Octobre/Novembre 2010 : Koh Lantha et Kuala Lumpur
Découvrir le monde en famille ! Ces dernières semaines, nous avons rencontré du monde : une amie venue de Suisse, des Suisses devenus amis et d’autres voyageurs déjà vus sans qu’on ne se lasse de les revoir… Faire le tour du monde en famille, c’est aussi faire le détour d’un certain monde, parce qu’un fossé infranchissable nous sépare de sa culture et de sa vision du monde. Découvrir le monde en famille, c’est voyager. A quelques encablures de Noël, nous vous invitons en voyage. Attention, cela ne veut pas dire que vous pourrez vous reposer…
Thailande, Koh Lanta Nous sommes retournés en Thailande depuis la Malaisie pour y passer la fin du mois d’octobre avec Ramona, la marraine de Sam. Bravant son vertige et affrontant avec dignité les escalators de l’aéroport de Bangkok, elle nous a rejoints pour 15 jours de détente sur l’île des survivants, où nous avons opté pour un programme mer, baignade, massages, jeux et rires.
Avec Ramona, c’est un petit bout de la Suisse qui est arrivée, puisque nous nous sommes retrouvés l’espace de quelques heures entourés d’autres compatriotes en tous genres : un père et son fils en vacances sur l’île, un couple amoureux à l’aube de leur tour du monde, un jeune à la fin du sien et de jeunes retraités en Land Rover, autour du monde eux aussi… Il ne manquait qu’une bonne fondue et un verre de blanc pour illustrer l’ambiance de notre bivouac. Ramona a même pu pratiquer son suisse-allemand et réjouir ainsi nos oreilles !
Le 22 octobre, nous avons fêté nos 2 ans de voyage et visionné nos albums photos. Combien de mondes avons-nous vu ? Il y en a tellement.
Chacun de nous a eu ses instants privilégiés avec notre invitée vedette. Quant à elle, elle a pu écarter les orteils et se laisser respirer. Si nos cœurs furent lourds à son départ, ce n’est pas des kilos qu’elle a laissés malgré elle dans Casita…livres, brochures d’école, guides, musique et chocolats, mais du chagrin que cause la séparation dont on sait qu’elle sera une nouvelle fois longue.
Une de perdue, cinq de retrouvés !
A peine Ramona envolée, nous avons mis le cap sur notre petit coin Robinson à Sikao où nous avons rejoint nos amis Claventure. Comme le dit Loane, nous avons repris là où nous les avions laissés : jeux, discussions, rires, échanges, partages. Cette fois, les bons tuyaux ont passé d’un carnet à l’autre et les bons livres ont migré d’une bibliothèque à l’autre, avant de poursuivre leur route eux aussi, dans les bagages de voyageurs rencontrés plus tard... Nous savions que notre première rencontre avait été trop brève ; elle nous avait laissé un goût d’inachevé… Grâce à ces quelques jours passés ensemble, nous avons comblé cette lacune et découvert ce que notre premier regard distrait n’avait pas mesuré à sa juste valeur : Alexis, outre sa générosité et son art de la relation jouit d’un corps svelte, mais néanmoins musclé ! Il n’aura fallu que quelques parties de Moravia pour s’en rendre compte…
Comme les meilleures choses ont aussi une fin, nous les avons laissés sur le perron de cette Asie qu’ils découvrent dorénavant (claventure.fr) et nous sommes dirigés vers Kuala Lumpur, pour y visiter davantage qu’Ikea et préparer notre départ de ce continent.
Retour à Kuala : quartier chinois
Une fois Casita dans son container, nous avons repris la direction de Kuala Lumpur, avec la mission de trouver les billets d’avion pour le Mexique. Pour la première fois depuis très longtemps, nous avons pris le train, ce qui ravit toujours autant les enfants. Chargés raisonnablement, avec 80 kg au total sur nos douze épaules, nous avons séjourné quinze nouveaux jours dans la capitale, proche du quartier chinois cette fois, au YWCA. Etablissement propre et vaste, au vert en plein centre et au tarif résolument séduisant, nous avons passé là des jours… chargés. Avant de vous révéler l’intégralité de ce que fut notre réalité, profitons de vous présenter la famille Bascillais (www.ecole-du-monde.fr). Nous les avons repérés dans un reportage, que nous avons lu dans un magazine transmis par les Claventure. Un petit mail a suffi à ce qu’on se retrouve par deux fois à Kuala Lumpur, dont une à la piscine située à quelques mètres de notre YWCA. Les trois garçons de la famille et nos quatre enfants ont profité de tout se raconter, tout comme nous entre adultes. Nous leur souhaitons une belle continuation.
Cinq de quittés, une de retrouvée !
Ca marche aussi dans l’autre sens, puisqu’à peine avons-nous dit au-revoir à cette famille, que Camille est arrivée à Kuala Lumpur. Ce fut l’occasion de faire le compte de nos rencontres : Chitwan, Pokhara, Bangkok, Cameron Highlands et maintenant Kuala. Après deux derniers jours ensemble et une partie de bowling assourdissante, nous avons cette fois souhaité bon retour à Camille qui rentre en Suisse avant Noël. Evidemment, nous n’avons pas pu résister à la tentation de lui dire : on se revoit en Amérique du Sud ?
Grand départ
Désormais seuls, face à notre ordinateur connecté à internet, il ne nous restait plus qu’à subir les heurts et malheurs des aventures transcontinentales et des réservations de billets. Adieu l'Asie. Adieu Malaisie. Nous rirons encore longtemps des modes d'emploi qui ornent tes toilettes publiques. Tu nous auras aussi surpris par ta capacité à commercialement tirer profit aussi bien qu'en Europe, d'une fête de Noël qui chez toi encore plus que là-bas, semble déconnectée de toute histoire et de toute Foi, sinon celle de la consommation.
 
Loin de tous après avoir vécu six semaines continuellement accompagnés d'amis, nous avons eu de gros coup de blues dans notre parcours du combattant. C'est alors qu'au moment où tout allait mal au point que nous en venions à rêver de rentrer en Suisse, en plein Noël, par -10°C et sous la neige, nous avons reçu un merveilleux clin d’œil de nos anges gardiens rieurs, Roland et Christina, qui nous ont appelés par Skype depuis l’Inde où ils sont. Ensemble nous avons chanté en chœur au milieu du café internet : « the universe is singing a song, the universe is dancing along, the universe is laughing on a day like this… ». Une fois de plus, cela nous a rendu le sourire et procuré l’énergie nécessaire à reprendre tout depuis le début, avec succès cette fois-ci.
 
Mais de quoi parlent-ils ? A les lire, on dirait que ça a été dur et pourtant, ils ne parlent que de rencontres, d’amitié et de beaux moments.
 
Nous entendons les questions qui vous viennent. N’ayez crainte, après cette petite mise en bouche, voici le plat principal, celui qui tient au corps, qui décroche le cœur et qui rend le voyage… révélateur.
Klang, le 14 novembre.
Jacques et Elisabeth sont là pour nous aider. Nos sacs sont faits, Casita est verrouillée. Demain, nous la fourrons dans le container. Comme il nous est interdit de travailler dans le port, nous l’emballons la veille. Après quelques hésitations et maladresses, nous prenons vite le coup et nous amusons à envelopper Casita d’une multitude de couches de cellophane. La pluie nous interrompt. Par chance, nous terminerons le lendemain matin, à la minute exacte à laquelle notre transitaire vient nous chercher pour nous rendre au port. Une vingtaine de kilomètres nous permettent de vérifier que le wrapping tient. On aurait eu l’air malin à tout répandre sur l’autoroute…
Kuala Lumpur, le 18 novembre.
Enfin, nous avons rendez-vous pour les visas. Après 3 contrôles de sécurité pour entrer dans l’ambassade, nous prenons notre numéro, le 71, et patientons dans la grande salle d’attente climatisée à l’excès. Welcome. Une bande promotionnelle pour l’Amérique répète ce message en boucle. L’attente est longue. Les numéros sortent dans le désordre. Le nôtre n’apparaît jamais. Au bout de deux heures, nous jouons au loto et demandons en riant « coup de sac » ! Rien n’y fait ! Le 71 n’apparaît pas. Finalement, après 3 heures dans ce frigo, nous découvrons une seconde salle d’attente, moins froide. Nous nous y installons et réalisons qu’il s’agit en fait de la salle des entretiens : imaginez le hall d’un bureau de poste, avec une dizaine de guichets vitrés, derrière lesquels se tiennent les interviewers. Pour communiquer, un micro est à la disposition des postulants, tandis que les paroles du préposé aux visas sont crachées par haut-parleur dans toute la salle. Nous entendons alors les questions et les réponses de chacun, comme tous ceux qui attendent avec nous sur les bancs. Ici, pas question de crier « coup de sac » ! On se tient à carreau. Notre tour vient enfin.
- Pourquoi voulez-vous aller aux usa ? demande l’homme en regardant le sol.
- Nous y passons deux jours, dire bonjour à un cousin avant de partir visiter le Mexique. Ensuite, nous revenons 6 semaines plus tard à LosAngeles pour prendre l’avion pour le Chili, où nous récupérons notre camping-car. Nous faisons un tour du monde...
- Combien ça coûte ?
- Pardon ?
- Combien ça coûte votre voyage ?
- Euh, je ne sais pas exactement…
- Vous payez comment ?
- Nous avons tout vendu en Suisse et…
- Combien avez-vous sur votre compte ?
- Euh, eh bien environ…
 
L’homme répète bien fort le montant dans le haut-parleur. Thierry se retourne et sourit à l’assistance. Maintenant vous savez ce que vaut une maison en Suisse…
 
- Et les billets, ça vaut une fortune pour 6. Combien ?
- Environ 500 dollars.
- Ca fait 3'000 dollars en tout, plus ceux pour le Chili ?
- Oui.
- Et comment vous gagnez cet argent ?
- Je vous ai dit, d’une part, nous avons tout vendu et…
- Un instant.
 
L’homme boucle le micro et s’en va. Il revient deux minutes plus tard.
 
- Nous ne pouvons pas vous donner les visas. Nous pensons que votre projet est de vous installer aux usa et d’y travailler. Vous n’avez plus d’attaches nulle part, ni en Suisse, ni en Malaisie. Désolé. Procédez je vous prie.
 
Et voilà 510 dollars à la poubelle ?! ?! Le sang ne fait même pas un tour en Thierry.
 
- Excusez-moi, je vous dis que nous faisons un tour du monde, notre but est de découvrir et parcourir le monde, non de nous enfermer clandestinement dans un pays. Seuls nos trois enfants ont besoin d’un visa, parce que…
- Ca ne change rien.
- Nous venons de Suisse. Nous ne pouvons pas avoir d’attaches en Malaisie.
- Peu importe.
- Je reçois de l’argent aussi de mon entreprise…
- Vous avez dit que vous avez tout vendu.
- Oui, c’est vrai aussi, seulement vous m’avez interrom...
- Rien ne le prouve.
- Voilà notre site internet, le billet du bateau, une photo du camping-car…
- Ca ne prouve rien. Désolé, votre temps est écoulé.
 
La discussion a captivé visiblement toute l’assistance qui n’en a pas manqué un mot grâce à l’application de l’homme à répéter tout ce que Thierry tentait de dire discrètement dans le micro. Fin. Nous n’irons pas usa. Appel à l’ambassade de Suisse. L’homme est doux, compréhensif, chaleureux. Plutôt que de tenter quoi que ce soit avec l’ambassade américaine, il nous propose de faire des passeports biométriques pour les trois enfants, au tiers du prix des visas américains. Si on avait su ! Mais il y a un hic : nous n’avons plus aucune envie de passer, ni même de survoler ce pays ! Quelques informations prises sur internet finissent de nous convaincre : même avec des papiers en règle, de nombreuses personnes se sont vues refuser l’accès à l’avion sans raison. Avec notre expérience à l’ambassade, rien ne nous assure que nous pourrons embarquer. Nous sommes louches et vils. Menteurs, nous sommes sinon dangereux, à coup sûr des profiteurs ! Nous l’avons compris aux regards reçus lors de l’entretien. L’homme nous méprisait. Son arrogance était empreinte de violence. Contagieuse. La haine s’est installée dans nos cœurs, le temps de quelques jours. C’est décidé, nous n’irons pas au usa. Franchement, on aurait mieux fait de répondre oui à leurs conneries de questions sur internet, on se serait au moins amusé un peu !
Et si on changeait d’avis ?
Nul besoin de le répéter, les démarches nécessaires pour changer de continent sont nombreuses, complexes et harassantes. Après de longues recherches, nous avons finalement décroché un prix hors concurrence grâce à la compagnie MSC qui nous offre le transport à 2'500 dollars, soit 1'000.- de moins que notre premier shipping, pour une traversée deux fois plus longue. Profitons au passage de remercier tous ceux qui ont contribué à ce miracle. Destination : Chili.
 
Pendant les 7 semaines que dure la traversée, nous avons prévu de visiter le Mexique et le Guatemala, histoire de ne pas manquer cette partie du monde qui nous attirait particulièrement. Jusque là, tout est simple : quelques recherches sur internet nous suffisent à trouver un vol Kuala - Los Angeles et un second Los Angeles – Santiago du Chili à très bon prix. Un mail à notre cousin à L.A. pour lui annoncer notre visite et déjà nous nous réjouissons de passer deux jours là-bas avant de prendre le bus pour le Mexique. Seul détail à régler : Max, Loane et Sam n’ont pas de passeports biométriques, puisque nous les avons renouvelés à l’ambassade de Suisse à Delhi. Il leur faut donc un visa. Au boulot ! Nous sommes le 3 novembre et nous embarquons Casita dans son container le 8. C’est génial, ça nous laisse le temps.
Pour obtenir un visa américain, il faut :
 
1. payer 180 USD par visa, avant toute autre chose. Ces frais ne sont pas remboursables. Nous réfléchissons une matinée. Est-ce vraiment la meilleure solution ? Oui, la meilleure, les billets d’avion via Los Angeles sont vraiment beaucoup moins chers, même en ajoutant 510 $ avec les visas. Ok, c’est payé.
 
2. remplir les demandes de visas sur internet. Le formulaire est compliqué et le système plante régulièrement. En s’y reprenant à 4 fois en deux jours, Thierry parvient finalement à remplir en trois exemplaires les 67 champs du formulaire et à répondre à une vingtaine de questions parfaitement stupides du style :
- Envisagez-vous de prendre part à de l’espionnage, du sabotage ou à toute autre activité illégale de cet ordre, une fois aux usa ?
- Prévoyez-vous de rejoindre ou vous êtes-vous déjà engagé dans un groupement terroriste ?
- Avez-vous déjà participé, instigué ou perpétré des crimes de l’ordre d’un génocide ?
- Souffrez-vous d’un trouble physique ou mental pouvant causer un désordre public ou de l’effroi auprès d’autrui ?
 
Moi non. Mais vous, j’en suis moins sûr… Passons !
 
3. prendre rendez-vous pour une interview. Première date disponible : le 18 novembre ! Stop ! On décale tout ! Le shipping, l’hôtel. Notre séjour à Kuala va se prolonger. Merci les américains…
 
Elisabeth et Jacques ? Oui, nous avons du temps maintenant. Tout est réglé. Enfin, presque… Il nous faut une solution pour protéger Casita. Dans son container sans toit, elle prend la mer et les orages, il faut la couvrir. L’idéal serait du shrink wrapping, genre de cellophane à emballer les palettes.
Lors d’une ballade dans Litte India, nous découvrons, dans une boutique de mariage, des meubles emballés de plastique. En trois minutes, c’est réglé et nous ressortons de là avec 30 énormes rouleaux. Fabuleux.
Changement de programme donc ! Il nous faut un vol pour le Mexique, sans passer par les Etats-Unis. Il y a un Kuala-Vancouver, Vancouver-Mexico qui pourrait faire l’affaire. On réserve. Excellent. Finalement, ce n’était pas si compliqué, juste un peu plus cher.
 
Deux jours plus tard, un mail nous annonce que la réservation est annulée, notre carte bancaire n’ayant pu être débitée. Appel à la banque. Non, il n’y a pas eu de tentative de débit depuis trois mois… Oui, votre limite vous permet d’effectuer cet achat. On réessaie. L’offre n’existe plus. Les prix ont doublé. C’est pas possible !
 
Véro et Thierry s’y mettent à deux. Durant quatre jours consécutifs, ils passent leur journée dans un internet café où les gamins du coin hurlent et s'entretuent à coups de mitraillettes virtuelles. Nous cherchons en vain une solution. Kuala-Bangkok-HongKonk-Toronto-Phoenix… Zut ! Kuala-Tokyo-Los-Angeles… Grr ! Kuala-Londres-Madrid-LosAngeles… Argh !
Avance rapide.
 
Voilà, j’ai trouvé : Kuala-Shangai-Vancouver-Mexico. Pas d’escales au Etats-Unis. Cool. C’est combien ? Plus cher, mais il n’y a rien d’autre. On réserve. Etape 1, ok. Etape 2, ok. Etape 3… Qu’est-ce qu’ils disent sur les visas ? Il faut vérifier. Peut-être avons-nous besoin d’un visa chinois, même pour une escale dans l’aéroport ? Ah, la Chine et l'Amérique... 20 minutes plus tard, c’est bon, nous pouvons continuer. Etape 4… Le système est resté inactif plus de 15 minutes, veuillez recommencer la procédure. Mais volontiers ! On disait… Kuala-Shangai… Je le trouve plus ! Ah ! J’ai compris, il ne reste plus que 4 places…
Avance rapide.
 
- Regarde ! Kuala-Londres avec Air Asia. Londres-Munich avec EasyJet. Munich-Cancun avec Air Berlin.
- Il s’arrête dans quelle ville américaine ?
- Aucune.
- Quel prix ?
- Que des low cost… Pour le confort, on verra bien ! Nous faisons le total. Moins cher que Kuala-Los Angeles. En plus on arrive à Cancun, pas besoin de traverser la zone mexico narco trafiquée. On réserve. Appel préventif à la banque. Oui, vous pouvez débiter le montant. Votre limite est bien au-delà. On réserve le premier vol. C’est OK. On passe au second vol. Pas de problème. Nous voilà virtuellement à Munich. Plus qu’à réserver le vol Munich-Cancun. Nous attendons un jour pour nous assurer que les premières réservations soient confirmées. C’est fait. Nous réservons le dernier vol. Une demi-heure plus tard, un mail nous annonce que notre carte ne peut être débitée ! Ca va pas non ?!
 
Appel à la banque. Votre carte est bloquée depuis 2 jours. Il y a une suspicion d’abus en monnaie malaise. Bon sang de m… Payez ! Vous allez encore tout faire planter. Ce sont nos billets pour Air Asia jusqu'à Londres. Et si Air Asia avait effectivement essayé de débiter deux fois nos billets ? On vérifiera la facture mastercard. En attendant, il faut réussir à payer le vol pour Cancun, il ne reste que 9 places. On aura l’air couillon dans la neige à Munich. Joyeux Noël !
Rien à faire. La réservation en ligne ne passe pas avec cette agence. Il faut un virement bancaire international. Appel à la banque. Ils peuvent le faire en 2 jours… 2 jours ! Ca va pas non ?! Dans 2 heures notre réservation sera annulée ! Un instant. On peut s’arranger et vous envoyer la preuve de l’ordre, nous dit le banquier. Bien. Je vérifie avec l’agence que c’est ok et je vous rappelle pour confirmer.
Une petite friction sur les oreilles pour les remettre à peu près en état. Autour de nous les décibels s’envolent, tandis que nous semblons nous enliser dans le sol malais… Quant aux liaisons téléphoniques, elles sont emplies de parasites. C’est épuisant.
Nous appelons l’agence.
 
- Non, il faut que ce soit la banque qui nous envoie l’ordre de paiement, pas vous.
- Mais la banque ne peut pas vous l’envoyer directement !
- Désolée, ce sont les directives.
- C’est ce que nous dit aussi la banque !
 
Rappel à la banque. Il faut que ce soit vous qui envoyiez la preuve. Si je vous y autorise par mail, ça peut aller ? Ah, bon, voilà. Vous voyez. OK, alors attendez, je vérifie que ce document soit validé par l’agence et je vous reconfirme. A l’agence, plus de réponse. Dans l’intervalle, Véro a trouvé la même offre chez une autre agence en ligne. Afin de simplifier et d’accélérer les choses, nous essayons une fois de plus de réserver avec notre carte de crédit auprès de cette nouvelle agence. Ce serait tellement plus simple si ça pouvait fonctionner comme ça. Yes ! Ca marche ! On appelle. C’est confirmé. On a réussi. Ouf.
 
On relève une dernière fois les mails et on y va. Un nouveau mail reçu de la banque. « Comme convenu nous avons débité votre compte du montant total des billets et vous faisons parvenir la preuve de l’ordre dans quelques minutes. » Quels CONS ! Maintenant, les billets seront payés à double… Appel à l’agence.
 
- Bien… à voya… net. Si votre appel con… un pro… de…tion, tapez…. Si votre…pel …cerne une mo… ta… eux. Si… ou… tapez trois.
 
Va pour le trois !
 
- …age inter…, quel est votre …ro de dos… je vous ...ie ?
- Allo ? Mon numéro Allo ? de dossier Mon numéro est le de dossier XYZ135 est 322 le …XYZ 135322
 
Saloperie d'écho ! C'est pas le moment...
 
- Co… ous...dites ?
- 1-3-5-1-3-3-2-5-2-3-2-2
- 1...53...2 ? ... ça ?
- C’est ça oui ! C’est ça oui.
- ...ment...uis-je vous... der ?
- Je vous explique... Je vous explique
 
Après quinze longues minutes de conversation surréaliste, dans une langue abstraite à base de trous et de devinette, l’affaire est résolue miraculeusement. La seconde réservation sera annulée sans frais et la première confirmée. On respire. On va au Mexique. - Et maintenant, comment va-t-on du Mexique au Chili sans passer par Los Angeles ? Trois jours supplémentaires nous seront nécessaires pour trouver le vol en trois étapes qui nous conduira à bon port à bon prix.
Cancun, le 1er décembre 2010.
Hier, ou plutôt avant-hier, on ne sait plus trop, nous avons pris l’avion à Kuala Lumpur : 14 h de vol plus tard, nous avons atterri à Londres. Un taxi, moins cher à 6 que les bus ou le train, a assuré notre transfert de Stansted à Gatwick où nous avons « dormi » à même le sol de minuit à 4h du matin. Notre vol Easyjet nous a ensuite amenés à Munich.
Température extérieure à l’arrivée : -10°C. La veille à Kuala, il faisait 35°C. Le vol Air Berlin a eu du retard. Dehors, il neigeait. Le réacteur de l’avion est resté ouvert deux bonnes heures avec des techniciens en tous genres qui s’y affairaient. Le temps a passé. Nous avons embarqué et l’avion a rejoint la piste. Puis, il est revenu sur ses traces, pour régler un problème d’ordinateur… Dehors, il neigeait toujours… D’ailleurs, dans l’avion, le sang des passagers se glaçait lentement !
L’avion a repris la route. Des bruits inouïs résonnaient de l’aile droite. Là où le réacteur défaillait ? L’avion a finalement accéléré. Tout le monde frissonnait. La piste a semblé longue. Très longue. Trop lon… L’avion a décollé dans un bruit de craquement sourd. Après lui, tous les vols furent annulés : l’aéroport a fermé, comme la plupart en Europe, bloqués par la neige. Les bruits ont cessé. L’avion a volé.
Nous avons pris nos aises et profité des deux sièges libres sur nos rangées pour nous allonger la moindre. Merci d’ailleurs à l’employée d’Air Berlin qui nous a offert ce confort inespéré ! 12 heures plus tard, nous avons atterri à Cancun. Il était 21h. Notre voyage a duré 50 heures, dont 28 heures de vol. Le lendemain, nous avons rejoint Tulum, à 2h30 de bus.
Mexique, premières impressions.
Le sol bouge. Nous tanguons. Assommés de fatigue, nous n’avons que peu d’équilibre sous nos sacs à dos. La musique qui parvient à nos oreilles nous soulève pourtant et nous entraine. La salsa fait spontanément bouger nos pieds et rapidement, nous retrouvons les pas de base et quelques passes qui mettent nos corps en vie. Nous réalisons qu’en Asie, nous avions pris l’habitude de fermer nos tympans lorsque la musique se jouait.
Dans les gargottes, enchilladas, quesadillas, panuchos… Du fromage, des légumes fermes et beaux, des fruits… Hmm ! Devant notre cabana, la mer des Caraïbes. Turquoise. Adieu les costumes de bain intégraux portés par les malaises… Ici, les costumes de bain sont plutôt intégralement ôtés. !
Autre monde. Autres mœurs. Thierry et Véro se tiennent bras dessus, bras dessous, c’est autorisé. Les yeux des mexicains brillent de malice. Leurs sourires sont charmants, sinon charmeurs. Derrière des physiques carrés, ils sont doux et gentils, disponibles et patients. Nos premiers mots en espagnol nous font rire. L’envie d’apprendre réapparaît. L’envie de découvrir nous envahit. Après 8 mois en Asie, nous étions prêts à passer à autre chose. Voilà qui est fait. Allons découvrir un nouveau monde en famille.
Au sujet de l’Amérique, les enfants ont dit : « C’est toujours pareil : plus on dit les choses, moins elles sont vraies. Les américains nous ont répété welcome pendant 3 heures dans leur frigo. Ils nous ont montré la statue de la liberté 200 fois sur leur film. Mais en fait, ils ne sont ni accueillants… ni libres! » Avec ses difficultés, le voyage nous révèle... « Vous êtes beaux à voir, nous a dit Elisabeth. Tous les six, unis. » Même dans tous nos états, nous sommes unis. Et ça, ça vaut tous les détours du monde.
 
A suivre...
Klang
Contrairement à Kuala Lumpur, Klang bénéficie d’un véritable quartier indien, vivant, intense, coloré, vibrant. Nous y avons bivouaqué les quelques jours précédant la date d’embarquement de Casita dans son container, afin de profiter des restaurants indiens et végétariens et d’une ambiance que nous aimons toujours autant. La présence d’Elisabeth et Jacques fut très bénéfique pour notre moral. Toujours souriants, enthousiastes et optimistes, ils nous ont soutenus avec sincérité dans les moments d’épuisement, d’inquiétudes et de lassitude. Généreux et disponibles, ils étaient là pour recevoir nos lamentations lorsque tout devenait trop compliqué, trop lourd à porter à six. Alors, du fond du cœur, un immense merci à eux deux. (touthorizon.com)
Kuala Lumpur : les tours jumelles
Nous avons bivouaqué au pied des tours Petronas. De nuit comme de jour, elles sont les plus belles que nous ayons vues. Ni rondes, ni carrées, d’un gris métallisé scintillant au soleil ou sous les projecteurs, elles se repèrent à toute heure et de tous endroits. Plutôt provocatrices, si l’on pense au 11 septembre 2001, ces tours jumelles en terre musulmane nous ont abrités pendant une quinzaine de jours. Elles sont devenues notre quartier général, celui où nous mangions, passions nos après-midi et effectuions nos démarches internet pour préparer le shipping de Casita et effectuer nos demandes de visa américain.
 
C’est là aussi, que nous avons revu Elisabeth et Jacques, que nous avions trop rapidement croisés sur la route entre Pokhara et Kathmandou au Népal. Ici, nous avons eu le temps de profiter de leur présence et de leur soutien. Eux attendaient leur véhicule, en provenance du Bengladesh, nous préparions l’expédition de Casita vers le Chili. Nous nous sommes logiquement tous retrouvés à Klang, près du port. En route, nous avons fait une courte escale au parc aquatique Le Lagoon pour une journée détente.
Nous 6
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