège de fête foraine, ou alors peut-être le train fantôme, parce que chaque virage et relief réservent une surprise inattendue !
Un peu bonne
TWAM : Travel with a mission
Avant de partir, Véro avait découvert l’association travel with a mission. Créée par Ludovic Hubler, globetrotteur français, l’association a pour mission de favoriser la rencontre entre des voyageurs et des organismes de toutes sortes, dans le but  de promouvoir les échanges et les partages. L’antenne togolaise est toute jeune. Elle est dirigée par Like que nous avons rencontré à Lomé. Grâce à lui et à TWAM, nous avons organisé une conférence au Togo. Nous vous en parlons dans le chapitre « Voyage solidaire ». Si de votre côté vous voyagez et souhaitez entrer en contact avec des organismes prêts à vous accueillir, n’hésitez pas à vous inscrire sur le site travelwithamission.org. Vous pouvez également proposer votre propre lieu d’accueil, qu’elle qu’en soit la nature et l’endroit. Ainsi, vous ouvrez la porte à de futurs voyageurs et offrez la possibilité de créer chez vous un temps de partage et de rencontre interculturelle.
Bivouacs
 
Lomé
A l’extérieur de la ville, après le port de Lomé en direction du Bénin, nous nous sommes installés au « camping » situé à côté du Coco Beach Hôtel. L’endroit est tenu par Paco, un Espagnol très sympa et disponible. On s’installe sous les cocotiers à quelques mètres de la plage. C’est parfait et tout juste épargné par le nuage et les odeurs de la fabrique d’huile qu’on longe pour y accéder.
Bonne
ça roule mon Baloo
Radio religieuse
Il y a sur les ondes africaines plusieurs stations dont la mission est de répandre la bonne parole, et avec elle l’espoir, la foi et le courage. Nous sommes surpris par le nombre plutôt élevé de personnes qui écoutent ainsi la messe à toute heure, en récitant les prières à haute voix ou simplement tête couchée sur la table l’oreille collée contre le récepteur radio.
Tsevie
Si l’on veut rejoindre Tsevie depuis l’axe Lomé-Kpalimé, il y a une piste à prendre, dans la catégorie impraticable. Maintenant, nous le savons ! A mi-parcours, nous nous sommes fait surprendre par la nuit. Face aux divers risques encourus, nous avons préféré celui des moustiques infectés du dispensaire à celui des coupeurs de route et des trous de la piste nocturne. L’infirmière est adorable et l’endroit très paisible.
Attituwui
Nuit entre l'école et le centre d'accouchement
Kara
Installation dans un carré d'herbe du  parking de l'Hôtel Kara avec accès à la piscine.
Evènements Sixenroute
 
Le salon du livre de Genève
Samedi 3 et dimanche 4 mai à 11 heures, nous serons au Salon du livre de Genève et Casita aussi est invitée. Elle sera devant la halle de Palexpo et vous pourrez la visiter.
Kpalimé
Kpalimé est une jolie ville à 150 km au nord de Lomé. Située à 500 mètres d’altitude dans une région légèrement vallonnée, on y recense de nombreuses cascades et l’air est autrement plus frais et respirable que dans la capitale. Accompagnés de Jacques et Leiza, nous visitons le château Viale perché sur une colline, puis profitons d’une cascade avant de découvrir le terrain qu’ils ont acheté ici avec l’intention de s’y installer plus tard, au calme et au vert. Cette visite est aussi l’occasion pour nous de voir combien l’accès à la propriété est compliqué au Togo, qu’on soit étranger ou togolais. Rien n’est certain, les bornes se déplacent, les terrains vendus sont parfois vendus une seconde fois par des complices du premier vendeur, et ce malgré l’enregistrement d’actes authentiques. Dans le cas de Jacques et Leiza, le terrain qu’ils ont acheté était occupé depuis des années par une pépinière de manguiers qui n’a jamais versé le moindre salaire à l’ancien propriétaire, ce dernier n’ayant acheté ce terrain que pour le revendre ultérieurement. Jacques n’ayant pas de projet de construction imminent a proposé aux pépiniéristes de louer le terrain pour une somme modique, mais les « squatteurs » refusent de payer. Faudra-t-il à Jacques mettre le feu aux plantes pour affirmer sa présence ?
Togoville
La route qui mène à Togoville, petite bourgade établie sur les rives du lac Togo est sublime. Le vert semble plus vert, le rouge plus rouge… En quittant la route principale qui longe la mer, on fait deux virages et tout de suite on plonge dans la campagne, les cultures d’igname et de teck, quelques rizières.
Togoville en revanche est un peu glauque. Haut lieu vaudou togolais, on recense un nombre impressionnant de tombeaux dans les rues dont on a l’impression que les âmes se sont échappées. Pas de cimetière. Ici, la vie et la mort se rejoignent pour former un tout, dans le plus pur esprit vaudou. Nous, ça nous pèse sur la poitrine.
La ville est également célèbre pour y avoir reçu Jean-Paul II, attiré sur les lieux probablement par la vierge qui est apparue sur les eaux du lac. Tout cela pour dire que rien ici n’est léger ou anodin.
Dossier: Le Togo
 
Premières impressions
Au risque de nous répéter, nous sommes toujours aussi surpris des différences immédiatement perceptibles sitôt passée une frontière. Au Togo, les gens sont tout de suite intéressés, présents, accessibles. Ils nous abordent et nous posent des questions. Le contact est facile, avenant. En revanche, à Lomé, la police fait du zèle. Ou plutôt, elle ne cache pas son aversion pour les étrangers. Elle nous arrête presque systématiquement et de manière peu sympathique. Ca use. En même temps, ça nous fait judicieusement penser au sort des africains, maghrébins, roms et autres communautés « tolérées » chez nous et dont les déplacements sont fréquemment jalonnés de « contrôles de routine ».
La région des plateaux
Contrairement à ses deux voisins, le Togo compte de nombreuses collines. A chaque ascension, on sent l’air frais. Ce qui est amusant, c’est de confronter les mots à la réalité. Les hauteurs restent très modestes et oscillent entre 600 et 900 mètres au point culminant. Le tout est couvert de forêts luxuriantes.
Sur la route de Sokode, la chaussée traverse littéralement la montagne et quand les camions traverse ce qu’on appelle ici la faille d Aledjo, on a vraiment l’impression que la route est trop étroite.
La côte et Lomé
La côte togolaise est très courte, coincée entre le Bénin et le Ghana. Sur toute sa longueur, nous sommes frappés par le nombre de chantiers en cours.
Lomé quant à elle se trouve directement à la frontière avec le Ghana, qui n’est qu’à 5 kilomètres du centre-ville. Rien de très intéressant à faire à Lomé, sinon comme d’habitude arpenter le marché, dont le bâtiment central a été brûlé récemment, laissant sans ressources des milliers de femmes et familles qui avaient l’habitude de laisser non seulement les stocks mais aussi l’argent dans les échoppes. A l’origine de l’incendie, on compte plusieurs auteurs potentiels dont deux plus souvent évoqués : la mafia libanaise qui souhaiterait s’approprier le marché après avoir fait main basse sur le trafic portuaire ou alors le parti d’opposition du gouvernement qui ferait pression sur la population en vue des prochaines élections.
 
Leiza et Jacques : compassion caravane
 
Avec Jacques, nous discutons santé. Il nous apprend que contrairement aux idées reçues le Sida n'est plus la première cause de mortalité en Afrique. La malaria reste la maladie la plus redoutée et désormais, les maladies cardio-vasculaire font leur entrée au hit-parade des soucis de santé. Le comble, c'est que pour certains patients, il y a presque de la fierté à connaître des soucis de riches...
Bien avant de nous former à la préparation du fufu, Leiza et Jacques nous avaient parlé de leur projet solidaire au Togo. Jacques est chirurgien. Leiza dirige une ONG. Leur but est d’offrir des consultations, un accès aux soins et aux médicaments aux habitants des régions reculées. Pour cela, ils organisent déjà pendant leur temps libre, des excursions et des journées consultations au cours desquelles Jacques reçoit bien plus d’une centaine de patients.
A terme, le projet devrait devenir nomade afin de permettre à Leiza et Jacques de voyager dans le Togo et les pays voisins, tout en soignant ceux qui en ont besoin. Là question qu’il reste à régler est celle du financement. Mais l’idée est là, l’engagement aussi. Et tout au fond du cœur de Jacques, le rêve de pratiquer la chirurgie dans la brousse est fort. Il suffirait pour cela d’une ancienne ambulance pour créer une salle d’opération itinérante…
http://www.compassioncaravan.org/
Voyage solidaire
 
Nous avons rencontré beaucoup de monde au Togo et créé des liens dont nous savons qu’ils nous permettront et nous encourageront à revenir dans ce pays. Voici quelques-unes des personnes qui ont trouvé une place dans nos cœurs et dont les projets nous stimulent. Pour chacun d’eux, nous avons l’envie d’offrir notre soutien, sous une forme ou une autre, selon les cas.
Modeste : un destin qui laisse sans mots
L’histoire de cet homme que nous rencontrons au camping à Lomé est des plus fascinantes et bouleversantes que nous ayons entendues de vive voix. Né dans une famille togolaise de 5 enfants, il n’a pas le même père que ses frères et sœurs. Son père à lui vient du nord du Togo et jouit d’un statut qu’il faut protéger. L’enfant est donc abandonné à l’âge de 4 ou 5 ans. Il erre dans les rues de la ville avant de se trouver à bord d’un navire qui l’emmène en Espagne où il débarque par hasard. Recueilli par un marin pêcheur qui refuse de le voir renvoyé dans son pays, Modeste n’ira pas à l’école, mais vivra jour et nuit avec son père pêcheur. Il apprend l’espagnol et par l’intermédiaire d’un immigré togolais, assimile l’éwé, une langue nationale du Togo qu’il maîtrise aujourd’hui. Adolescent, il s’en va en France et de fil en aiguille, côtoie les grands de ce monde. Dépourvu de racines, il se cherche et sa quête l’emmène en Australie puis en Inde où il adopte le bouddhisme. De retour en Europe, il crée une famille et devient père de deux filles. Mais son cœur saigne toujours. Il a besoin de comprendre. Le voilà donc à Lomé depuis 1 mois, pour retrouver sa famille et obtenir des réponses. Il n’a pas le moindre souvenir, ni la moindre idée de sa situation d’enfance et de celle de sa famille. Sa surprise vire à l’effroi quand il apprend que sa mère est une Madame Benz. C’est ainsi qu’on appelle ici les richissimes marchandes d’étoffe qui roulent en Mercedes. Ce n’est donc pas par manque de moyens qu’il fut abandonné, mais pour raison politique. Pire, sa mère et ses frères s’inquiètent des motifs de sa venue au Togo. Que veut-il, que vient-il demander ? A peine les rassure-t-il sur ses moyens de subsistances, que les membres de sa famille font volte-face et lui réclament une part, comme cela est la coutume dans les familles d’Afrique. Quand il leur annonce son désir de créer un centre pour les enfants de la rue, leur discours le terrasse : « cet argent nous en avons plus besoin que les pauvres de la rue, construis une maison pour ton oncle, tu le dois à ta famille ». La famille ! Voilà un mot qui ne rime à rien aux oreilles de notre ami. C’est là qu’en est Modeste lorsque nous le rencontrons. Il ne restera probablement pas à Lomé. Son projet vivra ailleurs s’il le faut. Mais d’abord, il veut se relever encore une fois et digérer l’affront. Ecrire son histoire aussi, pour s’en libérer.
Nous gardons contact avec lui et déjà lui avons transmis les noms de nos amis sur place. Il aura besoin de relais et de soutien, même s’il a appris depuis toujours à se débrouiller seul.
Like : centre des jeunes pour le Développement et la paix
Au-delà de son engagement au sein de Travel with a mission, Like met lui aussi en place un autre projet de développement avec un grand D. « Le centre des jeunes pour le Développement et la paix » en est à ses balbutiements. C’est que Like manque de temps actuellement pour s’y consacrer davantage, il doit faire tourner l’entreprise de peinture paternelle, son père étant malade. On sent dans l’accomplissement de ce devoir moral toute la fierté et le fardeau qui bombe le torse et pèse sur les épaules de l’homme engagé. Nous nous réjouissons de retrouver Like, ses projets et son engagement.
Jérôme
Achille
Au loin la maison de L'avenir
Achille et Jérôme : la maison de l’avenir
Nous rencontrons Achille par l’intermédiaire de son frère Like, le responsable de « Travel with a mission » au Togo (TWAM). Achille a inscrit « La maison de l’avenir » comme lieu d’accueil de l’association TWAM et c’est là que nous organisons notre première conférence togolaise. Gérée par Jérôme, un enthousiaste bénévole plein d’entrain et de sympathie, « la maison de l’avenir » est un centre culturel installé à quelques kilomètres de Tsevie, agréable bourgade à une heure de route de Lomé. Elle occupe une magnifique parcelle en pleine campagne, au milieu des champs d’ananas(qu'ils prendront le temps de nous faire visiter) et dispose de plusieurs espaces très inspirants : une bibliothèque bien équipée, deux salles polyvalentes et quelques chambres pour les visiteurs. Ce qu’il manque à l’endroit pour vivre et attirer les jeunes, c’est l’eau et l’électricité. Un sourcier a repéré de l’eau à quelques mètres de la maison, il ne reste qu’à forer, tandis que l’électricité du réseau communal passe non loin de la parcelle. Il faut tirer une ligne pour relier la maison. Nous sommes très inspirés par l’endroit et par ceux qui l’animent ou l’animeront. En quelques minutes, l’envie d’aider cet endroit nous gagne, de participer à son développement, à son envol. D’abord parce que « la maison de l’avenir » est un beau nom. Ensuite, l’endroit est parfait. Les gens sont honnêtes et sérieux, les équipements excellents et les motivations fortes. C’est un endroit où nous aurions envie de revenir et où nous pourrions organiser des stages avec des personnes venues de Suisse ou d’Europe. Dans nos têtes, les connexions se font entre nos futures associations et cet endroit. Ici nous reviendrons. C’est certain.
Eugénie
L’expérience a lieu le lendemain, mercredi après-midi. Les enfants et leurs professeurs répondent présents à l’invitation et la salle de classe est bondée comme d’habitude. Le directeur attentif à tous nos propos profite de chaque occasion pour faire passer son message éducatif : sécurité routière, vivre son rêve, travailler avec un but, planifier son avenir, réfléchir avec la tête, faire confiance et croire en soi… Tels sont les mots qu’il reprend de notre présentation pour stimuler les élèves et les interpeler.
De notre côté, nous donnons à cette conférence un axe très orienté sur les rêves, de manière à permettre à chacun de se connecter à ses aspirations et oser y croire.
Edji quant à lui, prend le relais à la fin de notre conférence et anime avec force et conviction la partie question-réponse, incitant les élèves à réagir et à s’interroger. Maîtrisant les habitudes locales, il sait comment faire prendre la mayonnaise et parvient à mobiliser les deux cents élèves présents. Pour lui le message essentiel est passé : dans la vie tout est possible, si on se bat pour cela. C’est ce qu’il a démontré en organisant pour nous cette conférence improvisée. Bravo Edji et merci. Nous conservons de Kara un souvenir ému grâce à toi.
Eugénie : en découdre avec l’analphabétisme
Eugénie, c’est la femme qui nous a demandé une prière pour la soutenir dans ses rêves. Elle sait coudre. C’est tout ce qu’elle sait faire dit elle. Mais c’est suffisant pour créer un projet de développement local. Son idée : offrir aux femmes qui ont interrompu leur parcours scolaire, une formation à la couture et des cours d’alphabétisation. Ainsi, chacune aura un métier et les moyens de le pratiquer ou d’évoluer. Il y a dans le cœur d’Eugénie tant de bonté et d’honnêteté. Nous sommes bouleversés par ses paroles simples et sincères et son désarroi devant les obstacles qui se dressent sur sa route. Elle aussi, nous avons envie de la soutenir, sa question nous a interpelés et mobilisés. Eugénie a le génie de l’amour de l’autre, personne ne peut rester indifférent à cela.
La conférence est un succès. Dans une salle comble et surchauffée, nous présentons notre voyage et notre mode de vie, en soulignant notre message : les rêves de chacun sont réalisables. A l’issue de la présentation, les questions fusent, d’abord du côté des adultes. Le président de la région est là et quelques notables. Quelle est votre religion ? Auriez-vous une prière à nous proposer pour soutenir nos rêves ? Que nous conseillez-vous pour réussir et atteindre nos rêves ? Comment peut-on bénéficier de votre aide ? Ouah ! Voilà des questions intéressantes et stimulantes. Nous n’avons pas de réponses pour toutes. A l’issue de la conférence, nous enregistrons les rêves de chacun, adultes et enfants. Nous nous réjouissons d’en faire de même de retour en Suisse. Mais pour l’instant, nous embarquons dans nos bagages les questions ci-dessus et quelques réponses émergent de temps à autre dans nos esprits. Thierry prend des notes pour son futur livre, Véro des engagements. L’expérience nous a transformés. Difficile encore d’expliquer comment. Une chose est sûre, la maison de l’avenir fera d’une manière ou d’une autre partie de notre avenir en partie. Merci Achille, merci Jérôme. A bientôt.
Chantal : une femme sage
Surpris par la nuit sur la route qui mène de Lomé à Kpalimé, nous bivouaquons dans un tout petit village. Une fois de plus, nous installons à côté du dispensaire où nous faisons la connaissance de Chantal, la sage-femme. Sans aucun moyen, elle reçoit les femmes et accompagne les naissances, soutenue par sa seule foi et la conscience qu’elle a d’accomplir son devoir. Elle sait qu’il s’agit là du programme de sa vie et elle s’y consacre avec humilité, sincérité et dévouement. Cela nous percute. C’est fou la puissance qu’ont ceux qui sont sur leur vrai chemin.
 
Edji : tout est possible
A Kara, Max s’en va en ville faire quelques provisions. Son chauffeur du jour s’appelle Edji. Il nous retrouve le soir. Max lui a raconté notre voyage en quelques mots, en précisant que nous sommes de passage deux jours à Kara avant de repartir vers le Ghana. Edji se met alors en tête d’organiser une conférence avant qu’on ne s’en aille. Il veut que nous conservions de Kara et de lui un souvenir impérissable. En même temps, il veut offrir à sa ville le message que nous portons et qu’il partage : tout est possible dans la vie quand on le veut vraiment. En quelques heures, il réussit l’exploit de convaincre un directeur d’un établissement scolaire choisi au hasard de bien vouloir accueillir sans les avoir jamais rencontrés, une famille de six blancs qui voyage autour du monde.
Supplément Photos
Toutes les dates
Retrouvez toutes les dates et détails des futures rencontres, conférences et interventions sur notre page :
Conférence et actualité.
Mini-Chroniques
 
Avec le sourire
Les étrangers qui s’installent ici sont unanimes : les Togolais sont charmants, souriants et gentils. Et tous les étrangers qui gèrent une affaire et travaillent avec des togolais s’accordent sur un point : le seul problème, c’est qu’ils ne peuvent s’empêcher de voler. Mais ils s’excusent toujours, et avec le sourire.
 
Ligne de mire
Nous sommes de retour au Ghana, après un bref passage en Côte d’Ivoire. Nos dernières semaines africaines nous ont réservé pas mal de frayeur, à découvrir tout bientôt.
La Tour de Peilz
Conférence le 2 mai à la bibliothèque de la Tour-de-Peilz, à 19h.
Quand on aime on ne compte pas
Bien souvent, le manque d’argent revient au premier plan des discussions avec les gens d’ici. Jacques, notre ami chirurgien le confirme : il arrive fréquemment qu’une famille renonce à certains soins vitaux, par souci d’argent. C’est si révoltant, que Jacques renonce parfois à annoncer le prix de l’intervention ou du traitement par crainte de voir le patient se désister. Ensuite, il trouve toujours un moyen de s’arranger. Ce manque d’argent vaut pour la santé, comme pour tous les domaines du quotidien. Mais il est une occasion pour laquelle l’argent ne manque jamais. Les obsèques. Quand on aime, on ne compte pas.
Mars 2014 : Togo
 
En 2005, un coup d’état nous a fait renoncé à la dernière minute au voyage que nous projetions de faire au Togo. Neuf ans plus tard, nous rattrapons le contre-temps. Découvrez dans ce récit nos coups de cœur et les raisons pour lesquelles nous savons que nous reviendrons dans ce pays.
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